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L’Europe au plus près – Jeudi 25 Février

Écrit par sur 25 février 2021

Bienvenue dans cette édition de “L’Europe au plus près” où nous suivons l’actualité de différentes institutions de l’Union. Cette semaine, nous nous intéressons au Conseil de l’UE et plus précisément au Conseil des affaires étrangères qui s’est réuni ce lundi 22 février.

Le Conseil de l’UE est l’institution qui regroupe les différents ministres des 27 Etat-membres de l’Union. En ce qui concerne les aspects de politique étrangère et de sécurité commune, de commerce ou encore de développement et d’aide humanitaire, ce sont les ministres des affaires étrangères qui se rencontrent une fois par mois pour coordonner leur action, sur la base des grands objectifs fixés par les chefs d’Etat. Ce Conseil des Affaires étrangères est présidé par le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Josep Borrell.

A l’occasion de cette dernière réunion, Josep Borrell a annoncé pour la première fois le recours au nouveau régime mondial de sanctions de l’UE en matière de droits de l’Homme. De quoi s’agit-il exactement ? 

Ce régime mondial de sanctions de l’UE en matière de droits de l’homme a été mis en place à la fin 2020. Concrètement, les personnes ou entités ciblées pour violation des droits humains se voient interdire l’entrée sur le territoire européen, leurs avoirs sont gelés et il est interdit aux Européens de mettre à leur disposition des ressources financières.

Ces sanctions ciblent quelques pays en particulier.

Les ministres se sont par exemple accordés sur des mesures contre les responsables du coup d’État militaire de l’armée en Birmanie le 1er février. Des restrictions supplémentaires ont été également décidées contre le régime d’Alexandre Loukachenko qui se maintient à la tête du Bélarus malgré des élections falsifiées en août 2019. Même chose pour le Venezuela où 19 haut responsables du régime de Nicolas Maduro ont été ajoutés à la liste des personnes sanctionnées par l’UE. 

Le ministre finlandais des Affaires étrangères a, quant à lui, présenté un rapport au Conseil sur la situation en Ethiopie. Les ministres se sont accordés sur la mise en place d’une enquête officielle sur les allégations de violations des droits de l’Homme et de violences ethniques qui sévissent dans la région du Tigré en Ethiopie.

L’un des principaux objectifs de cette réunion était aussi d’envoyer un signal fort à la Russie face à la condamnation de l’opposant Alexeï Navalny à 2 ans et demi de prison. 

Tout à fait ! L’UE va prendre des mesures restrictives pour violations des droits humains en Russie. Josep Borrell a déclaré que les sanctions sont dirigées contre au moins quatre fonctionnaires “responsables de l’arrestation et condamnation de Navalny”. Des mesures que le Kremlin a immédiatement qualifiées de “décevantes” et “illégales”.

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken était également invité des ministres européens pour discuter, entre autres, de l’évolution des relations avec l’Iran et son programme nucléaire. 

Oui, jusqu’à présent ce programme nucléaire est encadré par l’accord de juillet 2015, ou plan d’action global commun, signé entre l’Iran, les Etats-Unis, l’Union européenne, la Russie et la Chine. Il a pour but d’empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique, pour que son programme nucléaire reste cantonné à des fins non militaires. En échange, les mesures restrictives qui pèsent sur le pays doivent progressivement être levées. Mais depuis 2018, les Américains ont au contraire renforcé les sanctions face à la république islamique, et l’Iran menaçait de ne plus autoriser l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à contrôler ses activités. 

Aujourd’hui ces contrôles ont toujours lieu, mais la situation reste très fragile 

Oui, la récente condamnation du diplomate iranien Asadollah Assadi pour son projet d’attentat en France a ravivé les tensions. Josep Borrell s’est pourtant déclaré “raisonnablement optimiste” sur la reprise des discussions avec l’Iran et la possible levée des sanctions américaines par Joe Biden.

Cette réunion a notamment révélé des désaccords entre Européens sur les crises actuelles.

Oui, au Conseil des affaires étrangères les décisions se prennent à l’unanimité, mais les vingt-sept ministres sont souvent divisés sur l’attitude à adopter. Des Etats comme la France et l’Allemagne veulent davantage cibler certains individus, tandis que la Pologne et les pays baltes appellent à la prise de véritables sanctions économiques notamment dans le cas des sanctions touchant la Russie. 

Sans surprise, le ministre hongrois des affaires étrangères Péter Szijjarto a quant à lui désapprouvé les sanctions face à la Russie mais sans aller jusqu’à poser son veto. Il a rappelé le fait que l’Europe reste dépendante de la Russie pour son approvisionnement en pétrole et en gaz naturel, et que les relations avec Moscou ne devraient pas “se réduire à des sanctions, ou à l’affaire Navalny”. 

Ce Conseil de l’UE était attendu au tournant après l’échec du voyage de Josep Borrell à Moscou.

En effet ! Le chef de la diplomatie européenne est sous le feu des critiques depuis son voyage russe qui a tourné au fiasco. Au Parlement européen, certains eurodéputés ont même demandé à ce qu’il soit relevé de ses fonctions. 

Après l’épreuve moscovite le haut représentant va devoir trouver les voies pour renforcer un rôle encore récent et qui reste encore parfois peu lisible.

Thomas Kox – Romain L’Hostis

© Samynandpartners, CC BY-SA 4.0


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