Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 15 avril 2026

Le président Volodymyr Zelensky en rencontre avec le chancelier allemand Friedrich Merz, Avril 2026. Source : Site Officiel du président de l’Ukraine Aujourd'hui en Europe - 15 avril 2026
Le président Volodymyr Zelensky en rencontre avec le chancelier allemand Friedrich Merz, Avril 2026. Source : Site Officiel du président de l’Ukraine

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Salomé Moinet, Mathilde Boht, Nicolas Le Guily, Manon Gendreau, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.

Au programme: 

  • Ukraine : Zelensky en visite à Berlin pour promouvoir un système de défense aérienne européen
  • Israël : l’Espagne et l’Italie remettent en cause l’accord d’association avec Tel Aviv
  • Italie : la participation russe à la Biennale de Venise provoque des tensions

Bonjour à tous et à toutes, on ouvre ce journal à Berlin, où Volodymyr Zelensky s’est rendu hier pour discuter d’un système de défense aérienne commun à toute l’UE.

Reçu ce mardi à Berlin par le chancelier Friedrich Merz, Volodymyr Zelensky est venu défendre le système de sécurité ukrainien. Un modèle qui, selon lui, pourrait aussi servir une Union européenne menacée par Moscou. Les deux pays ont signé un accord de coopération militaire et travaillent à un autre accord sur les drones. Le président ukrainien s’est ensuite rendu en Norvège. 

Ce partenariat entre Berlin et Kyiv repose avant tout sur des intérêts communs.

Oui, l’Allemagne fait partie des principaux soutiens financiers de l’Ukraine. Depuis 2022, elle a mobilisé plus de 100 milliards d’euros. Une partie de ces fonds a notamment soutenu le développement des technologies de défense ukrainiennes, surtout dans le domaine des drones. Un savoir-faire qui intéresse aussi Berlin, au moment où l’Allemagne cherche à reconstruire son armée après des décennies de sous-investissement. Selon Volodymyr Zelensky, cette expertise pourrait renforcer les systèmes de sécurité européens face à une éventuelle agression russe ou à un désengagement américain.

Cette coopération permet aussi aux deux pays de resserrer leurs liens, après la polémique provoquée en mars suite aux propos du patron du géant allemand de l’armement Rheinmetall.

En effet, il y a quelques semaines, le PDG de Rheinmetall a minimisé la production de drones en Ukraine en la comparant à, je cite, “un travail de ménagères”, alors que l’Ukraine parvient à tenir tête à la Russie depuis plus de 4 ans. Ces propos avaient immédiatement suscité une vague d’indignation à Kyiv, qui avait rappelé avoir produit plus de quatre millions de drones en 2025. Pour soutenir l’effort de guerre ukrainien, l’Allemagne appelle aujourd’hui au déblocage du prêt européen de 90 milliards d’euros qui doit l’aider à financer la guerre. Un déblocage qui devrait intervenir rapidement après la défaite de Viktor Orban aux récentes législatives hongroises.

Pour l’Ukraine, il est nécessaire de continuer à renforcer sa coopération avec les états de l’UE, alors que les attaques persistent, la Russie ayant violé plus de 460 fois la trêve pascale.

En effet, à l’occasion de la Pâque orthodoxe, les deux pays s’étaient difficilement mis d’accord sur une trêve de samedi à dimanche soir. Mais sur ces quelque 32 heures de pause, la Russie aurait attaqué l’Ukraine à plus de 460 reprises. Selon le ministère de la défense ukrainien, plus d’un million trois cent mille Russes sont morts ou blessés depuis le début du conflit, contre 60 000 victimes ukrainiennes selon l’ONU. Rappelons que le conflit est par ailleurs à l’origine de la plus grande crise de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale.

Toujours en lien avec le conflit en Ukraine, un nouveau rapport de l’ONG Greenpeace, publié hier, alerte sur les risques de bombardements russes sur le site de Tchernobyl.

À l’approche du 40e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, Greenpeace alerte sur les conséquences sanitaires d’éventuelles frappes russes contre l’enveloppe externe du réacteur 4. C’est elle qui protège les installations endommagées en 1986. Déjà perforée par un drone en février 2025, cette structure contient en son sein plus de 4 tonnes de poussière radioactive. Greenpeace prévient qu’un nouvel impact à proximité pourrait la fragiliser. Et si elle cédait, des particules radioactives pourraient être massivement rejetées dans l’environnement.

On continue ce journal en Espagne, où le Premier ministre Pedro Sanchez a de nouveau appelé l’Union européenne à suspendre son accord d’association avec Israël.

Oui, Pedro Sánchez a de nouveau critiqué les offensives israéliennes au Liban. Lors du European Pulse Forum, mardi à Barcelone, il a dénoncé une violation “flagrante du droit international” par Tel-Aviv.  Le Premier ministre espagnol a donc remis en cause l’accord d’association avec Israël. Il rappelle que cet accord oblige les parties à respecter les droits humains, ce que Tel-Aviv “bafoue et viole”, selon lui.

En plus de l’Espagne, l’Italie a également annoncé suspendre le renouvellement automatique de l’accord de coopération en matière de défense avec Israël.

Oui, c’est ce qu’a déclaré Giorgia Meloni ce mardi, dans un contexte de nette dégradation des relations entre Rome et Tel-Aviv. Alors que le gouvernement de Meloni a pendant longtemps été l’un des soutiens les plus affirmés d’Israël, de vives critiques ont été formulées ces dernières semaines contre les attaques israéliennes au Liban, qui ont fait des centaines de morts et des milliers de blessés. Cette annonce intervient aussi après une attaque de l’armée israélienne contre des troupes italiennes déployées au Liban sous mandat de l’ONU. L’incident n’a pas fait de victimes, mais un véhicule a été endommagé. Pour l’instant, au niveau des États, seules l’Espagne et l’Italie se sont prononcées pour une suspension de cet accord. Mais de son côté, l’initiative citoyenne européenne qui en demande la suspension a franchi, ce mardi, le cap du million de signatures.

Et au sujet des conflits au Moyen-Orient, la France et le Royaume-Uni ont quant à eux annoncé l’organisation ce vendredi d’une visioconférence sur le détroit d’Ormuz.

Oui, cette visioconférence, co-organisée par Keir Starmer et Emmanuel Macron, doit porter sur une éventuelle mission navale “purement défensive” pour “restaurer la liberté de navigation” dans le détroit d’Ormuz. Un porte-parole du 10 Downing Street a confirmé la tenue de ce sommet, en vue d’un plan “coordonné” pour préserver le trafic mondial, je cite, “quand le conflit sera terminé”. Les États-Unis ne seront pas conviés à cette discussion, qui réunira seulement les “pays non belligérants”.

Et on clôture ce journal en Italie, où la réouverture du pavillon russe à la Biennale de Venise fait réagir Bruxelles. La Commission européenne menace de suspendre un financement européen de 2 millions d’euros à l’événement.

Oui, la participation de la Russie à la Biennale de Venise 2026, qui doit ouvrir en mai, suscite une vive polémique et des tensions avec Bruxelles. Le porte-parole de la Commission, Thomas Regnier, a fortement condamné cette décision, affirmant, je cite, que “la culture en Europe doit promouvoir des valeurs démocratiques” comme le “dialogue ouvert, la diversité et la liberté d’expression”, valeurs que la Russie “ne respecte pas”.

Une question qui divise également au sein même du gouvernement italien.

Oui, ces tensions traversent même l’équipe de Giorgia Meloni. Tout d’abord, même s’il n'a pas remis en cause l’autonomie artistique de la Biennale, le ministre de la Culture Alessandro Giuli a exprimé sa désapprobation en se rendant dans la ville ukrainienne de Lviv. Le vice-Premier ministre Matteo Salvini s’est quant à lui fortement opposé à la ligne de la Commission, dénonçant un “vulgaire chantage” des institutions européennes. 

Un journal de Salomé Moinet et Nicolas Le Guily.