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L’escrime, une discipline artistique – L’édito d’Ulysse Guttmann-Faure

Écrit par sur 16 mai 2022

Nous vous retrouvons pour votre chronique de la semaine pour parler d’escrime,… au sens le plus large du terme !

Tout à fait, l’escrime au sens large. Parce que si l’escrime est d’abord un sport, il n’est pas que cela et est également une discipline artistique impressionnante qui gagne à être connue… Mais commençons par l’aspect sportif déjà, et gardons le suspens pour le reste. Si les ressemblances et points communs sont nombreux, l’escrime regroupe trois catégories d’armes ayant pour conséquence des règles quelque peu différentes. Ces armes les voici : le fleuret, l’épée et le sabre.

Commençons par le fleuret, seule arme qui ne soit jamais sortie des salles d’escrime.

Absolument, contrairement au sabre qui a servi sur les champs de bataille et l’épée qui a pu être été utilisée pour des duels, le fleuret a toujours été réservé au sport. L’arme est légère, 500 grammes au maximum, et seule la pointe permet de toucher son adversaire… mais pas n’importe où ! Contrairement à l’épée par exemple, l’aire de touche au fleuret est très restreinte : seul les touches au tronc seul, sont valides.


Il y a quelques temps en effet, les équipements de sécurité étaient limités, les coups au visage étant alors dangereux faute de masque, conduisant au fait que la tête ne soit pas une cible valide. Il en est de même pour les autres parties du corps. Et si vous avez face à vous une arme d’escrime et souhaitez savoir laquelle est-ce, regardez sa poignée : si elle a une forme de pistolet, ce sera un fleuret

L’épée, deuxième arme d’escrime, est plus lourde et moins maniable ?

C’est cela ! Là où le fleuret ne peut peser que jusqu’à 500 grammes, une épée monte à 750/770 grammes pour une longueur d’1m10. Moins maniable vous l’avez dit, sa lame est de section triangulaire. Concernant les zones de touche, c’est assez simple, il s’agit de… tout le corps, des pieds à la tête en passant par son dos et le bout de ses doigts. Enfin simple, encore faut-il arriver à y accéder je vous le concède ! L’épée est arme d’estoc héritée de la rapière… et arme vraiment puisqu’elle était utilisée pour les duels. Juridiquement et jusqu’au 16e siècle, on considérait que le perdant avait perdu faute du soutien de Dieu qui l’avait reconnu coupable.


Pour l’anecdote, on retrouve des duels pour l’honneur encore bien plus tard, le dernier en 1967 opposant Gaston Defferre député socialiste des Bouches-du-Rhône et maire de Marseille, qui avait traité député gaulliste du Val d’Oise René Ribière d’« abruti ». Au rang des politiques d’ailleurs, Georges Clemenceau y était particulièrement attaché. Enfin, pour revenir à la catégorie sport, rappelez vous que l’ancienne ministre Laura Flessel était championne d’épée, médaille d’Or aux JO en équipes et en individuel à Atlanta en 96.

Et concernant le sabre ?

Le sabre est tout autant impressionnant, voire plus car les coups peuvent être portés d’estoc (c’est à dire avec la pointe), mais également avec le tranchant de la lame, le dos de la lame ainsi que le plat de la lame. La priorité est à celui ou celle qui attaque pour conférer le point en cas de touches simultanées, touches qui peuvent se faire sur ce qui se trouve au-dessus de la taille, à l’exception des mains. En Tunisie la semaine dernière pour une épreuve de la coupe du monde, la merveilleuse Manon Brunet décrochait ainsi le bronze. Elle avait fait deuxième à Plovdiv en Bulgarie en janvier dernier où, ébahit, j’avais découvert en vrai le caractère impressionnant de la discipline. Et c’était sous les yeux de l’ambassadrice de France en Bulgarie que la France avait décroché la première place et je voudrais citer leur nom : Caroline Queroli, Sarah Noutcha, Sara Balzer et Manon Apithy Brunet, personnes extraordinaire en plus d’être une équipe de haut niveau.

Et vous nous aviez promis de parler d’escrime… sous l’aspect artistique !

Vous avez raison ! Et je voudrais commencer en rectifiant ce que je disais il y a quelques minutes sur le caractère méconnu de l’escrime artistique. En effet, qui n’a jamais vu un film de cape et d’épée ? De mousquetaires ?
Puisque l’on parle de film de cape et d’épée, Jean Marais, en plus d’être acteur formidable, était un escrimeur célèbre sous cet angle artistique. L’escrime artistique est une adaptation de l’escrime moderne en intégrant des éléments de l’escrime historique et des arts du spectacle. Elle a pour but de mettre en scène des combats chorégraphiés, présentés en compétition. Le sport laisse place à la danse, au spectacle. Pour le plus grand plaisir des pacifistes, et aussi des yeux !


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