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Edito éco : Alstom siemens- le refus de la fusion

Eugène Sandoz 6 February 2019

Ce qui est en jeu c’est la réponse à apporter par l’Europe à la montée économique de la Chine. Cela dépasse largement l’examen d’un cas concurrence par la Commission Européenne, ce qu’Alstom siemens pourrait avoir des répercussions bien au delà du secteur des transports et conduire, espérons le, à faire évoluer le droit de la concurrence pour l’adapter au monde d’aujourd’hui.

L’objectif est de créer un champion européen des chemins de fer, il faudrait peut-être arrêter de se regarder le nombril en ne considérant que la concurrence sur le marché européen et en adoptant des visions à courte vu. Car si CRRC, c’est à dire le leader mondial chinois, n’est pas encore en Europe, il y viendra. Et s’il conquiert le monde entier, nous Européens, séparés entre français d’un côté et allemand de l’autre, ne pèseront pas lourd.

Aujourd’hui nos rivaux chinois ont l’ambition, avec leur plan « made in China 2050 » de décrocher le leadership mondial de l’innovation, et ne lésinent pas sur les moyens. Ils s’appuient sur des subventions étatiques massives, une politique industrielle agressive et surtout une protection sur leur marché domestique.

Pour Margrethe Vestager, la commissaire à la concurrence qui s’était distinguée face à des géants comme Apple sur le plan fiscal, Siemens Alstom sont tous deux des fers de lance de l’industrie européenne. Cette concentration aurait entrainé une hausse des prix pour les systèmes de signalisation qui assurent la sécurité des passagers et pour les futures générations de trains à très grande vitesse. Elle aurait entrainé d’importants problèmes de concurrence. La commission a reçu plusieurs plaintes de clients, d’opérateurs ferroviaires (type SNCF) et de syndicats qui craignent des suppressions de posts.

La commission européenne considère aussi qu’elle protège les consommateurs européens. Mais l’Europe dont nous avons besoin est-elle d’abord une Europe des consommateurs ou une Europe des citoyens européens qui veulent avoir un avenir dans le monde qui vient?

Le contexte a changé : les britanniques ont décidé de sortir de l’Union et n’ont évidemment plus le même poids et il y a eu surtout un changement en Allemagne au moment où l’une de leur pépite, leader Allemand de la robotique « Kuka », a été racheté par des chinois. Angela Merkel est depuis beaucoup plus sensibilisée à ces mouvements chinois qui ne sont pas seulement commerciaux mais stratégiques. Le ministre Allemand de l’économie vient d’annoncer la mise en place d’un fonds public d’investissement stratégique à l’instar de ce qui existe en France depuis 10 ans. Cela inclut la défense et l’énergie, mais aussi les immenses et les producteurs automobiles, et même une banque com.

La concurrence finalement n’est pas une fin en soi, elle doit être mise au service d’une stratégie. Si l’Europe, enfin nous Européens, parvenons enfin à nous doter d’une stratégie industrielle européenne digne de ce nom, alors la politique de la concurrence européenne pourra et devra s’adapter.

 

 

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