Nantes

by Euradio

Current track

Title

Artist

Current show

Programme local

11:00 12:00

Current show

Programme local

11:00 12:00

Background

Avec l’audition des commissaires devant le Parlement européen, l’Europe donne une splendide leçon démocratique

L'édito d'Erwan Quinio 4 October 2019

[PODCAST]

Europe’s coming : « Avec l’audition des commissaires devant le Parlement européen, l’Europe donne une splendide leçon démocratique »

Bonjour,

Ils ont été ou seront auditionnés durant 3 heures durant nos futurs commissaires européens. Je dis « futurs » car à ce jour ils ne sont que candidats. Des candidats proposés par les pays membres à la présidente de la Commission européenne et tels des étudiants ou des chercheurs d’emplois ont dû refaire leur Cv et démontrer lors d’un oral leurs compétences ainsi que leurs solidités morales. Ne nous y trompons pas, les rouages institutionnels peuvent paraître indigestes à cerner, mais nous sommes au cœur de la politique, de notre histoire philosophique et disons autrement du respect des citoyens que nous sommes toutes et tous.

C’est une belle revanche pour le Parlement européen. 

Oui. Une belle revanche, une revanche historique même. Nous avons tous le nez dans le guidon et c’est bien normal mais il est toujours éclairant de prendre du recul historique sur l’actualité. Rappelons-nous, à la naissance du projet européen, à l’époque de la CECA, l’Europe du charbon et de l’acier, l’instance ne comprenait tout simplement pas d’assemblée. Ce n’est que sur l’insistance des Pays-Bas en particulier qu’elle fût instaurée. Les hollandais redoutaient à raison un pouvoir exécutif piloté par le tout puissant couple franco-allemand. L’Assemblée parlementaire est donc née. Le Parlement européen qui lui succèdera est donc le résultat d’une conquête politique.

Un Parlement européen qui a désormais le pouvoir de passer le pouvoir exécutif au crible. 

Oui, depuis 1985. La Commission Santer fut la première à se soumettre à l’exercice. On ne peut pas dire que cela lui porta bonheur, elle sera poussée à la démission 4 années plus tard sous la menace d’une motion de censure des parlementaires. Un précédent qui reste à ce jour unique dans l’histoire de la construction européenne.

Dans les faits, le contrôle des parlementaires européens est de plus en plus poussé et exigeant

Absolument. Ils furent timides au début, ils ne le sont plus du tout. A telle enseigne que pour cette promotion 2019, deux candidats à l’investiture n’ont même pas pu accéder à l’oral. Recaler avant. Leurs deux CV ne semblaient pas compatibles. Ce n’est pas rien de dire à la Roumanie ou à la Hongrie de M.Orban qu’ils peuvent oublier leur choix. C’est pourtant ce qui leur a été signifié sèchement.

Cette semaine comme nous avons pu l’entendre sur l’antenne, 3 autres candidats ont été passablement bousculés. 

Oui, trois candidats sur les 19 qui prétendaient au poste. Pour les 16 premiers, ils seront donc Commissaire pour les 5 années qui viennent. 7 nouveaux candidats restent à être auditionnés. Et 3 devront donc déjà passer les épreuves de rattrapage

. La première épreuve est écrite. En cas de doutes persistants, cela conduit à un retour devant les parlementaires européens pour un second oral. Ce dernier est décisif car in fine, la Commission européenne a besoin du soutien du Parlement européen pour entrer officiellement en fonction.

La Suédoise, candidate désignée pour les Affaires intérieures, et le Polonais à l’Agriculture « n’ont pas du tout convaincu de leur capacité à gérer leurs portefeuilles », a affirmé un élu du groupe du Parti Populaire européen, Sylvie goulard doit elle répondre sur son intégrité, le Parlement européen n’a pas fait semblant. Au point de fragiliser les institutions ? 

Non, c’est tout le contraire. Le procédé est une garantie. Les parlementaires sont dans leur droit d’exiger le meilleur pour l’Europe. Ils sont nos représentants élus, tous issus du suffrage universel. Les parlementaires sont notre voix. Ce sont eux qui seront amenés à travailler durant 5 ans avec la Commission européenne. Alors autant partir dès le début sur les meilleures bases, des bases saines de respect.  La vérité, c’est qu’au sein du Parlement européen, deux groupes politiques, le PSE, le parti socialiste européen et le PPE, le parti de la droite européenne ont longtemps fait la pluie et le beau temps au cœur de l’institution parlementaire. Ce n’est plus le cas, ou beaucoup moins. Le Parlement européen version 2019 est plus pluraliste. La tambouille est moins facile à se concocter en famille. Tout est donc possible. C’est le Parlement européen qui y gagne, c’est l’équilibre des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif cher à Montesquieu qui y gagne, c’est l’Europe toute entière qui y gagne et qui pour l’occasion donne aux états membres comme au monde une intransigeante mais splendide image démocratique.