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Aujourd’hui en Europe – Jeudi 3 février

Écrit par sur 3 février 2022

L’essentiel de l’actualité européenne du jour :

  • Proposition de la Commission européenne pour atteindre la neutralité climatique d’ici à 2050
  • État de la liberté de la presse en Europe
  • Irlande : plusieurs milliers de sans-papiers régularisés

Proposition de la Commission européenne pour atteindre la neutralité climatique d’ici à 2050

Commençons ce journal en nous intéressant  à la dernière proposition de la Commission européenne pour atteindre la neutralité climatique d’ici à 2050. Le 2 février dernier l’exécutif européen a publié un acte relatif à la taxonomie de l’Union européenne. A quoi correspond une taxonomie ? 

La taxonomie européenne est la liste des activités industrielles et énergétiques que Bruxelles considère comme vertueuses ou neutres pour le climat. Concrètement c’est une classification des énergies qui ne contribuent pas à l’aggravation du réchauffement climatique. Dans ce cadre, la Commission européenne a identifié un seuil d’émission de Co2 en deçà duquel une entreprise est considérée comme “verte”. 

À quoi sert concrètement cette classification pour les Etats membres et leurs entreprises ? 

Pour atteindre la neutralité climatique d’ici à 2050, les Etats membres bénéficient d’un volume très important d’investissements. La taxonomie publiée hier par la Commission doit permettre d’aiguiller les fonds versés par les institutions aux activités qui contribuent à un avenir plus respectueux de l’environnement. 

Une classification des énergies qui n’en finit pas de faire débat, notamment vis-à-vis de l’inclusion de l’énergie nucléaire et gazière au sein de cette taxonomie dite “verte”. 

Effectivement, les Etats membres sont profondément divisés sur la question. La France est à la tête d’un groupe réunissant douze autres Etats qui soutiennent fermement l’inclusion de l’énergie nucléaire dans la taxonomie de l’UE. Les Etats d’Europe centrale et orientale font également campagne pour que le gaz fossile soit inclus dans la taxonomie, en tant qu’activité de “transition”. Des demandes que rejettent fermement certains pays comme l’Autriche ou encore l’Allemagne, allant jusqu’à menacer de saisir la Cour de justice européenne à ce sujet. 

Mercredi dernier, la Commission européenne a néanmoins tranché : le gaz et le nucléaire feront partie des énergies privilégiées par l’UE pour avancer vers la neutralité carbone d’ici 2050.  

Tout à fait, malgré les critiques virulentes de certains Etat membres qualifiant la proposition d’”hérésie environnementale”, la Commission a décidé d’inclure le nucléaire et le gaz au sein de sa taxonomie verte. Une décision que déplore un certain nombre de députés européens, dont le néerlandais Bas Eickhout qui voit en ce texte “un gros coup porté à la crédibilité de l’UE en tant que leader climatique”. Au cours des prochaines semaines, les Verts espèrent trouver une majorité au Parlement européen afin de bloquer le texte. 

État de la liberté de la presse en Europe

Continuons en évoquant l’état de la liberté de la presse en Europe. Mardi dernier, des militants pour la liberté de la presse ont remis une pétition à la Commission européenne pour réclamer une protection forte et uniforme dans l’UE contre les poursuites judiciaires abusives visant les journalistes et les militants. 

Oui, cette pétition signée par plus de 200 000 personnes a été remise à Vera Jourová, la Commissaire européenne chargée des valeurs et de la transparence. Elle a d’ailleurs reconnu le caractère inquiétant de ces poursuites en pleine recrudescence au sein des Etats membres. La commissaire européenne s’était déjà exprimée à ce sujet en octobre dernier, affirmant que “le journalisme [était] devenu un métier dangereux” en Europe. 

À ce titre, un projet de texte visant à lutter contre ces pratiques abusives doit être présenté dans les prochains mois.  

Effectivement, Vera Jourová a indiqué que cette proposition devrait être présentée le 27 avril prochain. Un texte qui devrait comporter une législation visant à compliquer l’instruction de poursuites judiciaires transnationales à l’encontre des journalistes.  Des mesures financières sont également prévues afin de mieux former les juges et les sensibiliser davantage à ces  procédures dont le but est de faire taire journalistes et lanceurs d’alerte. En outre, une aide financière pour la défense des journalistes indépendants ou travaillant pour des petites structures est également envisagée par la Commissaire. 

En effet, l’indépendance des journalistes est de plus en plus compromise au sein de certains États membres.  

Tout à fait, la coalition contre les SLAPPs (NDLR : Strategic Lawsuit Against Public Participation), ces poursuites judiciaires abusives, regroupant notamment Reporters sans Frontières et la FIDH, a recensé 539 poursuites de ce type dans 31 pays d’Europe. Une situation qui n’est pas prête de s’arranger. En Bulgarie par exemple, une proposition visant à criminaliser l’activité des journalistes a vivement été critiquée par l’Association des journalistes européens. En Grèce également, le déclin de la liberté de la presse est surveillé de près par la Commission européenne, qui pourrait envisager des sanctions financières sans amélioration significative concernant l’indépendance de la presse. 

Irlande : plusieurs milliers de sans-papiers régularisés

Terminons ce journal en nous tournant vers l’Irlande. Le pays veut régulariser la situation de plusieurs milliers de sans-papiers qui vivent dans l’illégalité depuis plus de quatre ans sur le territoire. Une décision saluée par les organisations de défense des sans-papiers. 

Ce programme d’amnistie proposé par le gouvernement irlandais a été lancé lundi dernier dans le but de régulariser jusqu’à 17 000 personnes vivant aujourd’hui sans papiers sur le sol irlandais. Un programme “unique en son genre” selon la ministre de la justice Helen McEntee et qui devrait permettre d’améliorer la vie de milliers de personnes à travers le pays et mettre fin à l’exploitation des travailleurs qui contribuent activement à la vie de la société et au dynamisme de l’économie irlandaise. Le programme est ouvert à tous les adultes résidant depuis plus de quatre ans sur le sol irlandais et se poursuivra jusqu’en juin. Les candidats retenus seront en mesure de travailler en Irlande et pourront même entamer un parcours vers la citoyenneté irlandaise.

Une annonce du gouvernement irlandais qui n’est pas entièrement désintéressée. 

Effectivement, la régularisation de 14 000 travailleurs bénéficiera directement à l’Etat d’après la ministre Helen McEntee. Des bénéfices sous formes de rentrées fiscales et de cotisations sociales, à mesure que la situation des travailleurs sans papiers sera régularisée. Néanmoins, si le programme est salué par les associations et qu’une grande partie des Irlandais y sont favorables, il reste une crainte : que les frais de dossiers, de 550€ par personne, ne s’avèrent hors d’atteinte pour les plus démunis.

Juliane Barboni – Thomas Kox

Photo de Markus Distelrath provenant de Pexels

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