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La croissance ralentit pour l’Union européenne : L’édito de Jérôme Flury

Written by on 19 février 2020

Bonjour Jérôme, vous êtes le rédacteur en chef du Taurillon et cette semaine, vous avez décidé de nous parler d’argent car la Commission européenne a livré jeudi 13 février ses prévisions hivernales annuelles. Que pouvez-vous nous en dire ?

Bonjour Eugène, J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Et je ne vous laisse pas le choix, je vais commencer par la bonne. Dans ses « Prévisions économiques », la Commission annonce que la croissance est toujours présente. Mais vous me voyez venir, la mauvaise nouvelle est que cette croissance du Produit intérieur brut devrait s’élever à 1,4 % en 2020 et en 2021 pour l’Union européenne. Ce chiffre n’est pas forcément en diminution par rapport aux années précédentes mais il stagne tandis que l’inflation progresse un peu.

Ainsi, dans la zone euro, le PIB devrait progresser de 1,2 % ces prochaines années, tandis qu’il avait progressé de 2,5 % en 2017. L’Union européenne vit certes « la plus longue période de croissance depuis le lancement de l’euro en 1999 », comme l’a souligné le commissaire italien à l’économie, Paolo Gentiloni.

Mais les pays membres s’engagent dans une croissance faible. Dans le même temps l’inflation augmente légèrement. Elle est estimée à 1,4 % dans la zone euro en 2021.

Alors Jérôme, quelles sont les explication avancées à ces chiffres ?

Sur le rythme de la croissance, les chiffres ont été établis pour la première fois pour une Union européenne à 27, sans un Royaume-Uni

Il est encore difficile de prédire de quelle manière vont évoluer les échanges entre les deux parties, et il est possible que le changement de relation économique à la fin de l’année soit très marqué.

Le Vieux Continent a subi la décélération du commerce mondial, liée notamment aux tensions entre la Chine et les États-Unis. « L’incertitude demeure élevée autour des politiques commerciales des Etats-Unis », explique la Commission, soulignant également les contestations sociales et politiques en Amérique latine, « qui peuvent perturber l’économie régionale ».

Quant à l’inflation, elle s’explique notamment par des politiques monétaires de soutien et l’augmentation des prix du pétrole.

En tout cas, l’argent circule beaucoup sur le continent, et notamment l’argent sale… Pouvez-vous nous en dire plus sur le blanchiment d’argent Jérôme ?

Il est vrai que les billets circulent beaucoup en Europe, et notamment en Allemagne. En novembre dernier, Die Zeit réalisait une enquête sur le blanchiment d’argent, enquête reprise dans Courrier international le mois dernier. Au sein de la première économie européenne, plus de 100 milliards seraient blanchis chaque année. Ainsi des fonds issus de toutes sortes de trafics rejoignent l’économie légale. En Allemagne, cela se fait notamment par l’achat puis la revente de véhicules ou d’appartements. Et souvent, il est difficile de fournir des preuves incriminant un suspect.

Les paiements en liquide ne sont pas plafonnés dans ce pays, au contraire des Etats voisins comme la France ou l’Italie. Cette année, le Groupe d’action financière, un groupement de 35 Etats pour la lutte contre la criminalité financière et le financement du terrorisme évaluera les progrès de l’Allemagne sur ces questions.

Le blanchiment d’argent a donné lieu à un débat au Parlement européen de Strasbourg mercredi 12 février. Conseil et Commission ont livré une déclaration sur « l’état des lieux de la lutte de l’Union contre le blanchiment de capitaux ». La Commission devrait adopter un plan d’action et créer des unités d’investigations financières.

Désormais, l’incertitude majeure qui plane sur l’économie mondiale est celle de l’impact du coronavirus. Cela va dépendre de la durée et de la propagation de l’épidémie et des mesures de confinement prises. Baisse du nombre de jours travaillés, mobilité réduite, magasins fermés, interdictions de voyager… Outre ses dégâts sur la santé humaine, ce virus pourrait donc fragiliser la croissance mondiale.


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