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Le cinéma estonien

Eugène Sandoz 10 January 2019

Bonsoir Eugène !

Comme tu mets à l’honneur l’Estonie, je me suis dit que cela serait intéressant de dresser un portrait cinématographique de ce pays baltique pour nos auditeurs.

L’Estonie est un petit pays, ayant sur son territoire 52 cinémas et 97 écrans sur son territoire, ce pays a enregistré sur l’année 2017 presque 3 511 000 entrées salles.

L’année dernière, en 2018 donc, a eu lieu le centenaire de la naissance de la république d’Estonie. Et à cette occasion, des manifestations culturelles ont eu lieu un peu partout en Europe pour promouvoir la culture et la cinématographie estonienne. Cela a permis une plus grande visibilité de l’Estonie dans le paysage européen, notamment au sein des festivals de Berlin, Lisbonne, Reykjavik, Madrid, Cannes et Cracovie.

À la croisée de quatre épicentres culturels : russe, scandinave, germanique et polonais, l’école estonienne, marquée par les occupations allemande et soviétique, a pourtant réussi à tracer son propre sillon.

LA TRADITION DU DOCUMENTAIRE

Depuis les origines, le cinéma estonien porte volontiers un regard anthropologique sur son environnement. C’est probablement une des raisons pour lesquelles le film documentaire est devenu une forme de tradition.

Sur les 53 films produits par l’Estonie en 2017, 31 étaient des documentaires, pour seulement 14 longs-métrages de fiction. Les réalisateurs estoniens, comme ceux des autres pays baltiques ont réussi à casser les stéréotypes du documentaire postsoviétique en créant des films totalement différents : humains, pleins de sens et poétiques. Un exemple en ce sens est « La Révolution des cochons (2004) » de Jaak Kilmi et Rene Reinumagi, qui met en scène un camp de jeunesse estonien en 1986. Des étudiants censés faire honneur au travail et à l’Union soviétique, font la fête et commencent à ruer dans les brancards. Ce film décapant remporte le prix spécial du Jury au festival du film de Moscou.

ET DU CINÉMA D’ANIMATION

Un autre pilier de la cinématographie estonienne est le cinéma d’animation, ancré dans la culture estonienne depuis plus de 50 ans. Ce pays balte a toujours fait preuve d’innovation et d’audace dans le domaine de l’animation.

Les premières traces de productions animées remontent aux années 30, mais le premier studio officiel, Nukufilm, fut fondé en 1957. Il produisait surtout des films de marionnettes.

Avec Joonisfilm, son pendant pour le dessin animé, ces studios représentent le fleuron de l’art animé baltique.

C’est sans aucun doute Priit Pârn qui est le réalisateur le plus connu ; ses premières œuvres explorent l’absurdité du quotidien des citoyens soviétiques. «Hôtel E » et « La Nuit des carottes » marquent sa cinématographie.

Par ailleurs enseignant et fondateur, en 2006, de l’école d’animation de Tallinn, Priit Pärn chérit son indépendance et la liberté d’écrire des scénarios singuliers.

Mais il n’est pas le seul réalisateur de films d’animation de talent en Estonie :

Ulo Pikkov a connu du succès à l’international avec des œuvres animées comme Bermuda (1999) ou Le Cavalier sans tête (2001).

Le succès des films d’animation en provenance de l’Estonie nous démontre qu’avec ingéniosité, audace et persévérance, il est non seulement possible mais réaliste pour une petite cinématographie nationale de devenir un ingrédient essentiel dans la culture globale de l’Europe.

Aimez-vous l’Europe ?

Parce que nous oui !

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