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La fièvre Q – L’heure o’ véto

Écrit par sur 17 juin 2021

Aujourd’hui avec Christophe Buhot, nous parle de la fièvre Q, une maladie transmissible de l’animal à l’homme.

Aujourd’hui, vous voulez nous parler de la fièvre Q. Pour quelle raison ?

A vrai dire, le nom m’a toujours intrigué, non pas pour une raison grivoise, mais parce que je suis amateur de BD et ce nom me rappelle les héros Blake et Mortimer et le rayon U.

Plus sérieusement, il s’agit d’une maladie transmissible d’un animal à l’homme, d’une zoonose, causée par une bactérie appelée Coxiella Burnetti. Cette affection doit son nom à la difficulté de la diagnostiquer, et d’où la lettre Q comme le Q de question.

Quels en sont les caractéristiques ?

Cette maladie affecte l’Homme, les ruminants (vaches, moutons, chèvres, etc.), les carnivores, les rongeurs et les oiseaux. Elle est présente sur l’ensemble des continents et îles, à l’exception de la Nouvelle-Zélande.
Rarement grave d’emblée, la maladie peut, dans environ 1% des cas, devenir chronique avec des atteintes cardiovasculaires graves. Mais la plupart du temps, les malades ne présentent pas de symptômes, et bien souvent, les symptômes sont de type pseudo-grippal, comme ceux de la Covid, et ne sont pas spécifiques. 

Du coup, de nombreux malades ne sont pas identifiés, et cette maladie, qui nécessite un traitement antibiotique, est sous-diagnostiquée. On estime toutefois à 200 le nombre de cas diagnostiqués annuellement en France.

Y a-t-il des personnes plus sensibles que d’autres ?

Les ruminants, comme les vaches, les chèvres et les moutons, sont les principaux réservoirs de la maladie, et donc la fièvre Q est généralement diagnostiquée dans les professions travaillant en contact étroit avec ces animaux, comme les éleveurs et les vétérinaires, la contamination se faisant par voie respiratoire. Et il existe des régions où cette maladie est dite endémique, à savoir qu’elle existe tout le temps.

Donc si vous n’êtes ni un éleveur, ni un vétérinaire, vous pouvez dormir tranquille.

Non, pas tout à fait, parce qu’une étude récente a démontré que la bactérie responsable circulait certes chez les éleveurs et les vétérinaires en contact avec les ruminants, mais aussi dans le reste de la population adulte. 

Ainsi 568 personnes ont été testées : 176 éleveurs, 45 vétérinaires et 347 donneurs de sang. Il ressort que 56 % des éleveurs, et 89 % des praticiens avaient été exposés à la bactérie responsable de la fièvre Q, mais également 13 % du reste de la population, ce qui est loin d’être négligeable.

Existe-t-il des facteurs de risques ?

A part l’exposition professionnelle, aucun facteur de risque n’a été identifié. Et malheureusement aucun nouveau moyen de lutte contre la maladie n’a été proposée, le risque de contamination semble pour l’instant inévitable dans les zones où sévit l’infection de façon endémique.

Est-il vrai que les chats sont des sources potentielles de transmission de l’infection ?

Une étude canadienne a évalué le rôle des chats dans la contamination des élevages de ruminants. De précédents travaux laissaient en effet penser que ces animaux pouvaient contribuer à propager l’infection. En fait, les auteurs canadiens ont conclu que le rôle des chats était sans doute négligeable dans la propagation de la maladie. Mais la vigilance est de mise, et les vétérinaires doivent considérer les chats vivant dans les élevages comme des sources potentielles de transmission de l’infection.

Faut-il s’inquiéter de cette maladie ?

S’inquiéter, non, mais s’en inquiéter oui. C’est une maladie sous surveillance en France parce qu’il s’agit d’un enjeu de santé publique par le potentiel épidémique de la maladie chez l’Homme. Par ailleurs, il y a eu une augmentation du nombre de cas rapportés ces dernières années en Europe. Aux Pays-Bas en particulier, plus de 4 000 cas ont été décrits entre 2007 et 2010, lors de 3 épidémies successives, ce qui a entrainé l’abattage d’environ 60.000 chèvres ! Et beaucoup de questions sur cette maladie restent sans réponses. Donc la vigilance est de mise.

Laurence Aubron – Christophe Buhot

Toutes les chroniques “Heure o’ véto” de Christophe Buhot sont à retrouver juste ici

Photo de julien arbez via Flickr


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