Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - Lundi 28 Novembre 2022

 Aujourd'hui en Europe - Lundi 28 Novembre 2022

Aujourd'hui en Europe est un format quotidien regroupant les actualités européennes du jour, présenté par Raphaël Ligot, Félix Doladille et Laura Léger.

Au programme de cet épisode : 

- Enquête Europol et arrestation de membres de la mafia

- Allemagne : plan de sauvetage du géant gazier Uniper 

- État d'urgence dans la baie de Naples

- Mort du ministre des affaires étrangères belarusse 

Bonjour à tous et à toutes, bonjour Laura. Ouvrons ce journal en nous intéressant au coup de filet sans précédent qui vient de toucher l’une des plus grandes mafias d’Europe. Une opération impliquant 11 polices européennes sous la coordination d’Europol.

Bonjour Félix, oui l’opération qui visait les milieux de la drogue s’est déroulée la semaine dernière, selon la communication d’Europol. Le 22 novembre, les  94 perquisitions exécutées partout en Europe ont donné lieu à plus de 44 arrestations. Cette opération visait à la fois les dirigeants de ces organisations criminelles ainsi que leurs associés. Le réseau criminel opérait principalement en Europe, notamment en Lituanie, en Lettonie, en Pologne, en France et en Allemagne.

Les enquêteurs comparent ces mafias à des entreprises internationales.

«L'ampleur du trafic de drogue attribué au réseau est immense, avec des activités signalées sur trois continents», ont indiqué Europol et Eurojust au terme de cette opération. Le réseau criminel était structuré comme une entreprise, avec différents groupes criminels et courtiers collaborant de manière transfrontalière pour contrôler toute la chaîne du trafic de drogue. Plus de 10 pays européens ont été concernés par les arrestations, dont 18 rien qu’en France et en Tchéquie. 

Et c’est la coopération internationale orchestrée par Europol et Eurojust qui a été essentielle pour permettre l’arrestation des auteurs de ces crimes. 

Oui, cette nouvelle vague d’arrestations dans le milieu de la mafia est une nouvelle conséquence du décryptage de la messagerie Sky ECC en 2021 par les polices françaises, belges et néerlandaises, qui a permis de récupérer des milliers de données sur les organisations criminelles en Europe. Pour cette enquête, une task force opérationnelle a été mise en place chez Europol. L’agence a fourni un traitement et une analyse continus des renseignements qui ont permis de dresser une cartographie de leurs activités criminelles. De son côté, Eurojust a créé et financé deux équipes d'enquête qui ont servi de centre commun de renseignements criminels. Elle a organisé 15 réunions de coordination pour préparer la journée d'action et mis en place un centre de coordination pour fournir une assistance judiciaire.

Continuons ce journal, en nous tournant du côté de Berlin où le gouvernement social-démocrate d’Olaf Scholz a récemment finalisé le plan de sauvetage colossal du géant gazier Uniper mis en difficulté par la crise actuelle.

Les conséquences économiques de la guerre en Ukraine se font ressentir partout en Europe, et le géant gazier allemand est particulièrement impacté par cette situation. Uniper, principal client du russe Gazprom, s’est vite retrouvé pris en étau entre les contrats de long terme avec ses clients et l’obligation de s’approvisionner à prix d’or sur les marchés mondiaux avec la suspension de l'approvisionnement en gaz russe. On estime que l’entreprise a perdu près de 40 milliards d’euros depuis le début de l’année. 

Les grandes difficultés d’Uniper mettent en danger la sécurité énergétique allemande. 

En effet Félix, la bonne santé d’Uniper est essentielle à l’économie allemande. L’entreprise est responsable de 40% de l'approvisionnement en gaz de l'Allemagne. Et avant la guerre en Ukraine plus de 50% de son gaz provenait d’exploitations gazières Sibériennes. Berlin avait déjà volé à son secours fin juillet en rachetant 30 % du capital du groupe, en plus d'un prêts s'élevant à 13 milliards d'euros. 

Le gouvernement avait dès septembre annoncé un plan de nationalisation à hauteur de 30 milliards d’euros, mais cela semble aujourd’hui insuffisant.

Oui, ce plan prévoyait, entre autres, une nationalisation du fournisseur d'énergie à hauteur de 8 milliards d'euros, mais cela "ne suffira pas à stabiliser Uniper", craint le géant gazier. "Une nouvelle augmentation de capital jusqu'à 25 milliards d'euros sera autorisée, avec l'émission de nouvelles actions", dont la souscription sera "exclusivement réservée à l'État", a précisé le groupe dans un communiqué. Le gouvernement d’Olaf Scholz a donc décidé de racheter 99% des parts du groupe.  Le plan de sauvetage doit être voté par l'assemblée générale du groupe, le 19 décembre. Peu de suspense quant au résultat : l'actionnaire majoritaire, le finlandais Fortum, y est favorable. 

Tout autre sujet, déplaçons du côté de l’Italie plus précisément dans la baie de Naples où l’état d’urgence a été déclaré. 

Le 26 novembre, la petite ville de Casamicciola Terme sur l'Ile d’Ischia a été touchée par un terrible glissement de terrain, causant la mort de 4 personnes. Le bilan officiel est toujours attendu puisqu’une dizaine de personnes sont portées disparues. Sur les lieux de l'accident, les deux cents membres de la protection civile et des forces de l'ordre poursuivent les recherches des disparus. Pendant que des centaines de volontaires, plongés dans la boue, s'affairent à nettoyer les rues de la petite ville comptant 8000 habitants. 

Un glissement de terrain provoqué par une urbanisation croissante ainsi qu’une absence d’entretien et de prévention. 

Oui selon l'Institut de recherche pour la protection géo-hydrologique qui s’est prononcée dans la presse italienne, l’urbanisation croissante de l’ile pour répondre à l’afflux de touristes favorise ce genre de drame. L’état italien qui a annoncé une enveloppe d’urgence de 2 millions d’euros pour faire face à la situation, devrait selon l’institut, prendre plus en considération les dangers de l’urbanisation sauvage de certains milieux naturels. 

Terminons le journal en revenant sur la mort mystérieuse ce samedi 26 novembre du ministre des Affaires étrangères biélorusse, Vladimir Makei.

Oui l’homme âgé de 64 ans, ministre des affaires étrangères depuis plus de 10 ans, était l’un des personnages les plus influents du pays, au point d'être désigné comme l’un des potentiels successeurs de Loukachenko. Selon le ministre de l’Intérieur Ukrainien c’est précisément cela qui aurait accéléré sa disparition.

Vladimir Makei avait été l'un des artisans des démarches visant à améliorer les relations du Belarus avec l'Occident et s'était montré critique à l'égard de la Russie.

Tout à fait, selon Arnaud Dubien, directeur de l'Observatoire franco-russe le Kremlin voyait en lui un opposant à l'alignement [bélarus] sur Moscou». Néanmoins Vladimir Makei a largement revu sa copie lors des manifestations contre le pouvoir qui ont secoué le Belarus en 2021. Il a même été placé par l’UE sur la liste des responsables biélorusses interdits d’entrée dans l’UE, après la répression violente, à Minsk.

Néanmoins le ministre des Affaires étrangères a toujours soutenu la Russie sur la scène internationale.

Oui en septembre, lors d’un sommet de l’ONU, il a tenu à rappeler que le Belarus n’était pas l’investigateur de la guerre. Avant d’ajouter que son pays avait des engagements à tenir envers leurs plus proches alliés. 

Merci Laura et merci à tous pour votre attention.