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Qu’est-ce qu’être français ? Qu’est-ce qu’être européen ? – Erwan Quinio

Écrit par sur 1 juin 2021

Le bal du 14 juillet, le vouvoiement, les poèmes de Victor Hugo, l’attente fébrile du passage du tour de France, la révision du Bac en plein Roland-Garros, et on pense évidemment à tous les lycéens cette semaine, « C’est ça la France » ! nous dit Frédéric Hermel dans son dernier livre publié chez Flammarion. 

Rappelons, le contexte, Frédéric Hermel, vit en Espagne depuis près de 30 ans. Son livre est une ode à la France. N’est-ce pas là quelque part aussi une image d’Epinal ?

Je ne crois pas. C’est sans conteste un hymne à la France, à ses racines, à ses innombrables beautés. Mais on y déambule le cœur léger. N’y voyons pas là une France refermée, figée, repliée sur elle-même. Non, chapitre après chapitre se dessine une France dans ce qu’elle porte de plus généreux. Oui, nous avons tous révisé le Baccalauréat les yeux rivés sur Roland-Garros. Oui, nous pensons tous que la langue française est compliquée. A écrire, à lire, à dire, à prononcer, à conjuguer, à accorder, à participe passériser, à invariabiliser comme il aime à l’écrire. « Mais si pour une fois la beauté ne se cachait pas dans la simplicité mais dans la difficulté ? » Comme il nous l’indique. Nous nous sentons français parce que nous aimons les crêpes, que nous accueillons, avec bienveillance et tendresse, le postier au moment où il nous vend son calendrier, mais pour des choses profondes aussi. 

Car la France est dépositaire d’une histoire, propre, singulière. 

Oui. Une longue histoire. Et cette histoire, ce sont des émotions. Quand la cathédrale Notre-Dame part en fumée, nous nous sentons tous touchés, croyants et non-croyants. Et comme l’écrit l’auteur, nous maudissons tous : «  Donald Trump qui propose les Canadairs et des tonnes de flotte ». De quoi se mêle ce « Yankee avec ses deux riquiquis siècles d’histoire ! »

Il y a des éléments de nos vies, conscients ou inconscients qu’il faudrait donc s’attacher à préserver ? 

A préserver et transmettre. Il en est ainsi du vouvoiement. Le vouvoiement qui n’existe pas dans la langue de Shakespeare, il en est aussi, je le crois de l’élection du Président de la République au suffrage universel direct. Ceci est moins connu mais parmi les grandes démocraties, nous sommes pratiquement les seuls à procéder ainsi. Parce que certains pays ont gardé leur Rois et leurs Reines. Parce que la majorité des Présidents élus tiennent leur légitimité de leur assemblée parlementaire, nos institutions françaises se distinguent bien des autres modèles politiques. Si singulières soient-elles, ces institutions font parties de notre ADN commun. C’est une richesse constitutive de notre conscience politique. 

La France ainsi décrite par Frédéric Hermel est-elle soluble dans le projet européen ? Comment cette France peut s’imbriquer et s’imbrique dans l’aventure européenne initiée au milieu du siècle dernier ? 

Là est tout l’enjeu. Et à vrai dire, l’avenir le dira. Il n’y a là rien d’indépassable, rien d’impossible. Ce n’est surtout pas un jeu à sommes nulles. On peut, on doit pouvoir être français, viscéralement attaché à notre pays et se sentir pareillement fier d’être européen. A nous, à vous d’écrire demain, « C’est ça l’Europe », à nous d’écrire demain en complément, : « C’est ça la France européenne ». 

Cécile Dauguet – Erwan Quinio

Tous les éditos d’Erwan Quinio sont disponibles juste ici

Image par Maxime B, CC BY-NC-SA 2.0, via Flickr


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