Nantes

by Euradio

Current track

Title

Artist

Current show

Programme musical

14:30 15:00

Background

Le saumon européen – L’heure o’ véto

Written by on 14 janvier 2021

Pourquoi souhaitez-vous nous parler du saumon Christophe Buhot ?

Parce que la salmoniculture ou élevage du saumon s’est imposée comme un élevage industriel particulièrement complexe et innovant ces 15 dernières années.

Et également, parce que le saumon est un animal à la chair délicieuse, capable de vivre à la fois en eau douce et dans les océans, et de remonter les rivières à contre-courant pour aller se reproduire. Il a été démontré que chaque saumon revenait se reproduire à l’endroit où il était né. Cette capacité d’orientation est fascinante et partiellement expliquée par le magnétisme terrestre. Malheureusement, la population de saumons sauvages décline dangereusement depuis plusieurs décennies.

Comment s’explique cette régression ?

La régression des saumons sauvages est certainement multifactorielle : pollution en tout genre, réchauffement des eaux, pluies acides, construction de barrages hydrauliques, et bien sûr, la surpêche liée à la démocratisation de la consommation de cet animal. Autrefois réservé à certains événements festifs et à une certaine classe de consommateurs, le saumon est désormais consommé tout au long de l’année, soit frais, soit fumé. A ses qualités gustatives, s’ajoutent ses qualités nutritionnelles comme source de protéines et d’acides gras, avec les fameux omega 3. Le citoyen européen consomme ainsi un demi-kilo de saumon fumé par an !

Mais si nous ne mangeons plus de saumon sauvage, que consommons-nous ?

La plupart des saumons consommés proviennent de la salmoniculture, domaine dans lequel la Norvège, premier producteur mondial, est passé maître. Dans les années 60, les élevages Norvégiens mais également Ecossais avaient pour but de repeupler les océans, puis l’aquaculture s’est développée et industrialisée avec des véritables fermes, en pleine mer, au beau milieu des fjords.

N’est-ce pas là une image idyllique qui est contestée par les ONG ?

Il est vrai que les débuts de la salmoniculture ont été émaillés de problèmes sanitaires et environnementaux, dénoncés à juste titre par les ONG, comme par exemple l’accumulation des déjections sous les enclos, l’utilisation d’antibiotiques, la pollution génétique des saumons sauvages, et l’alimentation des saumons à partir d’autres poissons comme les anchois.

Pour m’être rendu sur place en Norvège, j’ai pu constater comment un pays et une industrie s’étaient investis et continuent à investir pour rendre cette industrie durable et acceptable socialement. Vétérinaires, biologistes, et techniciens ont innové pour garantir le bien-être animal, pour prévenir la pollution avec l’utilisation d’algues par exemple , pour lutter contre certaines maladies avec des vaccins qui ont permis de réduire la consommation d’antibiotiques de près de 90%, pour combattre le fléau des poux de mer en utilisant des poissons nettoyeurs, et pour remplacer les protéines animales destinées à nourrir les saumons par des protéines végétales.

Comment choisir son saumon ?

A défaut de saumon sauvage de l’Adour, le plus sûr est de choisir un saumon d’élevage d’un pays membre de l’UE ou d’un pays comme la Norvège qui applique toutes les normes sanitaires de l’UE. Pensez également à favoriser les élevages certifiés ASC (Aquaculture Stewardship Council), certification mise en place par le WWF, ONG bien connue.

Et n’oubliez pas d’ajouter un jus de citron et un peu d’aneth finement ciselée pour une belle dégustation !

Image: Shutterbug75


Reader's opinions

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *