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Le pacte des villes libres en Europe de l’Est : L’édito de Laura Mercier

Written by on 18 décembre 2019

Aujourd’hui Laura Mercier, vous nous emmenez à Budapest, en Hongrie. Allons-nous à nouveau parler de Viktor Orban ?

Non, rassurez-vous, je n’en parlerai pas – ou presque pas. Je voudrais plutôt évoquer une rencontre qui a eu à lieu dans la capitale hongroise, ce lundi 16 décembre, entre les maires de Budapest, Varsovie, Prague et Bratislava. Tous les quatre font figure d’opposition dans leur pays respectif face aux gouvernements conservateurs des pays du groupe de Visegrad. Vous vous rappelez certainement la victoire, en octobre dernier, du candidat du centre-gauche, Gergely Karacsony à la mairie du Budapest. Et bien Gergely Karacsony n’est pas seul.

A Varsovie, c’est le centriste Rafal Trzaskowski qui a remporté la mairie en 2018 face au candidat conservateur nationaliste. A Prague, c’est un affilié du parti Pirate qui est à la tête de la mairie et qui ne se prive pas de critiquer le gouvernement d’Andrej Babis. Et enfin, à Bratislava, c’est l’indépendant Matus Vallo qui a été élu à la mairie en 2018. Dans chacun de ces pays, les gouvernements sont sous le feu des critiques. Des entraves à l’indépendance de la justice en Pologne à une presse muselée en Hongrie, un Premier ministre tchèque accusé de détournement de fonds européens et un gouvernement slovaque accusé de corruption… les pays du groupe du Visegrad se trouvent de nombreux points communs et sont très souvent unis sur la scène européenne.

Les capitales le sont désormais aussi. Les quatre maires ont scellé un « pacte des villes libres », dans lequel ils s’engagent à promouvoir « la liberté, la dignité humaine, la démocratie, l’égalité, l’Etat de droit, la justice sociale, la tolérance et la diversité culturelle ». Bref, un vocabulaire de valeurs étranger aux gouvernements de ces pays de l’Est.

Qu’espèrent-ils créer grâce à cette alliance ? Peuvent-ils vraiment tenir tête aux gouvernements ?

Laura : Ce sera un défi, en effet. Parmi leurs objectifs, il y a celui du dialogue direct avec les institutions européennes. Le maire de Budapest a déploré le fait que trop souvent, les fonds européens qui sont répartis par une administration centrale, servent finalement à « financer l’autocratie et les oligarques ». Les quatre maires espèrent ainsi obtenir des fonds européens pour les villes, et éviter de passer par les administrations centrales.

Autre engagement à contre-courant des gouvernements : la politique climatique des villes. Si les pays de Visegrad sont parmi les plus réticents lorsqu’il s’agit de fixer des objectifs climatiques ambitieux, les capitales ont souhaité marquer leur engagement dans la lutte contre le changement climatique.

Finalement, cette alliance sert aussi à donner un visage à l’opposition et montre qu’il y a d’autres perspectives possibles. Je pense que c’est encourageant, pour toutes celles et ceux qui s’engagent dans leur pays, au niveau local ou national, pour contrecarrer le populisme.

D’ailleurs, cette alliance ne se réduit pas à un mouvement politique unique, les maires n’appartenant pas à la même famille partisane. Cela montre que l’opposition peut être hétéroclite mais unie face à un gouvernement ultra-conservateur. C’est un message positif car progressiste.


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