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“Par sécurité, les centres de rétention doivent fermer”

Written by on 7 mai 2020

Dans les centres de rétention administrative, la situation sanitaire inquiète les personnels, policiers, soignants, mais surtout les personnes étrangères en attente d’expulsion. Alors que les frontières sont pourtant fermées, certains sortent de ces centres, d’autres y entrent, et tous se retrouvent alors dans ces lieux, où les mesures barrières ne peuvent pas être mises en place.

Ainsi de nombreux organismes et associations à travers toute l’Europe demandent la fermeture de ces centres. C’est notamment le cas de la Cimade, qui défend les droits des personnes étrangères et immigrées. On écoute David Rohi, membre de l’association et responsable des questions de rétention.

“On a une situation dans les centres de rétention administrative avec des personnes très angoissées en raison de l’exposition au risque et puis très indignées par le fait d’être enfermées là, alors même que les expulsions sont quasiment impossibles. D’où notre demande, la Cimade et d’autres organisations et autorités administratives indépendantes au niveau national et européen, de fermer ces centres de rétention. Ces personnes ont pour la plupart des domiciles où elles peuvent se confiner. Et puis si certaines de ces personnes n’ont pas de domicile, il faut leur proposer des lieux spécifiques d’hébergement.”

Une demande, qui va dans le sens notamment du Commissaire des droits de l’homme de l’Union Européenne mais aussi des Défenseurs des Droits. Mais pas dans celui de la Commission, comme nous l’explique David Rohi.

“La Commission Européenne a envoyé un signal fort, mais pas dans le bon sens. Dans ses recommandations, elle encourage à continuer l’utilisation de la rétention, en mettant des bémols sur les conditions sanitaires qu’il faut faire respecter dans ces lieux de privation de liberté. Mais le message de la Commission c’est de mener coûte que coûte cette politique d’enfermement et d’expulsion.”

Depuis le début de la pandémie, le nombre de personnes retenues dans des centres en France a fortement baissé. Non par l’action de l’Etat, qui a refusé la fermeture des centres sans prendre, selon Human Right Watch, de mesures de protection sanitaire suffisantes, mais suite à des décisions de justice. Pourtant certains gouvernements de l’UE ont pris des mesures de relâchement. C’est notamment le cas des autorités fédérales belges qui ont remis en liberté 300 personnes environ en raison des mauvaises conditions de détention.


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