Toutes les semaines, Stéphanie Taupin et Fabien Hée vous emmènent à la découverte de l'Europe... et plus si affinité ! Les cofondateurs de l'agence Les Éclaireurs Du Voyage ramènent de leurs repérages sur le terrain, souvenirs de rencontres, trouvailles insolites et conseils pour vos prochains voyages. Un regard parfois amusé, toujours sincère, sur ces destinations qui nous entourent et nous en font voir de toutes les couleurs.
Fabien Hée, vous êtes cofondateur de l’agence Les Éclaireurs du Voyage, et aujourd’hui, vous nous emmenez… sur les routes d’Europe, à la découverte d’un tournant majeur dans l’histoire du voyage !
Exactement Laurence. Retour sur un moment clé : le 26 mars 1995, avec l’entrée en vigueur des Accords de Schengen. Ce jour-là, les frontières s’ouvrent entre cinq pays : l’Allemagne, la Belgique, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas. Une révolution silencieuse qui a profondément transformé notre manière de voyager.
Fabien, racontez-nous, en quoi cet événement a changé la donne ?
Avant Schengen, voyager en Europe signifiait multiplier les contrôles : passeports, files d’attente aux frontières, parfois même des visas. Avec Schengen, tout change. On passe d’une Europe fragmentée à un espace fluide, où l’on circule presque comme à l’intérieur d’un seul pays. C’est une nouvelle vision du déplacement qui naît : plus simple, plus spontanée, plus libre.
Mais concrètement, qu’est-ce que cela a changé pour les voyageurs ?
C’est une véritable révolution du quotidien. On peut partir sur un coup de tête, traverser plusieurs pays sans même s’en rendre compte. Plus besoin de s’arrêter à chaque frontière, plus de formalités lourdes. Cette facilité a rendu le voyage beaucoup plus accessible et naturel. Elle a aussi favorisé le tourisme, les échanges, et même les déplacements professionnels.
Au-delà de l’aspect pratique, est-ce que cela a eu un impact plus profond ?
Oui, et c’est sans doute le plus important. Schengen a rapproché les peuples. En supprimant les frontières visibles, on a aussi atténué les distances culturelles. Voyager est devenu une expérience plus fluide, presque insouciante. On découvre une Europe ouverte, où les cultures se rencontrent sans barrières. Cela a profondément changé notre rapport au voyage : on ne “passe” plus une frontière, on la traverse sans y penser.
Aujourd’hui, où en est cet espace Schengen ?
Il s’est considérablement étendu. On compte désormais 29 États membres, ce qui en fait l’un des plus grands espaces de libre circulation au monde. Cela permet de relier des capitales, des régions, des paysages très différents, sans rupture. C’est une continuité géographique et culturelle unique.
Et si l’on voyage aujourd’hui en Europe, qu’est-ce que cela permet de vivre ?
On vit une liberté rare, surtout à l’heure actuelle, c’est peu dire. On peut petit-déjeuner à Paris, déjeuner à Bruxelles et dîner à Amsterdam sans contrainte administrative. Cette fluidité change tout : elle encourage les road trips, les escapades de dernière minute, les voyages multi-destinations. Elle donne aussi une impression d’unité européenne très concrète.
Est-ce que l’on mesure vraiment cette chance aujourd’hui ?
Pas toujours. Cette facilité est devenue une évidence, alors qu’elle est le fruit d’une construction politique et historique majeure. Schengen a transformé le voyage en Europe en une expérience simple, presque naturelle. C’est une liberté précieuse, qui a redéfini notre manière de découvrir le monde… conservons la précieusement.
Merci Fabien, je rappelle que vous êtes cofondateur de l’agence Les Éclaireurs du Voyage.
Merci Laurence, et à la semaine prochaine.
Un entretien réalisé par Laurence Aubron.