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Comment raconter l’Europe aux enfants ? – L’interview de Pauline Colin

Écrit par sur 24 mars 2021

Comment parler d’Europe aux enfants ?

C’est le défi que s’est lancé Pauline Colin, fondatrice de Mia Europo, le magazine des enfants européens. Elle s’est confiée au micro de Théo Boucart (Jeunes Européens – Strasbourg et Le Taurillon).

Pauline Colin, vous êtes la fondatrice de Mia Europo, qui signifie “Mon Europe” en espéranto et qui fait découvrir l’Europe aux enfants à partir de 8 ans.

Ce projet est parti d’un constat que vous faites : les enfants d’aujourd’hui sont nés dans une Union européenne avec une monnaie commune, des frontières ouvertes et un passeport européen. Mais force est de constater que ce n’est pas une Europe que tout le monde connait et à laquelle tout le monde s’intéresse particulièrement.

Dans chaque numéro, Mia Europo emmène ses lecteurs dans un pays de l’Union européenne, à la découverte d’une région de ce pays par le biais d’un grand reportage.

Est-ce que vous pouvez nous expliquer le but de ce magazine et quels enjeux aborde t-il ?

Mia Europo, comme vous l’avez dit, c’est un magazine pour parler d’Europe aux enfants et surtout leur faire découvrir l’Europe. On est partis du constat que dans la presse jeunesse, la littérature jeunesse ou même l’école, les enfants entendent assez peu parler d’Europe. De fait, ils la connaissent assez mal.

Ils connaissent mal les pays européens, ils ont une vague idée de ce qu’est l’Union européenne, mais surtout, avec ce manque d’informations, ils ont du mal à se sentir européen.

C’est pour cela que j’ai eu envie de créer une publication, un contenu qui soit vraiment fait pour eux, accessible à des jeunes citoyens, sur le thème de l’Europe.

On a construit le magazine en deux parties : la première, c’est vraiment la découverte d’un pays. Et c’est ça le coeur de Mia Europo. On propose à nos lecteurs de faire un tour d’Europe. Dans chaque numéro, on fait étape dans un pays de l’Union européenne. On va leur parler de géographie, d’histoire, de culture, être le plus concret possible pour permettre à nos lecteurs de se représenter et découvrir le territoire de l’Union européenne.

Suite à ça, on a une partie “actualités”, plus pédagogique, pour permettre à nos lecteurs de comprendre l’Union européenne et couvrir son actu.

Est-ce qu’au travers de cette publication vous sentez que le jeune public est sensible à ces problématiques européennes ? Est-ce que l’Union européenne leur parle ou est-elle encore quelque chose de beaucoup trop éloigné de leur réalité d’enfant ?

Je suis persuadée que ce public peut tout à fait s’y intéresser et le comprendre pour peu qu’on leur présente d’une façon intéressante et accessible à leur niveau.

Je pense vraiment que l’Union européenne n’est pas un sujet réservé aux adultes et qu’il y a d’autres façons d’en parler que de parler uniquement d’actualités économiques et politiques. C’est vraiment ce qu’on essaie de faire. Cela demande vraiment de se creuser la tête pour trouver des sujets qui vont intéresser nos lecteurs et leur parler.

Par rapport au développement de votre initiative, est-ce que vous comptez sortir un peu de la région parisienne et développer des antennes de votre magazine dans d’autres régions et pays européens pour élargir davantage le public et donner un ancrage transnational ?

C’est quelque chose qu’on aimerait, un projet qu’on a en tête de traduire Mia Europo, le rendre accessible à des jeunes dans d’autres pays européens.

Pour le moment, c’est vrai que l’entreprise est basée à Paris, mais Mia Europo est distribué dans toute la France et même dans toute l’Europe. On a déjà des abonnés en Espagne, en Irlande, en Allemagne, en Belgique, au Luxembourg. Evidemment c’est un magazine rédigé en français donc nos abonnés dans ces autres pays européens sont pour la plupart des familles francophones. Mais notre slogan c’est “le magazine des enfants européens”, donc même si Mia Europo est rédigé en français, on ne s’adresse pas à des enfants français mais à des enfants européens. Et c’est quelque chose qui est primordial dans notre ligne éditoriale. On ne va pas parler à des français. On présente l’Europe comme un ensemble et on ne va pas chercher à opposer les pays européens mais à faire systématiquement des liens.

Pour revenir sur la méconnaissance globale des jeunes sur l’Union européenne et l’Europe, sur une échelle de 1 à 10, à combien situeriez-vous ces connaissances ?

Je pense que c’est très variable d’un enfant à l’autre. Cela va vraiment dépendre par exemple des interactions qu’il peut avoir avec sa famille, si cet enfant a de la famille installée dans un autre pays européen ou si ses parents lui parlent de temps en temps d’Europe, de si cet enfant a eu la chance de voyager ou pas. (…) On sait aussi que cela dépend de l’appétence que les enfants peuvent avoir sur ce genre de sujet.

Je dirais donc que c’est très variable mais qu’évidemment on peut partir du constat que dans l’ensemble les enfants sont peu informés et peu sensibilisés aux sujets européens. Mais mettre une note de 1 à 10, ce ne serait pas juste car il y a trop d’écart entre les enfants.

On dit souvent que les médias, les fictions et la presse sont assez peu tournés vers l’Europe et peu enclins à la faire connaitre au grand public. Quelles seraient pour vous les solutions ou les bonnes pratiques que ces acteurs pourraient adopter pour faire découvrir plus largement l’Europe ?

Je pense qu’il faut vraiment parler de l’Europe de façon concrète. Dans les médias j’ai vraiment l’impression que quand on parle d’Europe, dans la majorité des cas c’est pour parler de sujets économiques ou politiques. Je ne dis pas que ces sujets là ne sont pas concrets, mais qu’ils demandent déjà un intérêt particulier ou des connaissances préalables pour vraiment s’y intéresser et les comprendre.

Ce qui est important quand on parle d’Europe c’est aussi de parler de sa population, des villes, des pays, de la montrer… Au final on connait assez peu les territoires. Il y a pleins de pays pour lesquels la plupart des personnes seraient incapables de citer rien que 3 ou 5 villes. On va se limiter à la capitale. (…) C’est cela qui devrait ressortir dans les médias et les fictions.

Et à partir de là, cela pourrait peut-être plus nous intéresser et nous donner une idée de cette Europe dans laquelle on vit.


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