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Questions d’Europe : Margot Medkour

Written by on 2 mars 2020

Dans le cadre des élections municipales nantaises, un nouveau format fait son apparition dans votre journal : “​Questions d’Europe​”. Nous sommes avec Margot Medkour, tête de liste de Nantes en commun. L’occasion pour nous de vous questionner sur votre lien avec l’Europe. Bonjour Madame Medkour.

Première question : quelle figure européenne, historique ou actuelle, vous inspire le plus ?

J’ai choisi de vous parler d’Ivan Illich, qui est une grande inspiration pour moi. Très européen, puisque son père était Croate, sa mère était Juive allemande, il a fui le nazisme en Yougoslavie, il a étudié à Rome. Ivan Illich, c’est l’un des pères fondateurs de l’écologisme. […] Et je pense qu’aujourd’hui, on applique beaucoup les principes d’Ivan Illich à Nantes en commun. C’est-à-dire une recherche d’une autonomie collective, cette idée aussi de voir les limites qu’il faut mettre à certains outils, à certaines technologies.

Quelle avancée européenne vous a le plus marquée ?

Je suis née dans le début des années 90, donc je n’ai fait que montrer ma carte d’identité quand je voulais passer d’un pays à un autre au sein de l’espace Schengen, donc je dirais que la libre circulation des personnes, c’est l’une des plus belles avancées. Mais c’est aussi l’une de celles que l’on doit chérir le plus, puisqu’elle est de plus en plus menacée.

Pouvez-vous me donner un lieu ou un monument nantais qui vous évoque l’Europe ?

J’avoue que celui qui m’évoque l’Europe n’est peut-être pas celui qui évoque les plus belles phases de l’histoire européenne [rires], mais je dirais le Mémorial de l’abolition de l’esclavage. Il nous permet de nous remémorer […] le commerce triangulaire, où l’Europe était à l’initiative et puis aussi de la traite négrière. Et cela nous permet aussi de nous rappeler que Nantes était le premier port négrier de France. Et d’ailleurs, c’est pour cela que l’on a proposé la création d’un musée lié à l’esclavage et la colonisation, pour continuer à se réapproprier ces histoires, nos héritages collectifs.

Quelle place la ville de Nantes doit-elle avoir en Europe selon vous ?

Je pense que Nantes doit être à l’avant-garde d’un modèle alternatif, que nous on appelle ‘l’écologie populaire’ ; c’est-à-dire une écologie qui s’intéresse d’abord aux personnes les plus modestes, et du coup à tout le monde. […] Nantes en commun, c’est un mouvement municipaliste : c’est le fait de reprendre le pouvoir localement et de changer le monde d’abord localement […].

Pouvez-vous me citer une ville européenne qui pourrait être un modèle pour votre futur mandat, si vous êtes élue ?

Nantes devrait faire partie d’un réseau qui s’appelle les ‘Fearless cities’ – les ‘villes sans peur’. Dans ce réseau, il y a Barcelone, […], Bologne, Naples, Grenoble. Et ce mouvement […], c’est un mouvement international pour le municipalisme. Donc c’est cela, reprendre le pouvoir par le bas : que l’on vive dans des villes qui sont faites par et pour les habitants. C’est aussi le fait de redonner de l’espoir dans un contexte européen où l’on est beaucoup sur le repli sur soi, la peur et de plus en plus avec de la haine. Et on en a envie de tendre vers cela, pour inventer le nouveau modèle dont on a besoin ; puisqu’aujourd’hui le modèle de métropolisation et d’urbanisation à outrance, dans le contexte actuel, clairement nous mène dans le mur.

What do you think about learning foreign languages in France?

I think we’re no very very good at learning foreign languages in France […]. Je pense qu’en France, on a un problème avec les langues étrangères, mais c’est certainement dû aussi à notre rapport assez élitiste au français. Et je pense que ce n’est pas sans impact sur notre capacité à étudier des langues étrangères.

Si vous aviez à choisir un artiste musical européen et l’un de ses titres pour accompagner votre campagne, et peut-être le cas échéant votre victoire, de qui s’agirait-il ?

Eh bien de France Gall. Déjà parce que c’est deux noms de pays européens dans un seul nom d’artiste [rires], même s’il y en a un qui a plutôt fait le choix du Brexit. Et c’est en particulier “​Résiste​”, pour dénoncer l’urbanisation à outrance, pour essayer de comprendre et montrer que l’on peut faire autre chose. Et on aime beaucoup ces paroles : ‘Prouve que tu existes’, ‘cherche ton bonheur partout’ et surtout, ‘refuse ce monde égoïste’. “


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