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Horseface (UMEA) – Artiste européenne de la semaine

Écrit par sur 9 mai 2022

L’artiste européen de la semaine est Horseface, un groupe de post-punk qui joue en suédois et finnois, et se base à Umea au Nord de la suède. Cette semaine sera l’occasion de découvrir leur univers, en 5 chapitres. 

Chapitre 1 : Un paquet de cigarettes caché derrière le dictionnaire

Formé en 2013, Horseface est un quatuor composé de la chanteuse Hanna Kangassalo, du batteur Robert Tenevall, d’Ellen Dahlgren au synthé et d’Erik Selim Lundkvist à la guitare. Le groupe a récemment sorti le single Sanakirjan Takana qui annonce leur 2nd album du même nom à venir le 13 mai.

Sanakirjan Takana est un titre d’album qui signifie “derrière le dictionnaire” et fait référence à une nouvelle écrite par la mère d’Hannah Kangassalo, la chanteuse d’Horseface, retrouvée quelques temps après son décès. Cette courte histoire a donc été le point de départ de l’inspiration de la compositrice pour le thème de l’album : un paquet de cigarettes caché derrière le dictionnaire…

Batteries numériques et acoustiques se mêlent dans des rythmes post-punk de ce single ; Horseface poursuit ainsi ses créations inspirées par les expérimentations musicales du début des années 80 tout en y incorporant des influences contemporaines. 

Chapitre 2 : L’ère glaciaire 

Nous poursuivons notre découverte du groupe Horseface basé au Nord de la Suède, à Umea ; à l’écoute de leur premier long album, Jaakausi, sorti en 2017. On en écoute le morceau, Jaktuu ja jaktuu

En finnois, Jaaukausi signifie ère glaciaire. Ce premier album d’Horseface est une collection de chansons qui dépeignent à la fois l’euphorie, la tristesse et la vie dans une société froide. Les paroles sont toutes chantées en finnois, la plus grande langue minoritaire de Suède, souvent uniquement parlée à la maison, en raison de la pression pour s’adapter à la société majoritaire. Choisir de chanter publiquement dans sa langue maternelle sert d’affirmation, surtout en période de nationalisme protecteur.

Les sonorités atmosphériques en écho de Jaktuu ja jaktuu accompagnent parfaitement le visuel de la pochette de l’album : une jeune fille se baigne dans un lagun tout en contemplant un iceberg.

Le son d’Horseface s’apparente à celui de leurs prédécesseurs post punk, mais avec une oreille curieuse pour les nouveaux sons de la pop mondiale. Des mélodies répétitives sont entrelacées avec des rythmes locaux. Les rythmes et les échantillons sont superposés à la batterie, aux guitares, aux synthés et au violon.

Chapitre 3 : Un art politisé

Bien qu’il soit la deuxième langue officielle en Suède, le finnois est absent de la scène musicale suédoise ; Pourquoi la Finlande est-elle si peu perceptible dans la vie culturelle et les contextes artistiques suédois ? Et pourquoi n’entend-on plus de musique en finnois ? C’est une question que se pose particulièrement Hanna Kangassalo, la compositrice et chanteuse de Horseface. On écoute l’un de leurs premiers morceaux No niin, jaukausi, sorti en 2016 dans leur 1er EP.

Hanna s’est exprimée sur le sujet : elle convient que la présence du finnois semble se développer peu à peu dans l’industrie musicale car de plus en plus de groupes suédois reprennent leur héritage finlandais pour créer. Je le rappelle, le finnois est habituellement seulement parlé dans un contexte privé et familial, car le gouvernement suédois exerce une certaine pression à ne parler que la langue majoritaire.

C’est pourquoi selon Hanna Kangassalo, c’est presque une déclaration politique d’oser utiliser le finnois dans un contexte artistique. D’ailleurs, les quelques mots que l’entend être répétés dans le morceau, No niin, sont l’une des expressions finoises les plus courantes, et peuvent signifier un peu tout et n’importe. 

Chapitre 4 : La Faune et la Flore de Vasa 

Cap sur le grand Nord, direction Umea en Suède, où nous retrouvons le groupe de post punk Horseface. Nous l’avons vu hier, le quatuor a à cœur de chanter en finnois, langue minoritaire en suède. C’est aussi le cas du groupe suédois Vasas Flora Och Fauna, l’une des inspirations principales de Horseface que l’on écoute tout de suite dans leur morceau : Leevi & The Leevings, l’un des préférés de la chanteuse du groupe.

Vasas Flora Och Fauna (aka la Flore et la faune de vasa) est un groupe d’indie pop finno-suédois formé en 2012, qui fut l’un des premiers groupes à avoir créé de la musique avec des paroles dans le dialecte de la région finlandaise d’Ostrobotnie. Cette innovation a inspiré plus d’un groupe à mettre à l’honneur les langues régionales finlandaises, ET suédoises : en particulier nos artistes européens de la semaine sur euradio (le groupe Horseface!)

Hannah Kangassalo, la chanteuse de Horseface, évoque les chansons de Vasas Flora Och Fauna dans l’une de ses seules interviews disponibles. Pour elle, ces chansons sont très réconfortantes. Les paroles sont pleines de détails amusants et émouvants et les voix y sont à la fois honnêtes et tristes.
Hannah dit : “Ils abordent des sujets qui me tiennent à cœur, comme ne pas appartenir à son pays d’origine, le mal du pays et les voyages, être finlandais (ou non), posséder sa propre langue, raconter des histoires…”

Ce sont autant de sujets que l’on retrouve dans le travail de Horseface, dont on écoute maintenant l’un des tous premiers morceaux, chanté en finnois bien sûr, c’est Suku Suku

Chapitre 5 : Du post-punk à la Crass musique

“Du Postpunk en finnois suédois” c’est une description qui convient au groupe Horseface pour décrire leur son. Hier nous évoquions l’influence du groupe Vasas Flora Och Fauna sur leur musique, et aujourd’hui nous nous intéresserons aux multiples styles musicaux qui rythment leurs créations. Pour cela, on écoute leurs deux singles sortis en 2020 : Silakat et Siivouspaiva 

En 2020, Horseface a fait un retour explosif haut en couleur et en sonorités, avec les titres Silakat et Siivouspaiva. Silakat est un morceau parfaitement représentatif de la pop ludique et captivante de Horseface, – pleine d’éléments et de rythmes, grandement inspiré par le genre highlife de l’Afrique de l’Ouest, mais aussi très ancré dans le post-punk britannique des années 70.  Superposées à des boîtes à rythmes filtrées et à des sons dégoulinants, les curieuses paroles du morceau explorent le thème de l’attraction vue au travers le cycle de vie du hareng. 

Et voici Siivouspaiva, l’autre morceau d’Horseface sorti en 2020, celui-ci ancré dans le style crass. 

Dans Siivouspäivä, Horseface a concocté une marche de style Crass (style qui fait référence au groupe de punk anarchiste anglais du même nom, et à leur son délibérément crasseux). Horseface se l’approprie grâce à une sorte de rythme dancefloor bancal, couronné par des voix feutrées en finnois qui se plaignent du système fiscal suédois. 

→ Ainsi s’achève notre semaine consacrée aux suédois finnois Horseface, le groupe de postpunk qui revisite l’héritage culturel de ses ancêtres…

Pour écouter l’ensemble des chapitres de la semaine :

Rendez-vous la semaine prochaine pour vous présenter un·e nouvel·le artiste européen·ne émergent·e… 

Une émission proposée par Suzanne Gerles


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