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Avis du Comité d’éthique AES sur les objets connectés – L’heure o’ véto

Écrit par sur 1 avril 2021

Cette semaine avec Christophe Buhot, nous parlons du 2ème avis du Comité d’éthique Animal, Environnement, Santé sur les objets connectés. Quels en sont leurs usages ?

Le deuxième avis concerne, en effet, les objets connectés et les problématiques engendrés par leur utilisation en santé animale. Nul n’ignore le développement massif de ces objets qui deviennent des outils précieux en santé animale.

Leurs usages sont nombreux et peuvent être classés en 4 catégories :

En premier, la surveillance à distance, la surveillance d’animaux hospitalisés, de boxes de mise-bas, ou tout simplement d’une étable, mais aussi la possibilité d’interagir à distance avec un animal de compagnie pour qu’il se sente moins seul ou ait une activité en l’absence de son maître.

Le deuxième est la localisation et la traçabilité qui sont réalisées par des traqueurs connectés tels que les puces électroniques et les colliers GPS. Cela permet de suivre des troupeaux en liberté, de mieux connaître le déplacement d’animaux sauvages et de repérer un animal de compagnie. Ces mêmes dispositifs permettent l’identification d’un animal et de son propriétaire, – on ne compte plus le nombre d’animaux perdus qui retrouvent leurs propriétaires grâce à ces dispositifs-, mais aussi le comportement de l’animal ainsi que l’interconnexion avec d’autres dispositifs tels l’ouverture d’une chatière connectée pour un chat spécifique ce qui évite d’accueillir tous les chats du quartier dans votre salon comme avec une chatière classique.

Gérer des services est un le troisième usage des objets connectés. Le plus répandu est la distribution automatisée de nourriture qui contrôle la qualité et la quantité délivrées. La mangeoire connectée distribue le complément alimentaire à la vache en fonction de sa production de lait tandis que la gamelle connectée fournit au chat la quantité journalière de croquettes pendant l’absence de son maître. 

Enfin le dernier est la mesure des paramètres physiologiques, un domaine sans limite. La litière connectée pourra détecter des biomarqueurs de maladie dans l’urine d’un chat, un détecteur de mouvement placé sur la queue d’une vache peut permettre de repérer des modifications dans l’inclinaison annonçant une mise bas imminente, un bolus dans le rumen d’un bovin peut enregistrer une trentaine de paramètres comme la température corporelle, l’acidité du rumen, et la glycémie, une boucle d’oreille ou une puce sous cutanée peuvent indiquer la température de l’animal. Ces dispositifs sont bien évidemment reliés aux téléphones portables ou aux ordinateurs des éleveurs et des propriétaires. 

Et y a-t-il des risques à utiliser ses objets connectés ?

Le comité émet toute une série de recommandations, et, sans pour autant remettre en question l’utilité de tels objets, souligne certains points de vigilance, comme la fiabilité de ces objets ou leur effet sur la santé de l’animal. Que se passe-t-il aussi lors du cumul d’objets sur ou autour d’un même animal ? Le comité rappelle également le problème de la durabilité de ces objets et de leur recyclage en fin de vie. Enfin les données des animaux n’ont certes pas de caractère personnel, et leur protection n’entre pas dans le champ de la loi informatique et libertés, ni du règlement européen sur la protection des données personnelles (la RGPD), mais il faut veiller à ce que la collecte de certaines données ne permette pas de remonter aux propriétaires ou d’alimenter un commerce privé. C’est pourquoi le comité regrette l’insuffisance voire l’absence d’une législation adaptée pour encadrer l’usage des objets connectés.

Qu’en pensez-vous en tant que vétérinaire ?

Les objets connectés soulèvent bien des interrogations, et parfois créent des phantasmes qui relèvent de la science-fiction. Quoiqu’il en soit, ils existent, se développent et deviennent de réels outils pour aider les vétérinaires dans la prévention et la thérapeutique, en particulier avec la réalisation des actes de télémédecine. Restent aux organisations professionnelles et aux autorités compétentes à mettre en place un cadre législatif, en phase avec les besoins de la société, et pour que la technologie soit au service de la science pour préserver la santé de l’animal, de l’homme et de l’environnement.

Interview réalisée par Laurence Aubron

Toutes les chroniques “Heure o’ véto” de Christophe Buhot sont à retrouver juste ici

Image: Oregon Department of Fish & Wildlife CC BY-SA 2.0


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