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Vous reprendrez bien un peu de scarabées ? – L’heure o’ véto

Écrit par sur 4 février 2021

Comme chaque semaine sur euradio, nous accueillons le vétérinaire Christophe Buhot pour sa chronique véto.

Cette semaine, on s’interroge : Allons-nous vraiment être amenés à manger des insectes ?

La consommation humaine d’insectes, ou entomophagie, est très prisée dans de nombreux pays d’Asie et d’Afrique, et en augmentation dans les pays occidentaux. Les Français consomment 12 tonnes d’insectes comestibles par an.

En fait, les insectes comestibles se consomment partout dans le monde parce qu’il l s’agit d’une source de protéine animale fort intéressante et une excellente alternative nutritive à la consommation de viande en tous genres.

Au-delà de la tendance bobo ou babacool, (tout dépend de la génération), il s’agit surtout d’une nécessité. D’ici 2050, en effet, la population mondiale aura augmenté de 50% avec une augmentation concomitante des besoins protéiques.

Un rapport de 2013 de la FAO, l’Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, stipule que la production d’aliments au niveau mondial devra augmenter de 70 % en 2050, afin de nourrir les quelque 9 milliards d’habitants de notre planète, une augmentation qui ne sera possible qu’en développant la production d’insectes.

Quels sont les avantages de cette production d’insectes ?

C’est une production peu gourmande en espace et en ressources naturelles, particulièrement en eau et en énergie, et qui génère 100 fois moins d’émissions de gaz à effet de serre. Pour de nombreuses personnes, ce serait une solution, voir LA solution, pour nourrir la planète de façon saine et durable.

D’un point de vue nutritionnel, les insectes comestibles contiennent :

  • Des protéines en grande quantité, (20 grammes de criquets cuits correspondent à la valeur énergétique d’un steak de 110 g),
  • Des vitamines : B1, B2, B3, C, D, etc.
  • Des minéraux : calcium, magnésium, fer, etc.
  • Des acides gras essentiels, des oméga-3 et oméga-6
  • Et une très bonne teneur en fibres 

Par ailleurs, les insectes sont relativement pauvres en cholestérol. Bien évidemment, l’apport des insectes varie selon l’espèce concernée, et je ne saurais trop vous conseiller de suivre la publication par l’université de Wageningen aux Pays-Bas, de la liste mondiale des insectes comestibles, au nombre de 2.100 en 2017.

Enfin, selon la FAO, le top 5 des insectes les plus consommés dans le monde, soit 86% de la consommation d’insectes, est dans l’ordre décroissant

  • Les scarabées pour un tiers,
  • Les chenilles de papillon,
  • Les abeilles, guêpes et fourmis,
  • Les sauterelles, criquets et grillons,
  • Et les cigales, cochenilles et punaises.

Pouvons-nous consommer ces insectes en toute sécurité ?

Comme je vous l’ai indiqué dans une précédente chronique, c’est le travail de l’EFSA, l’Autorité européenne de sécurité des aliments, ainsi que des agences nationales, d’évaluer et de surveiller notre alimentation, et donc la production et la consommation d’insectes en tant que denrées alimentaires et aliments pour l’homme et les animaux, en mettant l’accent sur les risques pour l’homme et l’environnement.

Ces risques sont principalement dus à des substances spécifiques de certains insectes possédant des venins, par exemple, comme le scorpion, ou sont liés aux conditions d’élevage et à la maitrise des risques sanitaires, ou sont consécutifs à des allergies pour certains consommateurs.

L’EFSA vient de rendre récemment un avis favorable à l’utilisation dans l’alimentation humaine du scarabée Molitor, ou « ver de farine », avis qui intervient dans le cadre du règlement européen sur l’évaluation des nouveaux aliments. Reste à la Commission Européenne de prendre la décision ou non d’autorisation de mise sur le marché.

Je sens bien une légère répulsion, voir un écœurement, à l’idée de manger des insectes comme pour bon nombre de citoyens européens. Mais selon Giovanni Sogari, chercheur en sciences sociales et de la consommation à l’université de Parme, ce serait dû à « des raisons cognitives découlant de nos expériences sociales et culturelles ». Selon lui, « avec le temps et l’exposition, ces attitudes peuvent changer ».

Aussi, avant de vous lancer dans la préparation de grillons à la thaï ou d’envisager la dégustation de croquettes de morue et banane plantain aux molitors, pourquoi ne pas démarrer avec une classique salade César dont vous aurez tout simplement remplacé les croûtons par des criquets ou des molitors ?

Photo : Egor Kamelev

Toutes les chroniques “Heure o’ véto” de Christophe Buhot sont à retrouver juste ici


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