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Confinement : “Le ukulélé me sauve la vie !”

Written by on 30 avril 2020

Interrogée il y a quelques semaines sur la situation sanitaire en Italie, Letizia Chetta, journaliste de l’Académie Euradio, revient aujourd’hui sur sa vie confinée, rythmée par son ukulélé électrique…

Aujourd’hui, je vais vous raconter un petit peu ma vie en confinement, à Parme, au nord de l’Italie.

La première chose qui me vient à l’esprit quand je pense à cette période, c’est que l’être humain a une capacité assez formidable de s’adapter à n’importe quel genre de situation pour résister. Moi par exemple, il y a deux mois, j’avais une vie complètement différente : j’habitais à Berlin, je travaillais, je passais au moins un tiers de ma journée dans les transports publics… Bref, c’était une vie qui bougeait beaucoup : un côté frénétique. Et maintenant, c’est l’inverse : je ne peux pas sortir, je vois seulement ma famille. Dans ma région, il est même interdit de faire du sport à l’extérieur. Mais on s’habitue à tout.

Au début, c’était surtout la peur qui régnait, la peur et le stress, par exemple, parce que mes parents travaillent à l’hôpital. Maintenant, le fait de les voir se couvrir avec un masque, avec des gants ou de sortir faire les courses avec cette protection, n’est plus quelque chose de bizarre, d’inquiétant, mais au contraire, une habitude normale et presque une garantie réconfortante, un gage de sécurité. Voilà !

Vu que ma journée je la passe presque toujours enfermée, j’ai ressenti la nécessité d’établir quand même une routine assez organisée. Par exemple, j’essaye de rester en forme en faisant tous les jours des exercices grâce à une application que j’ai téléchargé sur mon portable, et qui m’aide à garder un rythme.

Ou bien j’essaye de cultiver ma passion pour la musique. Moi, je joue du ukulélé classique, depuis quelques temps, et il y a un mois j’ai acheté sur internet un ukulélé électrique, qui m’a vraiment sauvé, parce que j’adore tout simplement son son. Et quand j’en joue, ou que je chante, le temps passe très vite. Avec un ami, d’ailleurs, on a développé un projet musical à distance, pour réaliser ensemble des chansons. Lui, il s’occupe souvent du texte et du son. Moi, je mets ma voix. On s’envoie nos morceaux et après on les monte.

Sinon, j’ai voulu approfondir mon intérêt linguistique : c’est-à-dire que je me suis inscrite à un cours de langue turque, offert par mon université à Berlin, qui a d’ailleurs commencé tout juste hier. Le cours se passe, bien sûr, sur une plateforme virtuelle et il est très bien fait. En plus, il n’y a pas eu de problèmes avec la connexion. Du coup, j’ai été vraiment impressionnée et contente que cela a aussi pu marcher.

Enfin, je peux dire que ce confinement m’a fait développer une conscience au niveau écologique très forte, plus forte qu’avant. Parce que, surtout ici, en cette zone géographique appelée ‘pianura piadana’, on voit des résultats importants avec la réduction de la circulation aérienne et des transports en général. Cette région est l’une des plus polluées en Europe et selon certains articles scientifiques publiés récemment, il pourrait y avoir une corrélation entre, d’un côté, la vitesse de diffusion du virus, et donc le taux élevé de mortalité en Italie, et d’un autre côté, le niveau de pollution atmosphérique de cette partie du pays.

Voilà, ça c’est plus ou moins ce que je fais pour occuper mes journées infinies de quarantaine, je vous envoie mes plus chères salutations d’Italie et beaucoup de courage pour le travail !


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