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George Tromaras – L’édito d’Ulysse Guttmann-Faure

Écrit par sur 9 février 2022

Ulysse, vous nous avez promis la semaine dernière de nous parler de sport. 

Tout à fait, de sport et de records ! 

Il y a quelques jours, nous apprenions la disparition du grec George Tromaras. À vrai dire, à moins que vous soyez féru d’exploits sportifs et particulièrement au fait des histoires populaires grecques, il est peut probable que ce nom vous dise quelque chose. Et pourtant, c’est une sorte de monument qui nous a quitté le lundi 24 janvier dernier, à l’âge de 75 ans. 

George Tromaras était un héros populaire, au sens premier du terme. Doté d’une force surhumaine, il a forgé sa légende en parcourant villes et places de villages pour en faire la démonstration.

Une légende qu’il aurait, paraît-il, lui même contribué à écrire…

Absolument ! George Tromaras racontait ainsi régulièrement qu’à l’âge de 9 ans, il avait soulevé un âne presque sans le vouloir, seulement pour imiter un athlète de passage dans son village. 

Je vous épargne la question de savoir si cet exploit était prémonitoire, la réponse est évidemment oui. 

Si à 9 ans c’était un âne qui marquait la mémoire collective, quelques poignées d’années plus tard, il inspirait le World Guinness Book des records.  

Auriez-vous quelques exemples à nous partager pour nous rendre compte, Ulysse Guttmann-Faure ? 

Les exemples sont nombreux mais les images disponibles malheureusement trop rares. À ce propos, j’invite néanmoins chaque auditeur et auditrice à aller rechercher sur la toile celles disponibles : c’est tout bonnement impressionnant. 

En 1980, on peut le voir tirer 4 wagons de train. 10 ans plus tard, c’est un camion de 35 tonnes qui lui sert de casse-croûte, George Tromaras le tractant sur plusieurs mètres à la force de ses dents. Presque plus banal, il est également possible de l’admirer tirer 10 voitures, comme on tirerait un cabas un peu lourd. 

George Tromaras était une sorte d’Hercule, c’est cela ?

Et bien quasiment, et c’est dans tous les cas un des surnoms qu’il prit plaisir à se voir affubler… « Hercules des temps modernes ». 

Et je n’ai même pas évoqué les innombrables maillons de chaînes brisés, ou le nombre de lourdes barres de fer tordues comme de vulgaires bâtons de bois. Difficile, donc, de le considérer indigne du surnom du héros mythique, grec lui aussi. 

Mais est-ce seulement de cette force que George Tromaras tira sa réputation ?

Et bien, à vrai dire, je ne crois pas. Personnage atypique, il avait également développé une sorte de programme de sensibilisation dans le cadre duquel il avait visité de nombreuses écoles, ventant à chaque fois les valeurs du sport et un certain patriotisme. 

C’est d’ailleurs toujours fièrement qu’il porta les couleurs de la Grèce lors de différentes compétitions internationales de lutte, autre source de sa notoriété. 

Après la disparition de Sampson, Pefanis, ou encore George Buranis, considéré comme le premier lutteur moderne et modèle pour Tomaras, la mort de ce dernier est un coup dur pour l’historique lutte grecque. Mais c’est aussi l’occasion de rappeler que les talents sont nombreux, quoique rarement médiatisés en France. Et pour cause, au delà de la Grèce, ils sont souvent issus des Balkans, de Russie ou de Turquie, bien à l’est de notre Europe occidentale. 

Et on peut se rappeler par exemple du classement des Jeux Olympiques de Tokyo : Russie, Ukraine, Hongrie, Bulgarie,… 

Tout à fait. C’est même dans ce dernier pays, en Bulgarie, qu’à eu lieu le championnat du monde de lutte l’an dernier, et j’ai d’ailleurs eu la chance d’échanger quelques mots avec la championne bulgare Bilyana Dudova, au palmarès impressionnant. 

Ulysse Guttmann-Faure, une dernière question : la Grèce est-elle condamnée à ne vivre qu’avec le souvenir de champions issus de son peuple ?

Non, évidemment pas, et vous avez raison d’y revenir. Le fils de George Tromaras semble par exemple avoir hérité de certaines des capacités de son père puisqu’en 2019 il était sacré champion du monde de triathlon dynamique, une épreuve particulièrement difficile d’haltérophilie.

Quant à son père, il a été applaudit par une foule nombreuse lors de son enterrement il y a quelques jours. 

Un dernier hommage lui sera rendu au Zmak Catch Pro, au Pirée en Grèce, le 19 février. 

Du sport, du spectacle et des applaudissements : de quoi, à n’en pas douter, ravir Hercule George Tromaras. 


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