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L’Europe sans les bars ne serait plus tout à fait l’Europe – Erwan Quinio

Written by on 13 octobre 2020

Partout en Europe, les annonces se succèdent. A vrai dire, les nuages s’accumulent au dessus de la tête des patrons de bars. Plus le virus circule plus les autorités exigent leur fermeture précoce. Minuit ici, 23H là, 22H parfois ils font même souvent figure de premier stade réglementaire avant la fermeture pure et simple. Le virus est une véritable épée de Damoclès sur l’ensemble du secteur.

La circulation du virus progresse.  Et il faut bien le dire, dans les bars, la nuit avançant n’est pas toujours très propice au respect des règles sanitaires. 

Oui, tout le monde en convient. La consommation d’alcool ne rime pas toujours avec  respect des gestes barrières. C’est une évidence. On notera néanmoins qu’il est parfois peu cartésien de saisir pourquoi il est possible de se soustraire au port du masque en position assise et pas debout. Certains pays comme l’Italie ont laissé leurs bars ouverts tout en exigeant une prise de température systématique. Enfin, il serait sans doute possible de faire le tri entre ceux qui respectent les règles et ceux qui s’en soustraient. Mais ne faisons pas de mauvais esprit. 

Surtout que le nombre en hausse de personne en réanimation un peu partout invite forcément à la prudence. 

Evidemment. Et les données épidémiologiques qui remontent ne sont pas rassurantes. Soyons néanmoins conscient que les bars fermés, ce n’est pas anodin. C’est d’abord une catastrophe économique. Ce sont des millions d’emplois. Ce sont des jeunes qui ne trouvent plus de boulot pour payer leurs études. Ce sont des barmans, des patrons de bars qui tombent dans l’angoisse des fins de mois. Enfin, ce sont des relations sociales, des relations humaines en péril.

Les bars sont des lieux de socialisation. D’ailleurs, dans toute l’Europe, ils font entièrement partie de notre environnement. Le bar, c’est un univers européen et un univers plébiscité des français notamment. 

Oui. Et chez nous, il y en a pour tous les goûts. Bistrots des campagnes, PMU du matin, bars des villes, bars de nuit ; accoudé au zinc, derrière le comptoir, chacun aime y trouver son ambiance. Celle du pub anglais, du bar à bières, celle du bar à vins. Il y a même maintenant des bars à chats et des bars à salades sans parler des bars à hôtesse mais je divague. 

Tout cela pour dire que nous aimons les bars, et que nous pensons fort à tout ceux qui les font vivre tous les jours. 

Oui. Rendons-nous compte. Ils étaient 600 000 en 1960. Parfois 3 ou 4 dans la plus petite de nos communes rurales. Il en reste en tout et pour tout 34 000. Combien d’entre-eux seront encore ouverts demain, dans le monde de l’après Covid ? C’est une hécatombe qui se profile. Sans parler que les habitudes risquent de changer. A chaque rideau qui tombe, soyons en sûr, c’est aussi un coup de canif pour ce que nous avons de plus précieux : les relations sociales et humaines. Disons-le clairement : les bars sont constitutif de notre mode de vie. Les patrons de bars résistaient. Il s’en ouvrait même de nouveau dans nos villages. Bien conscient de l’intérêt social de ces établissements, même l’Etat aidait financièrement à ces réouvertures. C’est donc  dire si le choc qui se profile est terrible pour l’ensemble de la profession. C’est donc dire si nous devons leur manifester ô combien nous les aimons, nos bistrots préférés….


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