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Le vétérinaire d’abattoir – L’heure o’ véto

Écrit par sur 11 mars 2021

Comme chaque semaine sur euradio, nous accueillons le vétérinaire Christophe Buhot pour sa chronique véto.

Cette semaine, on s’intéresse aux vétérinaires d’abattoir, un métier méconnu mais indispensable.

C’est à la fois une facette totalement méconnue du rôle des vétérinaires, et un métier vétérinaire qui passe inaperçu, car sûrement moins glamour que celui du vétérinaire travaillant dans un zoo ou pratiquant la médecine et la chirurgie des chiens et chats.

Il faut savoir que la profession vétérinaire en Europe joue un rôle essentiel dans la fourniture et la garantie de la sécurité des aliments d’origine animale, et ce, de l’étable jusqu’à la table.

Pouvez-vous nous décrire brièvement le travail d’un vétérinaire d’abattoir ?

Le rôle du vétérinaire officiel d’abattoir est multiple :

  • Pour les animaux, il garantit le respect des procédures de soins, de manipulation et d’étourdissement, conformément à la législation sur le bien-être des animaux
  • Pour le consommateur, en contrôlant les carcasses, il fournit une assurance et une garantie sur la sécurité alimentaire, c’est-à-dire que les carcasses sont saines et peuvent être consommés sans risque,
  • Vis-à-vis du citoyen européen, il vérifie que l’abattoir s’acquitte de ses responsabilités en matière de santé animale, de santé publique, de bien-être des animaux et de protection de l’environnement
  • Il contribue au processus d’autocontrôle mis en place par l’exploitant de l’abattoir
  • A l’éleveur, il fournit des informations sur la santé de son troupeau
  • Avec le vétérinaire de terrain, il partage des informations sur le statut sanitaire du bétail provenant d’exploitations et de populations spécifiques, dont des données sur les maladies émergentes
  • Pour l’autorité compétente, il effectue des contrôles officiels par le biais d’inspections, d’audits et de contrôles
  • Enfin, il a un rôle économique en soutenant et en facilitant le commerce national et international

Vous avez mentionné plusieurs fois deux termes : santé publique et sécurité alimentaire. Pourriez-vous nous les définir ?

Commençons avec la santé publique. Par définition, presque tous les animaux destinés à l’alimentation passent par un abattoir à la fin de leur vie productive, où ils sont tous soumis à une inspection vétérinaire. Le vétérinaire est donc bien placé pour identifier tout changement au sein d’une population d’animaux destinés à l’alimentation, changement qui peut éventuellement indiquer l’émergence d’une zoonose potentielle. Il est de plus en relation permanente avec l’éleveur et son vétérinaire traitant pour leur signaler toute anomalie constatée sur la chaîne d’abattage.

Le vétérinaire d’abattoir est également idéalement placé pour surveiller les résidus de médicaments autorisés ou de produits illégaux ou non autorisés. Donc en surveillant ce que consomme le public, il contribue à la santé de celui-ci.

Le concept de sécurité alimentaire est généralement défini comme l’accès physique et économique à des aliments qui répondent aux besoins alimentaires des populations ainsi qu’à leurs préférences alimentaires. Mais en plus, la consommation de ces aliments ne doit représenter aucun risque pour l’homme. Quantité et qualité sont les maîtres mots de la sécurité alimentaire.

Y a-t-il d’autres missions importantes dévolues à ces vétérinaires ?

Oui, je n’en citerai que deux qui sont fondamentales : la surveillance du bien-être animal et la lutte contre la fraude alimentaire.

Le vétérinaire peut identifier des problèmes de bien-être animal au niveau de l’élevage, lors du transport, du déchargement, de la manutention, jusqu’à l’abattage, où il veille aux procédures d’étourdissement. Les vétérinaires d’abattoir ont un rôle important de surveillance de l’adéquation des modes de transport des animaux et l’aptitude des animaux à voyager, sujets très souvent débattus au sein du parlement Européen.

Enfin, la formation vétérinaire fournit au vétérinaire la connaissance de la production, de la transformation et de l’entreposage des sous-produits alimentaires et animaux, ce qui facilite l’identification d’incidents potentiels de fraude, comme la substitution par des aliments ou de sous-produits animaux de mauvaise qualité ou non conformes. Tout le monde se rappelle des steaks hachés frelatés ou les raviolis à la viande de cheval au lieu de viande de bœuf.

Donc ces vétérinaires jouent un rôle primordial et très peu connu.

En effet, le vétérinaire d’abattoir contribue à la fourniture d’un bien public, à savoir une alimentation saine et sans risque pour le consommateur. Son action est complétée par celle des vétérinaires inspecteurs qui contrôlent les points de vente, les usines de transformation et les transports soit d’animaux, soit de produits d’origine animal. Toute la chaîne alimentaire d’origine animale est contrôlée tous les jours par des centaines de vétérinaires à travers l’UE.

Manger à sa faim et sans risque sanitaire pour la très grande majorité des citoyens européens, et ce même en période de pandémie, est tellement normal qu’on en vient à oublier l’importance de la souveraineté et de la sécurité alimentaire qui nous sont offertes par l’UE et la Politique Agricole Commune, et qui contribuent à la paix et à l’équilibre social.

Interview réalisée par Laurence Aubron

Toutes les chroniques “Heure o’ véto” de Christophe Buhot sont à retrouver juste ici

Image : Tima Miroshnichenko


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