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Les merveilles de la nature à l’Ambrosienne

Écrit par sur 16 décembre 2021

Bonjour à tous, aujourd’hui dans Europe in soundbite nous allons nous intéresser à la place des sciences naturelles à la bibliothèque ambrosienne de Milan.

Qu’est-ce que l’Ambrosienne ?

L’Ambrosienne est une institution créée par le cardinal-archevêque de Milan, Frédéric Borromée, au début du xviie siècle. C’est une des premières bibliothèques publiques d’Europe, en même temps qu’un musée et un cabinet de curiosité. Sa salle de lecture est ouverte aux érudits de tout le continent ; on vient même de l’Angleterre protestante pour la visiter. La bibliothèque possède également un atelier d’imprimerie qui diffuse les travaux de ses « docteurs », des prêtres pensionnés qui travaillent à plein temps sur les collections réunies par l’archevêque. Celui-ci fait en effet acheter des manuscrits et des imprimés, des œuvres d’art et des curiosités aux quatre coins de l’Europe, du bassin méditerranéen et du monde. Ils évoquent la théologie, la philosophie, les langues anciennes et modernes, l’histoire, mais aussi les sciences naturelles, dont l’archevêque est très curieux.

Comment les sciences naturelles sont-elles représentées dans les collections ? 

Conformément à la tradition humaniste, Frédéric Borromée voit dans l’observation de la nature un prologue à la théologie. L’archevêque s’intéresse aux travaux de scientifiques comme Galilée ou comme les membres de l’académie des « Lynx » à Rome. Il est passionné par l’astronomie et l’exploration du Nouveau Monde. Milan est alors un carrefour du monde catholique, d’où de nombreux prêtres partent pour évangéliser les Amériques et l’Asie ; Borromée en profite pour acquérir des livres, des rapports et des objets sur ces terres de mission. Il veut connaître la géographie, la faune et la flore de ces régions, ainsi que l’histoire et les coutumes des peuples qui y vivent. Lui qui possède plusieurs télescopes, il envisage un temps de faire construire un planétarium, voire un observatoire, à la bibliothèque. Après quelques hésitations, il renonce aussi à y faire engager un mathématicien. La place des sciences va ainsi peu à peu décliner, surtout quand l’Église commence à censurer les découvertes scientifiques. 

D’où vient ce changement d’attitude ? 

En tant que haut dignitaire de l’Église romaine, Frédéric Borromée connaît les hésitations de bien des savants catholiques. S’il est curieux et ouvert aux nouvelles méthodes de la science expérimentale, il est néanmoins très soucieux de se tenir aux positions officielles de la papauté en la matière. Quand Galilée est condamné par l’inquisition, Borromée cesse ainsi de correspondre avec lui. Il se méfie aussi de certaines tendances des scientifiques de son temps : leur rejet de la tradition aristotélicienne et leur intérêt pour l’alchimie, en particulier. En tant qu’archevêque, Borromée est en effet tenu de lutter contre les superstitions, la magie et la sorcellerie. Il est, par ailleurs, membre de la congrégation de l’Index, qui examine et censure les livres dans l’ensemble du monde catholique. Les livres de sa bibliothèque sont donc soigneusement contrôlés : les textes contraires à l’enseignement de l’Église sont interdits à la consultation ou raturés à la plume. À l’Ambrosienne la curiosité pour les sciences naturelles se ainsi trouve prise en étau entre un appétit de savoir, réel et nourri par l’évangélisation du Nouveau Monde, et le souci permanent de respecter l’autorité de l’Église.

Capsule réalisée à partir de la notice EHNE Les merveilles de la nature à la bibliothèque Ambrosienne de Marie Lezowski

Image : Elekhh


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