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Mondiaux d’athlétisme en salle, à Belgrade – L’édito d’Ulysse Guttmann-Faure

Écrit par sur 30 mars 2022

Ulysse, vous déplorez de nouveau la faible médiatisation de certains événements  sportifs. Vous nous parliez il y a quelques semaines du Championnat d’Europe de rugby fauteuil. Cette semaine, vous souhaitez nous emmener à Belgrade en Serbie où se déroulaient en salle les Championnats du Monde d’athlétisme. 

Évènement majeur de la saison, et pourtant si peu raconté. Certes, la magnifique victoire des bleus au Stade de France contre l’Angleterre à l’occasion du Tournoi des Six-Nation a pu monopoliser l’attention des journalistes sportifs. Néanmoins, il me semble que les colonnes de nos  journaux sont assez larges pour accueillir quelques récits des Championnats du Monde d’athlétisme en salle, considérer le sport comme un sujet à part entière et le traiter comme tel. 

D’autant que la compétition a été riche en émotion, pour les français comme bien au delà. 

C’est le moins qu’on puisse dire, je suis bien d’accord ! D’autant que, Covid oblige, la  précédente édition remontait à 2018, au Royaume-Uni, il y a 4 ans donc, pour un événement devant  normalement se tenir tous les deux ans. Mais ce n’est pas la seule particularité de cette édition. 

Du fait du contexte actuel et de l’odieuse invasion russe, aucun athlète ni russe ni biélorusse n’a été autorisé à participer à la compétition, même sous bannière neutre. Comme dans d’autres disciplines,  ce n’est pas une décision anodine, la Russie figurant en Athlétisme à la deuxième place des meilleurs  pays de tous les temps en terme de médailles, après les Etats-Unis. De la même façon, lors des  derniers Jeux Olympiques, la Fédération de Russie pouvait par exemple se targuer d’avoir remporté la médaille d’argent en saut à la perche et l’Or en saut en hauteur. Dans cette même discipline, en  masculin cette fois, un Biélorusse s’était emparé de la médaille de bronze. Décision pas anodine  donc, mais ayant eu le mérite de laisser d’autres athlètes se révéler d’avantage. Ainsi, pour l’anecdote  mais aussi pour le symbole, saviez vous que la médaille d’Or en hauteur féminin a été raflée par une  athlète… ukrainienne, Yaroslava Mahuchikh

Et rappelons que la Russie, en tant que fédération, était déjà suspendue du monde de  l’athlétisme depuis 2015 en raison de « violations pour dopage » généralisées, décisions qui laissait  néanmoins la possibilité à des athlètes de participer individuellement, ce qui n’est plus le cas comme  vous venez de le dire. D’autant que la compétition a été riche en émotion, pour les français comme  bien au delà. Et puisque l’on parlait de saut, il parait que la perche a été l’occasion de fortes émotions  ? 

Beaucoup d’émotions côté saut en effet, mais uniquement positives cette fois-ci. En triple  saut, la vénézuélienne Yulimar Rojas a pulvérisé le record du monde en atteignant les 15 mètres 74.  Mais vous faites bien de parler de la perche ! Dans cette discipline également, Belgrade a été  l’occasion d’heureuses surprises. Je ne fais pas durer le suspens plus longtemps, je veux évidemment  parler du suédois Armand Duplantis et son record du monde avec un saut à 6m20. À seulement 22  ans, il pulvérise les exploits de notre champion national Renaud Lavillenie, 35 ans, qui n’a pas pu  prendre part à la compétition pour cause de blessure. Celui qui a commencé à sauter à l’âge de 4 ans  avec un perchoir dans son jardin avait d’ailleurs déjà battu le record du monde il y a deux semaines  dans la même salle, à 6m19. 

Armand Duplantis est entraîné par ses parents, Helena et Greg Duplantis, ce dernier ancien perchiste  américain ayant tout de même été capable de franchir la barre des 5,80 m durant sa carrière. À dix  ans, alors qu’il était haut comme trois pommes, il franchissais 3m86. 7 ans plus tard, il atteignait les  5m90. Et l’année de ses 18 ans, le voilà qui dépasse les 6m05 à Berlin, le faisant Champion d’Europe  à une hauteur que nombre de perchistes rêveraient d’atteindre ne serait-ce qu’une fois dans leur vie. 

Champion Olympique l’an dernier à Tokyo, il tentera en 2024 pour les jeux de Paris à obtenir un  autre record et non des moindres, celui de devenir le premier perchiste double champion olympique.  Et pour peur que son corps et sa tête le suivent, rien ne semble pouvoir l’arrêter. 

Plus qu’impressionnant en effet ! Et les français dans tout ça ?  

Ils ne sont pas en reste, malgré de nombreuses blessures, à la perche avec Lavillenie je l’ai  dit, comme en heptathlon où l’on a pu que déplorer l’absence de Kevin Mayer, qui avait pourtant  battu ici même à Belgrade le record européen en 2017. Et c’est en haies qu’est venue la surprise  tricolore : à 21 ans, Cyréna Samba-Mayela remporte la médaille d’Or en 60m haies avec un  chronomètre à 7s 78. Côté hommes, Pascal Martinot-Lagarde boucle la course en 7s 50 et repart  avec une très belle médaille d’argent !  

Et pour finir, citons la magnifique troisième place de la Belgique au tableau des médailles, avec deux  médailles d’Or, au pentathlon féminin et au relai masculin dans la magnifique discipline du 4x400m. 

Vous aviez promis des chroniques suivant en quelque sorte la ligne « l’Europe ouverte  sur le monde », voici un nouvel éclairage qui en fait la démonstration ! Merci Ulysse Guttmann Faure, prochain rendez-vous international aux championnats du monde en plain air de juillet  prochain ! A la semaine prochaine ! 


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