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Face au virus, les démocraties doivent rendre des comptes

Written by on 10 avril 2020

Comme la Chloroquine du professeur Raoult, la démocratie est l’objet de tous les débats politiques au sein de toutes les démocraties du moins. Car les pouvoirs autoritaires ne se posent pas de question. Pour eux, le pouvoir vient d’un seul. Les peuples, privés de conscience ne sont pas une communauté de citoyens, mais des obligés. C’est le modèle Chinois et les mensonges, la rétention des informations, la mise au pas de la presse ; c’est le modèle Philippin :  en temps de confinement, celui qui sort dehors est une cible. Rien de moins. On peut lui tirer dessus, y compris s’il n’a aucun moyen de subsistance ; c’est le modèle Taïlandais de Rama X, ce cynisme royal le plus exubérant d’un pseudo-Roi aussi loufoque que sans aucun scrupule qui s’enfuit en Allemagne avec une vingtaine de captives féminines. Oui, il y a des révolutions et des têtes coupées qui se perdent… car à côté, la fuite de Louis XVI à Varennes avait au moins l’alibi de quitter la France pour rejoindre des alliés monarchiques européens et poursuivre l’alliance royaliste, et non pas de continuer seulement à profiter du bon temps…Autre temps, autres mœurs…

En temps d’épidémie, de pandémie comme par temps calme, mieux vaut donc encore vivre dans une démocratie

Oui, et dans une démocratie-sociale de préférence. Si l’on met Cuba de côté, les européens disposent encore des systèmes de santé et surtout des systèmes d’assurance de santé les plus solides.

Car pour beaucoup d’hommes et de femmes de par le monde, rester à la maison signifie à court terme une condamnation à mourir… de faim. En Europe, les couvertures sociales permettront au moins de passer la rampe. Reste que l’Europe n’est pas un eldorado. Des critiques sont permises. Elles sont mêmes salutaires. L’Union nationale, européenne ne signifie pas d’applaudir à tout. Le propre de nos démocraties est de s’interroger, de se remettre en cause.

Les Etats sont apparus plutôt lents dans la réponse ? 

Oui, et il faudra s’interroger. Churchill disait que c’était le pire des régimes à l’exclusion de tous les autres. La démocratie est une œuvre en perpétuel mouvement. Quel modèle apparaîtra le plus adapté ? La France et son modèle jacobin ? le fédéralisme Italien ou Espagnol ? Le fédéralisme Allemand ?

Quelles conclusions pouvons-nous déjà tirer ?

En France, l’Etat a semblé empoté. C’est indéniable. Son organisation mérite d’être débattue aussi largement que possible. L’ARS, ces agences régionales de santé pilotées par Paris ont démontré leur inefficacité. Tétanisées devant l’événement, elles sont restées immobiles notamment dans la distribution des masques périmés alors qu’il s’agissait d’éteindre le feu. Au niveau de l’Education nationale, c’est aussi une sorte d’échec en dépit du dévouement magnifique des centaines de milliers d’enseignants. La continuité éducative est poussive et dans les faits, l’égalité républicaine est défaillante. Enfin, le manque de lits, le manque de solidarité public/privé du moins dans les premières semaines de la crise nous ont fait perdre un temps précieux.

Mais chaque modèle a ses avantages et ses lourdeurs 

Oui car au jacobinisme français, on peut opposer le fédéralisme espagnol et italien qui semblent fonctionner encore moins…

Le manque de solidarité inter-régionale est apparu encore plus flagrant. Au moins en France, les hôpitaux de toutes les régions de l’hexagone ont répondu présents pour accueillir des patients des régions les plus saturées. Or chez nos voisins italiens ou espagnols, l’égoïsme de certains est venu ajouter au désœuvrement, l’indignité morale. Dans ces deux pays notamment, le chacun pour soi est vite apparu la norme. C’est pire que tout. Des lendemains difficiles sont à prévoir car cela laissera des traces dans les mémoires et dans les cœurs.

Encore une fois, le modèle allemand étonne ?

Oui et non. Disons que pour tous ceux qui voyaient en l’Allemagne, le parangon du néolibéralisme, la surprise fût de taille.  En dépensant moins mais mieux et surtout utile, les Landers allemands étaient en phase avec cette situation de crise sanitaire ultime. Les allemands ne font pas de dettes mais disposent de lits d’hôpitaux en nombre. Par ailleurs, l’accueil assez large de patients italiens et français réchauffe les âmes. Simplement, on aimerait plus. On attend plus. Depuis le Chancelier Schröder, l’Allemagne ne dit plus rien du projet européen. C’est vraiment dommage car c’est la pierre manquante de leur stratégie. Il y a donc des leçons politiques à tirer de cette catastrophe. La crise sanitaire est une crise sociale et politique en puissance. Or dans ce chaos, seul le débat nous sortira des difficultés, seule l’association des bonnes idées nous permettra d’avancer.  Contrairement aux dictatures qui avancent quitte à klaxonner devant le mur, l’Europe doit faire appel à son intelligence collective et débattre, plus que jamais débattre. Le challenge est de taille


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