Nantes

by Euradio

Current track

Title

Artist

Current show

Radio Rectangle

20:00 22:00

Background

Corona-culture #35

Written by on 11 mai 2020

Si le Covid-19 résultait d’un complot – et ne riez pas, le complotisme a encore de beaux jours devant lui – il faudrait alors se demander à qui profite le crime. En fin de semaine dernière, la firme japonaise Nintendo a annoncé un résultat financier colossal, porté par LE jeu vidéo du confinement : Animal Crossing.

Sortis mi-mars, il s’est déjà écoulé à 13,5 millions d’exemplaires. Il faut dire que son principe : aménager une île déserte paradisiaque dans une ambiance de dessin animé peuplé d’animaux aussi mignons qu’anthropomorphiques tombait à pic pour le confinement.

On pourrait objecter que s’enfermer virtuellement sur une île pour oublier que l’on est enfermé physiquement chez soi, c’est un peu paradoxal.

Et justement, j’ai plutôt envie de vous parler d’une saga qui invite au voyage, une saga dont le dernier opus surpasse encore les ventes d’Animal Crossing, une saga on ne peut plus nippone mais empreint d’une ambiance de conte et de fantaisie médiévale européenne : The Legend of Zelda.

Lancée en 1986 par le jeu du même nom, la saga Zelda est l’un des plus gros poids lourds de l’histoire du jeu vidéo. Sa recette est presque toujours la même : vous incarnez Link, un héros taciturne qui voyage dans le but de sauver la princesse Zelda. Un principe un peu sexiste et poussiéreux ? De moins en moins, en pratique.

Cette simplicité apparente est empruntée au conte, l’ennemi principal, en général Ganondorf, est une sorte d’incarnation du mal / demi-dieu / mage légendaire selon les versions et il cherche à s’emparer de la tri-force, une relique magique et divine qui lui permettrait de dominer le monde.

Dix neuf jeux, sans compter les dérivés, mais que peuvent bien encore y chercher les joueurs ? Je crois que la réponse est simple : le voyage.

La plupart du temps, il prend place dans le royaume d’Hyrule, qui change à chaque opus et représente une sorte de monarchie de conte de fée. Mais la saga Zelda vous emmène aussi sur des îles comme Cocolint, qui représente le rêve, des continents comme Termina, qui s’apparente à un purgatoire, l’île céleste de Celestbourg, qui figure un paradis perdu, le nouvel Hyrule de Spirit Tracks, inspiré des révolutions industrielles.

Link voyage à pied ou chevauche sa fidèle jument Epona, en bateau à vapeur, en train, à dos d’oiseau géant, transformé en loup dans Twilight Princess et même en moto dans Breath of the Wild.

Ce dernier épisode, sortis en 2017, incite plus que jamais à la découverte. Les combats y sont rares, les énigmes éparpillées et l’exploration est à l’honneur grâce à la capacité de Link à escalader les reliefs et à planer sur de longues distances avec un ersatz de parapente.

Jouer à un Zelda, c’est toujours voyager, mais plus que ça, c’est un voyage initiatique. Link progresse, rencontre des alliés, grandit – littéralement d’ailleurs dans Ocarina of Time, où il entame l’aventure enfant et la conclut adulte. La grandeur de Zelda, enfin, c’est sa musique. Votre voyage est porté par une cohorte de thèmes mythiques signés Koji Kondo.

Si le but de l’art est de représenter la vie, Animal Crossing est sans aucun doutes LE jeu vidéo du confinement. Mais patience, c’est promis, The Legend of Zelda sera celui du monde d’après, avec sa dose de rencontres, d’émerveillement, de voyage…


Reader's opinions

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *