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Embargo sur les armes : La revue de presse européenne

Written by on 22 janvier 2020

Aujourd’hui la presse européenne revient sur un événement du week-end.

Les participants à la conférence de Berlin se sont engagés dimanche à faire respecter l’embargo sur les armes imposé depuis 2011 à la Libye et à renoncer aux immixtions.

D’autres mesures relatives à l’instauration d’un cessez-le-feu et à sa surveillance devront être négociées par le chef du “gouvernement d’accord national”, Faïez Sarraj, et son rival, le maréchal Khalifa Haftar.

Les éditorialistes s’interrogent sur les facteurs déterminants pour la réussite de ce projet.

Et directement, en lisant la presse tchèque, on voit immédiatement qu’ils considèrent qu’il serait exagéré de considérer le sommet de Berlin comme une “avancée significative”.
Ce que l’on retrouve dans les pages du quotidien Hospo-dář-ské noviny :

“La porte s’entrebâille peut-être, mais elle donne sur une pièce semée de mines antipersonnelles.

Le premier test aura lieu dans un mois, lorsque les représentants des deux parties au conflit en Libye devront négocier la forme du cessez-le-feu.

Assistera-t-on vraiment au désarmement des milices paramilitaires ?

Qui sera chargé de surveiller le cessez-le-feu ?

Les Etats membres de l’UE enverront-ils des soldats dans le pays ?

L’Allemagne incluse, elle qui, pour des raisons historiques, rechigne tant à intervenir à l’étranger ?

Certes, la situation est si explosive qu’il faut saluer tous les efforts visant à l’apaisement et à la réconciliation.

D’autant plus que c’est l’Allemagne qui a organisé le sommet, un pays que l’on a rarement vu prendre l’initiative pour résoudre les conflits, ces derniers temps.”

En Allemagne justement, on trouve presque un contrepoint à la critique tchèque, puisque dans le quotidien Handelsblatt, on estime que la logique militaire qui a prévalu jusqu’à maintenant ne pourra être brisée que par un partage équitable des recettes pétrolières :

“Car voilà l’enjeu de cette guerre civile que l’opinion mondiale refuse de voir depuis des années.

La Russie, la France, la Turquie, l’Italie et les autres ne s’intéresseraient guère à ce conflit s’il n’y avait pas à la clé un jackpot de plusieurs milliards.

A présent, le maréchal Haftar essaie d’affamer économiquement le gouvernement de Tripoli par un blocus des ports pétroliers.

Seule une répartition juste du pétrole permettrait de résoudre le conflit.

Dans les Etats pétroliers, les conflits sont toujours particulièrement sanglants.

Une fois de plus, l’économie peut être la clé qui débloquera la situation politique”

Enfin, en Turquie, on juge que le sommet de Berlin écarte pour l’instant l’éventualité d’une intervention turque en Libye. C’est en tout cas le commentaire que l’on retrouve sur le portail T24 :

“La cessation des immixtions étrangères en Libye et la décision de décréter un embargo sur les armes ont préservé la Turquie d’une intervention hasardeuse.

Le sommet a prolongé la durée de vie du gouvernement légitime libyen, soutenu par la Turquie, et comme il paraît impossible de mettre fin du jour au lendemain à l’incertitude politique dans le pays, le mémorandum maritime signé [entre Erdoğan et] le gouvernement Sarraj est pour l’instant garanti.

Deuxièmement, la Turquie semble s’être assurée une place à la table des négociations.

La décision d’Erdoğan [l’envoi de troupes en Libye], qui aurait pu se solder par une catastrophe pour la Turquie, a, de manière inattendue, produit un résultat positif.”


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