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Décryptage : 500 milliards d’euros, et après ?

Written by on 25 mai 2020

C’est l’annonce tonitruante portée par Angela Merkel et Emmanuel Macron la semaine dernière au cours d’une conférence de presse commune. Un plan de relance commun à hauteur de 500 milliards d’euros.

“Pour la première fois, ce que nous proposons ensemble, Allemagne et France, aux 27 pays membres, c’est de décider tous ensemble d’aller lever une dette commune sur les marchés. Et d’utiliser ces 500 milliards d’euros d’aides, qui auront vocation à être remboursées, pour apporter des financements, en priorité vers les secteurs les plus touchées par la crise sanitaire et économique et les régions les plus impactés par cette crise. Et donc d’accepter de vrais transferts, une vrai stratégie commune pour compléter notre budget européen”

En clair, il s’agit d’un prêt commun, donc d’une mutualisation de dettes. Et les fonds seront confiés aux pays, dans les secteurs et les régions les plus touchés. C’est une avancée réelle en théorie : l’Allemagne et les Pays Bas notamment s’étaient jusque là toujours positionnés contre une mutualisation, refusant de payer pour les pays moins bon gestionnaires.

“Ils pourront soit être remboursées par les Etats membres via une clef de répartition qui dépend du poids de chacun dans le budget, par des contributions que nous aurons vocation à décider ensuite ou par d’autres mécanismes qu’il faudra décider avec la commission. ça fera partie de la finalisation de cet accord. A l’échelle nationale, ce que tous les pays ont fait pour apporter une réponse budgétaire au début de cette crise, ça a été de lever de l’argent sur les marchés pour apporter des réponses à travers différents mécanismes.

Là on propose la même chose sauf que c’est inédit au niveau européen. Et on assume les transferts parce que, de fait, a clef de répartition ne sera pas nationale, où chacun regarde le juste retour. C’est aussi un changement de philosophie, nous assumons des transferts de dotations budgétaires pour aller vers les secteurs et les régions qui en ont le plus besoin. Je crois que c’est une transformation profonde, c’est ce dont l’Union européenne et le marché unique ont besoin pour garder leur cohérence. C’est ce dont la zone euro a besoin pour garder son unité.

Notre travail a déjà commencé, il consiste à parler avec l’ensemble de nos partenaires, certains voulaient des montants absolus plus importants, avec des mécanismes qui étaient peut-être moins purs que celui que nous proposons, d’autres ont pu dire au début de la crise qu’ils étaient hostiles à toute forme de transfert. Nous avons évidemment mis nos partenaires au courant de cet accord dans les dernières heures. Je pense que la prochaine étape importante, c’est la proposition que fera la présidente de la commission européenne, et que la commission mettra sur la table. Sur cette base là, il y a ayra un travail pour rassembler l’ensemble des Etats membres. “

C’est aussi pour ça, sans doutes, que l’information a fait les gros titres en Allemagne mais qu’elle est restée relativement anonyme en France. Cette dernière espérait la mise en place d’eurobonds, pour mutualiser les dettes passées. Ce n’est pas tout à fait ce qu’elle a obtenu.

“Nous nous orientons sur une nouvelle route pour faire face à une crise indédite. Nous faisons des efforts considérables pour arriver à créer une véritable souveraineté européenne et nous allons renforcer ces efforts. Ce programme a été conçu pour apporter avant tout de l’aide aux pays qui sont les plus touchés par la pandémie. Ils pourront ainsi réaliser des investissements qui leur permettront, après la crise, de reprendre le dessus et de ne pas connaître, dans l’UE, des crises telles que nous les connaissons en ce moment. Nous ne cherchons nullement à nous isoler du reste du monde, au contraire, nous voulons accepter le défi et nous mettre en concurrence vis à vis de concurrents mondiaux.

-C’est une réponse économique forte, pour lutter contre le chômage dans les régions les plus vulnérables, et la déstabilisation sociale et politique que cela engendrerait. je pense aussi que nous tirons les enseignements du passé. Au moment de la crise économique et financière, on a demandé à plusieurs Etats membres, déjà parfois les plus vulnérables, de faire des programmes très durs qui ont parfois réduit la souveraineté européenne, parce qu’on les a conduit, par des programmes de privatisation, à vendre de grandes infrastructures, de transport, d’accès, des ports ou autres, à des puissances extérieures. Dix ans plus tard, on s’aperçoit que nous sommes plutôt affaiblis. Nous avons commis une erreur stratégique. Le fonds de 500 milliards, sa priorité, c’est la réponse économique et sociale à cette crise.”

De nombreuses modalités restent à définir et de nombreuses craintes subsistent, pour les pays du sud comme l’Italie, l’Espagne et la Grèce. Ce modèle de relance signifie en effet que les pays bénéficiaires devront prendre des engagements stricts. Des engagements dans un sens qui ne dit pas encore son nom mais dont la nature fait peu de doutes : des politiques d’austérité.


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