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Crowdfunding en royalties: le financement participatif s’ouvre à l’Europe

Written by on 23 novembre 2020

Le financement participatif ou crowdfunding est un outil de collecte de fonds qui permet à un ensemble de contributeurs de cofinancer un projet. Entre 2010 et 2017, environ 48 milliards d’euros ont été levés dans le monde via ce type de financement, dont 16,9 milliards d’euros au sein de l’Union européenne.

Susana Nunes, vous êtes la co-fondatrice de Wedogood, entreprise nantaise de crowdfunding qui a récemment franchi le cap des 100 projets soutenus depuis sa création, en 2014. Comment l’idée de créer Wedogood est-elle née?

L’idée est née en 2013 avec le but de démocratiser l’investissement dans les projets. Ce modèle de financement est très innovant ici en France parce qu’il permet à n’importe quel citoyen de placer de l’argent sur un projet et en échange avoir une pourcentage de revenus générées par le projet pour une durée déterminée. La majorité des projets se trouvent ici en France, mais on commence à avoir des projets qui viennent de l’Espagne, d’Italie et d’autres pays européens.

Il y a plusieurs sortes de financement participatif. Vous êtes engagé dans le financement en royalties. Pourquoi est-il différent?

On va avoir différent types de financement participatifs: le plus commun c’est le financement en don, à travers des plateformes comme Ulule, Kickstarter, etc. Dans le financement en royalties, quand on finance un projet, on va s’intéresser au projets et on gagne de l’argent seulement si le projet gagne de l’argent et donc il crée des communautés autour du projet financé.

Ce type de financement est-il différent des actions d’une entreprise qu’on achète?

On est dans la même famille, mais en royalties on ne va pas rendre le capital, les actions, on va redonner des pourcentages de revenus générées par le projet, donc on commence à recevoir l’argent beaucoup plus tôt.

Ce type de financement implique-t-il tous les citoyens?

Oui, on essaye de mobiliser les citoyens. Le concept est vraiment facile à comprendre et on a vraiment tout le monde: on a pas seulement des gens qui avaient déjà l’habitude de placer de l’argent sur des produits financiers, on a aussi des citoyens qui soutiennent les projets à partir de 10€.

Suivez-vous une catégorie de projets en particulier?

Il y en a pour tous les goûts: on est sur des projets environnementaux, dans les énergies renouvelables, sur l’éducation, les commerce locales, couture, santé, et en particulier sur l’innovation.

Vous avez une politique qui vise à accélérer la transition écologique. Comment la mettez-vous en place?

Sur la plateforme on a l’impact de chaque projet au niveau économique, social et environnemental, et on met en avant tous les projets avec un fort impact environnemental positif, parce qu’il faut des solutions concrètes. On est certifiés B CORP, qui atteste nos engagements et il faut comprendre que les entreprises aujourd’hui jouent un rôle énorme dans la transition écologique.

Selon vous, je cite “La finance est un moteur de changement dont on ne peut se passer et qu’il est temps de la reconnecter à la réalité”. Selon vous la société perçoit-elle la finance et l’économie comme quelque chose de lointain?

On sent que ça est en train de changer par rapport à 2015. Aujourd’hui, et on l’a vu pendant le premier confinement, il y a plus des personnes qui viennent sur la plateforme de manière spontanée pour solidarité et prendre le relai beaucoup plus facilement.

Et comment les gens peuvent-ils participer à cette transition écologique?

En fait la prise de conscience citoyenne c’est une chose très importante, parce que quand on parle de développement durable on va parler de réduction des déchets, d’économie d’énergie, des transports, mais selon le rapport de l’Oxfam qui est sorti récemment, on apprend que l’impact de notre argent sur notre compte bancaire, il est plus important que tout ça. Aujourd’hui grâce à cette prise de conscience, on a des banques qui commencent à se lancer sur des vrais engagements d’impact, pour faire en sorte que l’argent de leurs clients n’est utilisé que sur des projets qui ont un impact positif.

La Covid a-t-elle largement réduit les projets mis en place?

Oui, au début du premier confinement on craignait que tout s’arrête, mais en fait même si les porteurs des projets ont réduit leurs demandes de financement, les contributeurs étaient disponibles à montrer solidarité et à financer les projets qui étaient déjà en cours de financement.

Suivez-vous aussi des projets dans les autres pays membres de l’Union Européenne?

Dans nos objectifs, on a l’ambition de devenir un des acteurs incontournables de financement en royalties en Europe, même si pour l’instant il n’y a pas beaucoup d’acteurs: quelqu’un au Royaume-Uni, et en Allemagne. On est en train de travailler sur internationalisation, à commencer par la traduction en Anglais, après en Italien et Espagnol parce qu’on sent qu’il y aura une vraie dynamique au niveau international.


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