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Report de la 5G en France : l’édito d’Aretina Paschaloudi

Written by on 28 mai 2020

Vous nous parlez aujourd’hui du report de la procédure d’attribution des fréquences 5G en France. Elle devait avoir lieu ce printemps et a été reportée à juillet ou septembre. 

Martin Bouygues, dans une tribune parue dans Le Figaro ce week-end, a demandé à ce que l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse), le régulateur du secteur, décale de quelques mois supplémentaires les enchères de la 5G, d’ici à la fin de l’année ou début 2021. 

Toutefois, le gouvernement a l’air plutôt réticent à la demande de Monsieur Bouygues. En effet, pour la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher, un nouveau report des enchères pour l’attribution des fréquences ferait prendre du retard à la France sur cette technologie. 

Bouygues Telecom, Orange, Free (Iliad) et SFR (Altice) ont déjà obtenu, chacun, un bloc de 50 mégahertz dans le cadre de la première partie du processus d’attribution. L’attribution de ces fréquences doivent permettre de départager 310 MHz de spectre entre les quatre opérateurs. Les enchères devaient avoir lieu en avril, mais selon le président de l’Arcep, Sébastien Soriano, « aujourd’hui les options principales c’est juillet ou septembre ». L’Arcep devrait communiquer mi-juin son nouveau calendrier.

Pourquoi Martin Bouygues demande-t-il le report ? 

Tout d’abord, un climat de méfiance envers la 5G est apparue, avec notamment une multiplication de thèses complotistes expliquant que la 5G aurait eu un rôle dans la diffusion du Covid-19. Durant le confinement, on a pu observer ainsi un accroissement de dégradations d’antennes mobiles en France : en Isère, dans le Gard et le Jura par exemple.

Comme le souligne également Martin Bouygues dans sa tribune, dans le climat économique actuel, « la 5G n’est pas la priorité du pays ». Selon lui, « elle suscite aujourd’hui bien plus de méfiance et de scepticisme que d’engouement et d’enthousiasme. »

Que pensent les autres opérateurs téléphoniques de ce report ?

Fin avril, le PDG d’Orange Stéphane Richard a déclaré qu’il préférait une organisation des enchères en septembre ou octobre. Thomas Reynaud, directeur général du groupe Iliad (Free) avait plaidé le 12 mai pour que l’attribution se déroule au plus tôt. De leur côté, Bouygues Telecom et SFR font preuve de beaucoup moins d’enthousiasme.

Il faut rappeler que Bouygues Telecom et SFR ont soumis des dossiers comprenant des équipements Huawei à l’ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information) fin décembre. De premières réponses étaient attendues en février, mais l’agence a demandé des précisions qui ont allongé les délais, bouleversés du fait du confinement.

 Bouygues Telecom et SFR sont donc confrontés à une inconnue de taille pour le déploiement de leur futur réseau 5G. Un bannissement obligerait Bouygues et SFR à des remplacements très couteux. 

Orange et Free, qui eux ont choisi Ericsson et Nokia, ont donc eu quelques mois supplémentaires pour peaufiner leur déploiement. Cela peut leur conférer un certain avantage au lancement de la 5G.


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