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L’antisémitisme, un fléau d’actualité raconté au cinéma

Écrit par sur 2 avril 2021

L’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne a publié en décembre un rapport qui relève une montée en puissance de l’antisemitisme en Europe. L’enquête a été menée chez les personnes se définissant juives vivant dans les pays européens et a révélé, entre autres, que 8 répondants sur 10 considèrent que l’antisemitisme est un problème grave aujourd’hui. De plus, selon le rapport, les personnes juives européennes vivent quotidiennement des discriminations telles que les discours de haine antisemite ou le harcèlement, surtout sur les réseaux sociaux. 

Patrick Lalou, président du consistoire juif de Nantes, explique en effet que l’antisemitisme est un fléau qui ne date pas d’hier: “Il y a différentes manifestations sur l’antisémitisme parce que l’antisémitisme évolue avec les années et les époques”.

Patrick Lalou constate également que la haine antijuive est issue de préjugés personnels, ce qui rend ce phénomène compliqué à définir et, par conséquent, à enrayer aussi: “Si vous demandez à un antisémite pourquoi il n’aime pas les juifs, vous n’obtiendrez pas de réponses très claires. C’est un mal indéfinissable dans son ensemble”.

Non odiare, un film qui nous questionne

Aujourd’hui, l’antisémitisme trouve un foyer de propagation au sein de nébuleuses d’extrême droite, qui gagnent du terrain dans plusieurs pays européens. Mauro Mancini, réalisateur italien, s’est penché sur les les effets de ces mouvements antisémites dans son film Non odiare (Ne pas haïr). Le film raconte l’histoire d’un chirurgien juif, Simone, qui est témoin d’un accident de la route : il court porter secours à la victime, mais devant les croix gammées tatouées sur la poitrine du blessé il se paralyse. Où s’arrête son véritable devoir de médecin face à un tel signe de haine envers sa réligion ? L’homme meurt, mais Simone tente de s’approcher de Marcello, le fils du défunt, embrigadé dans un groupe néonazi. Les deux personnages apprennent, par des chemins différents, à dépasser leurs différences personnelles et à ne pas haïr, comme Mauro Mancini le raconte: “Le concept à la base du film est justement d’essayer de se mettre à la place de l’autre pour tenter de comprendre et de gommer les différences, même celles au niveau des idées. Elles sont souvent dûes à un préjugé. On n’a pas forcément conscience de ce que l’on pense.”

Le cinéma comme outil de réflexion

Le but du réalisateur était surtout d’inviter à la réflexion face aux épisodes de haine et de discrimination qui se produisent au quotidien dans nos sociétés. En effet, l’épisode même à la base du film s’inspire d’ un fait divers qui s’est réellement produit à Paderborn (Allemagne): “Ces épisodes se produisent réellement et nous devons veiller à ce qu’ils ne se reproduisent plus. Qu’est qu’on peut faire, nous ? Moi, j’ai essayé d’exprimer mon opinion à travers ce film. Je ne sais pas à quel point une œuvre peut changer le cours des choses, mais c’est sûr que ce film ne se veut pas indifférent, donc c’est un premier pas. Ceux qui le regardent peuvent se poser des questions, et ceci est un point de départ, le même auquel les personnages arrivent à la fin du film.

Non odiare a remporté le prix du public au festival Univerciné italien de Nantes, signe que ces questionnements sont toujours d’actualité. Le film de Mancini est un outil de réflexion sur les problèmes du monde d’aujourd’hui, et montre que les œuvres culturelles sont les meilleurs moyens pour éduquer et  lutter contre toute forme de haine religieuse et raciale.


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