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Viviane Gravey – Allons-nous vers un deuxième referendum ?

L'édito du lundi 22 October 2018

Allons-nous vers un deuxième referendum ?

 

Ce samedi, c’était manif au Royaume-Uni.  Près de 700.000 manifestants se sont rassemblés à Londres afin de participer à la marche pour un ‘vote populaire, avec l’option de rester dans l’UE’. De tous âges et toutes origines, on a pu voir marché d’un côté des conservateurs opposé au Brexit, de l’autre des jeunes se plaignant de l’impact d’une décision prise par leurs ainées, ou même un groupe de verts européens faisant preuve de solidarité avec leurs collègues britanniques. Comme dans toutes manifestations, la créativité des participants était en évidence : bérets bleus aux douzes étoiles jaunes, pancartes se moquant de politiques pro-Brexit, comme Boris Johnson ou Jacob Rees Mogg, et de très nombreuses paroles de chansons ou le ‘you’ de tu est remplacé par le ‘E.U’ de l’UE.

Nothing Compares to EU / EU are the One for Me / Only EU

Malgré le succès de la manifestation de samedi (les organisateurs attendaient plus de 100.000, ils en ont eu 6 à 7 fois plus selon la police), l’hypothèse d’un nouveau référendum reste peu crédible. Deux sortes d’obstacles, politiques et pratiques, se dressent contre ce nouveau vote.

De quels obstacles politiques s’agit-il ?

La manifestation de samedi était la deuxième plus grande du 21ème siècle de ce côté de la Manche. La première reste la marche contre la guerre en Irak, en Février 2003 qui avait réuni un million de personnes. Et dans les deux cas, ni membres du gouvernement, ni membres hauts placés de l’opposition n’en ont fait partie. Ainsi, si le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, s’est adressé à la foule, les dirigeants du parti travailliste étaient aux abonnés absents. Samedi, le leader du Labour, Jeremy Corbyn, était à Genève, pour parler droits de l’Homme et acquis sociaux avec Michelle Bachelet, ancienne présidente chilienne, travaillant désormais à l’ONU. Ses proches alliés, John McDonnell et Diane Abbott étaient tous les deux à Londres, mais parlaient à une conférence contre la montée du racisme et du fascisme. Côté majorité, on ne comptait seulement quelques « backbenchers », ces députés ne suivant pas tout le temps la ligne du parti, comme Anna Soubry ou Philip Lee. Les deux grands partis restent pour l’instant déterminés à rendre le Brexit une réalité. S’ils ne sont pas d’accord sur quelle forme devrait prendre le Brexit, ils ne remettent pas en cause celui-ci.

Or, sans majorité au parlement un référendum ne peut être lancé. Ainsi, pour qu’un nouveau vote ait lieu, il faudrait changer soit, l’opinion de la majorité des députés britanniques, soit tout simplement, la majorité des députés britanniques via une nouvelle élection. Pas de deuxième vote sans de nouvelle majorité, pas de nouvelle majorité sans de nouvelles élections…

Mais reste-t-il assez de temps ?

C’est là que les obstacles pratiques s’amoncellent. Le 29 Mars approche à grand pas – avant cette date il faudrait donc :

  1. Obtenir un accord UE-Royaume Uni
  2. Présenter cet accord au Parlement Britannique
  3. Que le gouvernement perde ce vote
  4. Que Theresa May décide, soit de dissoudre la chambre des Communes, soit de proposer un deuxième référendum
  5. Si élection générale anticipée, qu’elle soit gagnée par un parti pro-deuxième référendum
  6. Que les députés britanniques se mettent d’accord sur la franchise électorale, la ou les questions, le mode de scrutin
  7. Que le deuxième référendum soit organisé, qu’il y ait campagne

Or ne serait-ce que sur ce premier point – obtenir un accord UE-Royaume Uni – l’incertitude demeure. En l’état, les partisans d’un deuxième référendum n’ont tous simplement pas le temps de convaincre, organiser et gagner un nouveau vote avant la date annoncée pour le Brexit.

Alors, est-ce une cause perdue ?

Les deux ans qui se sont écoulés depuis le référendum ont été plein de surprises – en politique britannique, il ne faut jamais dire jamais… En organisant une manifestation monstre de soutien à l’Union Européenne les citoyens britanniques parlent directement aux dirigeants européens. Notre gouvernement ne nous représente pas, son Brexit n’est pas le nôtre. Si les négociations échouent, les 27 Etats Membres ont un choix à faire : soit laisser le Royaume Uni sortir sans accord, soit proposer, de manière unanime, une extension de négociations. Même s’ils n’arrivent pas à obtenir leur vote populaire, les manifestants de samedi ont rendu tout refus d’extension européen plus compliqué.22

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