Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - Mardi 29 Novembre 2022

 Aujourd'hui en Europe - Mardi 29 Novembre 2022

Aujourd'hui en Europe est un format quotidien regroupant les actualités européennes du jour, présenté par Raphaël Ligot, Félix Doladille et Laura Léger.

Au programme de cet épisode : 

- Plan européen sur la migration

- Tension Allemagne-Pologne

- Préoccupation des autorités européennes face aux contournements des sanctions à la Russie

Bonjour à toutes et à tous, bonjour Laura ! Commençons ce journal en nous intéressant au dernier plan d’action proposé par la commission pour améliorer la réponse de l’UE en matière de migrations. Vendredi dernier, les ministres de l’Intérieur des différents États membres ont adopté, à Bruxelles, un plan articulé autour de 20 mesures. 

Bonjour Raphaël, effectivement, les ministres des 27 se sont réunis ce 25 novembre lors d’une réunion exceptionnelle convoquée à la demande de Paris à la suite du débarquement de l’Ocean viking à Toulon. Plusieurs mesures ont ainsi été actées dont le renforcement de la coopération avec des pays nord-africains pour prévenir les départs et faciliter les renvois de migrants en situation irrégulière ou l’amélioration de la coordination entre États et les ONG présentes en mer. Un plan placé sous le signe de la coopération, donc, et qui vise à prévenir de nouvelles tensions entre les pays européens les plus concernés par les arrivées de migrants. Pour rappel, quelque 85 000 passages et 1800 noyades ont été rapportées en mer Méditerranée depuis le début de l’année.

Et en attendant l’entrée en application de ce plan, l'objectif est de mettre en place certaines mesures déjà existantes. 

Exactement, et l’idée principale est de relancer le mécanisme temporaire de solidarité européenne, un mécanisme initié par la France en juin dernier lors de sa présidence du Conseil de l’UE. Douze pays, dont la France et l’Allemagne, s’étaient alors engagés de façon volontaire, à accueillir 8000 demandeurs d’asiles arrivés dans les pays méditerranéens tels que l’Italie ou la Grèce. Une mesure aujourd’hui en suspens.

Au-delà de la Méditerranée centrale, c’est aussi une autre route migratoire, celle des Balkans, qui pousse les États européens à inscrire la migration à l’agenda politique de l’UE. 

Oui, La route des Balkans, qui passe par la Macédoine du Nord, la Serbie, l’Albanie ou la Bosnie Herzégovine, est la voie la plus empruntée pour accéder aux pays de l’Union. Depuis le 1er janvier 2022, on y  a dénombré presque 130 000 passages irréguliers de frontières, deux fois et demi plus que l’année dernière, un chiffre au plus haut depuis 2016. Pour tenter de juguler cette hausse de la migration, une nouvelle réunion des ministres de l’Intérieur est attendue à Bruxelles le 8 décembre prochain.

Continuons ce journal en nous tournant du côté de l’Allemagne et de la Pologne pour évoquer les relations tendues entre les deux pays.

Oui les relations entre Varsovie et Berlin est tendue depuis l’arrivée au pouvoir à Varsovie du parti conservateur Droit et Justice en 2015. La Pologne n’a eu de cesse depuis lors de pointer la volonté hégémonique de Berlin en Europe.Des relations qui se sont encore tendues ces derniers mois sur fond de guerre en Ukraine. Dans une geste de bonne volonté, après l’explosion d’un missile sur le sol polonais le 15 novembre dernier, Berlin avait proposé de renforcer les défenses aériennes du pays en mettant à disposition des systèmes Patriot allemands, ainsi que des avions de combat Eurofighter. Varsovie a d'abord réagi de façon très positive à la proposition avant de changer sa position et de poliment décliner cette offre, ce qui semble témoigner d’une méfiance persistante dans les relations des deux pays.

Le parti au pouvoir en Pologne accuse l’Allemagne d’avoir adopté une position ambigüe vis à vis de la guerre en Ukraine.

Effectivement, pour Jaroslaw Kaczynski, le leader du PiS, le parti populiste dominant en Pologne, l'engagement allemand dans le conflit ukrainien dénote, je cite, “d’une nature propagandiste". Varsovie reprochant à l’Allemagne de ne pas s’engager assez aux côtés de Kiev et d’avoir trop longtemps eu une position  conciliante vis- à-vis de Moscou. L’ambassadeur allemand à Varsovie, Thomas Bagger, a récemment expliqué son incompréhension face à l’attitude de Varsovie et le refus de celle-ci d’accepter l’offre de protection allemande : "L'Allemagne a présenté cette offre à la Pologne en toute bonne foi, en tant qu'allié engagé”” s’est-il défendu.

L’opposition voient dans ce revirement une stratégie de jouer la carte de l’antigermanisme, une des cartes du parti au pouvoir polonais pour remporter les élections législatives de 2023.

Oui, l’opposition polonaise parle même d’une “obsession anti allemande" du président du parti au pouvoir conservateur Jaroslaw Kaczynski qui fait passer au second plan la sécurité du pays au profit de ses succès électoraux. Pour l’ancien ministre de la défense, “il est scandaleux qu’en temps de guerre la sécurité du pays et ses intérêts vitaux soient sacrifiés sur l’autel d’une logistique électoraliste". 

Terminons ce tour de l’actualité en évoquant la préoccupation des autorités européennes face aux nombreuses tentatives de contournement des sanctions décidés à l’encontre de la Russie.

Oui Raphaël, rappelons que l’Union a imposé de très lourdes sanctions à la Russie depuis l'invasion  de l’Ukraine par le Kremlin. Des sanctions qui visent notamment de très larges pans de ses activités économique et diplomatique. Les autorités de l’Union s’inquiètent depuis plusieurs mois de la capacité de Moscou à contourner ces sanctions grâce notamment à la bienveillance de certains pays tiers. La Turquie est ainsi accusée par l’Union de ne pas jouer le jeu de ces sanctions voire même d’en profiter en augmentant le volume de ses échanges avec Moscou ou en revendant du pétrole russe à l’Europe.

Et que vient de décider l’Union pour tenter de limiter l’impact de ces contournements ?

Pour l’instant ce n’est qu’une décision de principe mais les autorités bruxelloises devraient prochainement décider d’infliger des sanctions pénales aux pays qui contournent les sanctions. Bruxelles doit encore décider des mesures concrètes prises contre les contrevenants mais le principe en est désormais acté. Reste également à déterminer juridiquement ce qui constitue un contournement des sanctions. Ce qui promet de laborieuses discussions.

Merci Laura et merci à tous pour votre attention !