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Comment aider les victimes de violences familiales pendant le confinement ?

Written by on 27 mars 2020

Pour de nombreuses femmes victimes de violences conjugales, le confinement devient un cauchemar vivant. Le fait d’être confiné – et ce pour une durée indéterminée – avec un partenaire ou membre de sa famille qui est violent, comporte des risques majeurs.

Emmanuelle Beauchêne, coordinatrice de l’association Solidarité Femmes en Loire-Atlantique, nous parle de ces préoccupations.

“Pour les femmes, le fait d’être confinées dans un endroit 24/24 sans pouvoir sortir, ça peut accentuer ou faire resurgir les situations de violence qui pouvaient déjà être présentes, et les aggraver.  Elles n’ont aucun moyen pour s’extraire du domicile, et elles vont avoir une surveillance constante. Et par conséquent, il va être difficile pour elles de pouvoir s’échapper et d’arriver à communiquer avec une association ou la police, en cas d’urgence.”

Limitée dans ses capacités d’action, l’Association Solidarité Femmes souhaite toutefois renforcer sa présence.

“On a renforcé notre écoute téléphonique (sur le 3919, NDLR). On est disponible du lundi au vendredi, de 10h à 17h. Surtout, il faut alerter voisins, famille, amis qui seraient inquiets pour une situation, et ne pas hésiter à nous contacter. Les structures sont encore là, et présentes.”

Mais inévitablement, les situations les plus graves nécessitent une intervention plus directe. Et à Grenoble, le maire Eric Piolle, et son équipe, comprenant notre interlocuteur Emmanuel Carroz, sont désespérément à la recherche de logements supplémentaires pour les femmes, pour qui il n’est plus tenable de rester à la maison. 

“On avait déjà un dispositif. Mais c’est une situation compliquée parce qu’il y a des hôtels qui ferment, donc il faut aussi trouver des hébergements pour des personnes qui étaient déjà logées par la ville. Hier on a cherché et on a trouvé trois lieux supplémentaires. On va chercher aujourd’hui encore pour en avoir plus.

La mairie a été surprise par le niveau du soutien communautaire en ces temps difficiles.

“Je salue la directrice de cet établissement qui a proposé à la ville de Grenoble des gratuités pour accueillir ces femmes. Il y a vraiment une solidarité qui se met en place.”

Par contre, Emmanuelle est bien consciente que pour Solidarité Femmes, le travail ne fait que commencer.

Nous ce que l’on redoute le plus, c’est l’après. Le fait d’être confiné aura vraiment détérioré les situations. Il y aura des femmes qui après ce qu’elles ont vécu pendant tout ce confinement, ne pourront plus rester au domicile. On risque d’être très sollicité à la fin du confinement pour des mesures d’urgence.”

Pour l’instant, bien que diverses associations et services locaux tentent d’augmenter le soutien aux femmes à risque, le groupe d’experts du Conseil de l’Europe sur la violence contre les femmes appelle également à une vigilance accrue de la part des gouvernements nationaux.

En France, où les violences conjugales ont augmenté de 32% en une semaine, nous vous rappelons que le 3919, le numéro national pour les femmes victimes de toute forme de violence, reste à votre entière disposition. De plus, la plateforme arretonslesviolences.gouv.fr, le site qui permet de dialoguer avec les forces de l’ordre de manière anonyme, reste actif à toute heure.

Hier soir sur France 2, Christophe Castaner a annoncé la mise en place d’un système d’alerte auprès des pharmacies, pendant le confinement. “Dans la pharmacie, au moment où la femme se rend sans son mari pour aller chercher des médicaments, il faut qu’elle puisse donner l’alerte“, a expliqué le ministre de l’intérieur, qui a également évoqué la possibilité, si la femme est accompagnée de son mari, d’utiliser un “code, par exemple : masque 19“. Un système déjà mis en place en Espagne.


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