Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 24 mars 2026

Légende: Le Premier ministre britannique Keir Starmer durant une déclaration sur la situation au Moyen-Orient, au 10 Downing Street, le 28 février 2026. Source : Flickr / Simon Dawson / No 10 Downing Street Aujourd'hui en Europe - 24 mars 2026
Légende: Le Premier ministre britannique Keir Starmer durant une déclaration sur la situation au Moyen-Orient, au 10 Downing Street, le 28 février 2026. Source : Flickr / Simon Dawson / No 10 Downing Street

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Salomé Moinet, Mathilde Boht, Lucas Savino, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.

Au programme: 

  • Guerre dans le Golfe: entre ultimatum de de Donald Trump et appels du Royaume-Uni à la désescalade
  • Le traité entre l’UE et les pays du Mercosur devrait entrer en vigueur à partir du premier mai
  • La justice espagnole ordonne à Airbnb de payer une amende de 64 millions d’euros et refuse de suspendre la sanction 

Bonjour à toutes et à tous, aujourd’hui encore, nous ouvrons ce journal au Moyen-Orient, où les frappes continuent de s’intensifier dans toute la région en cette quatrième semaine de guerre.

Bonjour Giona, hier, le gouvernement israléien a poursuivi ses attaques contre l’Iran et a lancé une nouvelle série de frappes aériennes contre les infrastructures du Hezbollah au Liban, tandis que l’organisation terroriste revendique quant à elle avoir ciblé des soldats israéliens. Le nombre de morts s'élève pour l’instant à plus d’un millier en Iran et des centaines au Liban. 

Mais Téhéran continue de riposter par des tirs de missiles et de drones. 

Oui, l’Iran a visé Tel-Aviv, ainsi que le sud du pays, où plus de 300 personnes ont dû être hospitalisées ce week-end, mais aussi à Bahreïn, aux Émirats Arabes Unis et en Arabie Saoudite. Selon l’agence de presse iranienne Fars, le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique aurait aussi mené des attaques en Irak. 

Parallèlement, Donald Trump a annoncé, ce lundi, avoir eu des discussions très productives avec des responsables iraniens et, entre différentes annonces contradictoires, il a dit vouloir allonger de cinq jours son ultimatum concernant le détroit d’Ormuz. 

En effet, c’est un changement de ton manifeste auquel le président américain nous a depuis longtemps déjà habitué. Alors qu’il avait menacé il y a quelques jours le gouvernement iraniens de frappes massives contre le pays si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert rapidement, il a annoncé hier un nouveau délai de cinq jours afin de privilégier le dialogue, en mentionnant sur son réseau Truth Social d’apparentes négociations tenues hier entre Washington et Téhéran, sur une éventuelle cessation des hostilités.

Un échange évoqué par Donald Trump mais cependant démenti par le gouvernement iranien.

Oui, le ministère iranien des Affaires étrangères a rapidement réfuté l’annonce de Donald Trump, en précisant n’avoir parlé qu’avec des alliés et non directement avec les Etats-Unis. Alors que plusieurs médias estiment que c’était le but principal des ses déclarations, les déclarations de Donald Trump ont déjà fait chuter de 10% le prix du baril de pétrole selon Bloomberg, alors que celui-ci avait explosé depuis le début de la guerre.

Pendant ce temps, à Londres, la tension monte dans les médias après qu’un missile iranien a visé vendredi la base britannique de Diego Garcia dans l’océan Indien.

Même si aucun des deux missiles ne l’a finalement atteint, le quotidien britannique The Guardian note que cette attaque était la plus longue portée menée par l’Iran depuis le début de la guerre. Le premier ministre Keir Starmer s’est exprimé ce lundi en indiquant qu’il n’y avait aucune menace directe pour le pays. En tout cas, selon Politico et la BBC, ce conflit serait paradoxalement une aubaine pour le chef du gouvernement britannique: alors que le conflit dans le Golfe détourne l’attention des tensions internes, sa position dans le pays se voit temporairement renforcée. 

On continue ce journal à Bruxelles, où l’accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur doit commencer à s’appliquer dès le 1er mai. Mais cette mise en œuvre provisoire passe mal : la Commission a choisi d’avancer malgré les oppositions politiques et le recours désormais engagé devant la justice européenne.

Oui, et c’est bien cela qui cristallise aujourd’hui les critiques. Car cet accord, négocié pendant plus de vingt-cinq ans avec l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay, avait déjà été fortement freiné en décembre par la mobilisation des agriculteurs et des ONG environnementales. Puis, en janvier, le Parlement européen a voté le renvoi du texte devant la Cour de justice de l’Union européenne, une procédure qui pourrait prendre jusqu’à deux ans. Malgré cela, l’exécutif européen a décidé d’aller de l’avant, sans attendre le feu vert de la Cour, ni un vote préalable du Parlement sur l’application du volet commercial. Concrètement, l’application de l’accord doit donc commencer en mai, et ne sera interrompue que si la justice européenne venait ensuite à désavouer cette stratégie.

Pourquoi cette méthode provoque-t-elle autant de réactions ? 

Parce qu’aux yeux des opposants, Bruxelles donne ici l’impression de forcer le passage sur un texte qui reste politiquement explosif. Les critiques portent toujours sur le fond : l’arrivée de produits agricoles sud-américains, notamment le bœuf, le sucre ou la volaille, avec des standards jugés parfois moins protecteurs pour les producteurs européens, mais aussi pour les consommateurs et l’environnement. Mais désormais, c’est aussi la méthode qui est attaquée : en avançant ainsi, la Commission est accusée de court-circuiter le débat démocratique européen.

Et la France est en première ligne sur ce dossier. 

Oui Emmanuel Macron a qualifié cette décision de “mauvaise surprise”, tandis que la France et la Pologne figurent parmi les pays les plus mobilisés pour freiner, corriger ou encadrer davantage l’accord. 

On termine ce journal en Espagne, où la justice a infligé un nouveau revers à la plateforme de location touristique Airbnb. Le Tribunal supérieur de justice de Madrid a refusé de suspendre la sanction de 64 millions d’euros imposée à la plateforme par le ministère espagnol de la Consommation. Résultat : Airbnb devra payer l’amende, même si son recours sur le fond continue.

Oui, et cette sanction remonte à décembre 2025. Les autorités espagnoles reprochent à Airbnb d’avoir diffusé des annonces de logements touristiques sans licence, avec parfois des numéros d’enregistrement faux ou inexacts, mais aussi d’avoir manqué de transparence sur la nature réelle de certains hôtes. Au total, plus de 65 000 annonces irrégulières ont été identifiées.

Pourquoi cette décision est-elle importante ? 

Parce qu’elle s’inscrit dans le durcissement engagé par le gouvernement espagnol contre les locations touristiques, accusées d’aggraver la crise du logement dans plusieurs grandes villes du pays.

En refusant de geler la sanction, la justice envoie donc un signal clair : les grandes plateformes numériques ne pourront pas facilement échapper aux mesures prises par l’Etat.

Airbnb peut encore déposer un recours devant le même tribunal. Mais à ce stade, la plateforme doit payer l’amende, en attendant que la procédure se poursuive sur le fond.

Un journal de Giona Melotto et Salomé Moinet