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Corona-culture #32

Written by on 5 mai 2020

Bien que nous ayons une autre semaine de confinement à venir, aujourd’hui votre Corona Culture vous fait sortir de vos maisons pour voyager à travers le temps, à travers l’Europe et à travers les différents médiums artistiques. 

C’est une façon de parler bien sûr. Parce qu’ici à Euradio, nous n’allons pas vous encourager à enfreindre les règles du confinement, loin de là. Des règles pour vous protéger, vous, vos proches et la société en général. Et les règles, le devoir et la société c’est le thème aujourd’hui de votre corona culture.

Alors commençons par un peu de philosophie…

« L’être humain est, au fond, un animal sauvage et effroyable. Nous le connaissons seulement dompté et apprivoisé par ce que nous appelons la civilisation » disait l’Allemand, l’érudit Schopenhauer.

Un sombre regard sur la nature de l’humanité, où nos désirs, nos instincts les plus élémentaires doivent être maîtrisés afin de ne pas nuire à ceux qui nous entourent. Schopenhauer a été parmi les premiers philosophes du XIXe siècle à affirmer que, dans son essence, l’univers n’est pas un lieu rationnel et que les humains, sans limite imposée, ne le sont pas non plus. 

Un point de vue qu’il paraphrase comme suit: « un homme peut faire ce qu’il veut, mais pas vouloir comme il le veut ».

Arthur Schopenhauer (1788 –1860), une inspiration pour diverses penseurs comme Nietzsche, Freud, et Einstein

Un point de vue que l’on peut retrouver deux siècles plus tard dans les films d’un cinéaste grec oscarisé. Je parle bien sûr de Yorgos Lanthimos, réalisateur de films acclamés tels que La Favorite, Mise à Mort du Cerf Sacré, The Lobster, et Canine

Ce dernier touche à des mondes diversifiés, la cour anglaise du début du XVIIIe siècle, un hôtel dystopien de rencontres, un complexe familial grec…

Par contre un fil conducteur relie ces mondes. Une vision d’une humanité primitive, dominatrice et violente. 

Dans Canine, l’un des premiers films de Lanthimos, trois enfants adultes vivent sous le contrôle sectaire de leurs parents. Ils leurs apprennent à se méfier du monde extérieur et qu’aucun d’entre eux n’est assez âgé pour quitter la maison avant que leurs incisive supérieures, leurs « canines » tombent d’elle même. Désespérée et ne souhaitant qu’une seule chose : s’échapper de cette maison violente et suffocante, la fille aînée s’arrache une dent.

L’affiche de film pour Dogtooth

Son premier film en Anglais, The Lobster, a lieu dans un hôtel de campagne, où les clients se doivent de trouver un partenaire amoureux ou ils seront transformés en un animal de leur choix.

Des films qui mettent en avant la claustrophobie de la civilisation et des luttes presque primaires pour survivre dans ses confins. Tout ceci renforcé par un paysage sonore palpitant.

On pourrait donc qualifier Schopenhauer et Lanthimos comme les grands pessimistes de leurs époques concernant la nature humaine. Et pourtant Schopenhauer a en fait préconisé des moyens – via des formes de conscience artistique, morale et ascétique – pour surmonter une condition humaine remplie de frustration et fondamentalement douloureuse.

Quand a Lanthimos, il n’essaie pas de philosopher. Son travail, affirme-t-il, est simplement le résultat d’une observation.

Olivia Colman dans La Favourite

Ses films ont donc tendance à choquer les téléspectateurs. Certains sont révulsés par sa représentation des relations humaines, tandis que d’autres le considèrent comme un génie capable de mettre en lumière nos côtés les plus sombres. 

En cette dernière semaine de confinement, avant d’être replongé dans le moteur de la société, pourquoi ne pas les regarder et décider par vous-même?


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