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L’héritage Napoléonien, une passion historique européenne – Erwan Quinio

Écrit par sur 9 mars 2021

Il y a les Pour et les Contre. En France d’abord évidemment. Notre pays a le chic des polémiques mémorielles. Il ne faut pas les éluder. Bien au contraire. Ce sont des débats fondamentaux qui nous grandissent. On le voit sur le passé algérien. Le rapport de l’historien Benjamin Stora est d’intérêt général. Il faut le lire. On le pressent déjà sur les préparatifs de la commémoration du bicentenaire de la mort de Napoléon avec une intensité plus forte encore.

En 1821, Napoléon Bonaparte s’éteignait sur l’Ile de Sainte-Hélène. Deux cent ans après, le personnage continue de défrayer la chronique et les passions. 

Comment en serait-il autrement. Napoléon Bonaparte, c’est 40 victoires militaires, pas une, pas dix, quarante. C’est 100 000 km parcourus sur plusieurs continents. C’est pour les afficionados, le sauveur de la Révolution dévoyée sous le directoire, notamment pour sa corruption. Une chose est certaine, sans lui, les Monarchies européennes unies n’auraient fait qu’une bouchée de nos derniers idéaux. Sans lui, le combat était perdu d’avance. Avec lui, la France a pu ancrer, enraciner ses valeurs révolutionnaires. Elle en a mis certaines en suspens, c’est vrai et pas des moindres. Napoléon Bonaparte a effectivement rétabli l’esclavage. De tout cela, il faut en débattre, posément, utilement. Mais l’héritage est colossal. Personne ne peut le nier. Refuser de commémorer la victoire d’Austerlitz comme le fît Jacques Chirac était une faute, une faute que nous serions inexcusables de reproduire.

On connaît assez bien pour l’apprendre sur les bancs de l’École, Napoléon, le militaire, sans doute moins l’héritage civil.

Avec Napoléon Bonaparte, on peut évidemment parler de génie, de génie militaire d’abord. Inventeur s’il en est de la guerre de mouvement, celle d’une rapidité jamais vue, jamais rencontrée qui prenait tous ces adversaires de court. Napoléon, c’est l’inventeur de la disposition des troupes en carré qui fît tant de miracles sur tous les champs de bataille. Sur ces terrains où tout se joue, il était en première ligne. Il marchait et suivait ses soldats qui le suivait d’un seul homme pour son charisme, son panache et sa légendaire invincibilité. Si l’héritage civil est moins connu, c’est qu’il est si dense, qu’il est même long à intégrer tant nous en sommes encore les dépositaires 200 ans plus tard. Des départements aux Préfets bien sûr, des universités, au Code civil, les traces napoléoniennes dans nos vies quotidiennes sont partout.

Évidemment, les Européen·es n’auront pas forcément le même regard bienveillant.

Il faudra d’abord demander aux premiers concernés. Eux. Nos voisins européens et partenaires. Napoléon Bonaparte est évidemment vu comme une menace et d’un tempérament belliqueux. Les pertes humaines de ces années de guerres européennes sont innombrables. On peut parler de boucheries humaines. Et la campagne Russe en est l’incarnation. Reste que Napoléon Bonaparte n’y est pas pour rien dans la fragilisation puis la fin des monarchies absolues sur le continent. L’héritage politique est donc européen puis universel. Une raison suffisante de le commémorer et d’en débattre passionnément. 

Interview réalisée par Laurence Aubron

Tous les éditos d’Erwan Quinio sont disponibles juste ici


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