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Le festival du cinéma espagnol de Nantes fête ses trente ans : rétrospective avec la co-directrice Pilar Martínez-Vasseur

Écrit par sur 29 mars 2021

Le 25 mars dernier a débuté la 30e édition du festival du cinéma espagnol de Nantes.  Une édition anniversaire que la pandémie de Covid-19 n’a pas empêchée de se dérouler.  Redoublant d’énergie et d’innovation, l’équipe du festival a su s’adapter au contexte pour que l’évènement ait lieu et pour que le public puisse profiter des célébrations.  Pour revenir sur ces trente belles années de cinéma nous avons invité Pilar Martínez-Vasseur, co-directrice du festival. 

L’édition 2021 du festival du cinéma espagnol de Nantes a démarré la semaine dernière pour le plus grand plaisir de tous et pour une édition anniversaire : quel bilan tirez-vous de ces trente années ?

Pilar Martínez-Vasseur : Je pense que le bilan est positif du point de vue du nombre de réalisateurs, du nombre de films espagnols qui ont été diffusés pendant ces trente années. Et surtout je pense que le bilan le plus positif de cette aventure c’est d’avoir fait connaitre une cinématographie, qui était méconnue jusque là, auprès d’un public très large, toutes générations confondues, de toutes les origines : cinéphiles, grand public… Et je crois que c’était notre pari et il nous semble au bout de trente ans que ce pari commence à être gagné.

Avec ce bilan, avez-vous le sentiment que le cinéma espagnol a trouvé sa place à Nantes ?

PM-V : À Nantes et en partie en France parce que c’est un festival qui a aussi une audience nationale. Je pense qu’il a pris sa place à Nantes si je me tiens au nombre de spectateurs de la dernière année où le festival s’est passé en présentiel, c’est à dire en 2019, où nous étions à 36 000 spectateurs, ce qui est très important pour une cinématographie comme la cinématographie espagnole. Donc il nous revient aussi de dire que les spectateurs de ce festival maintenant connaissent des réalisateurs comme David Trueba, Jonás Trueba, Álex de la Iglesia, Carlos Saura… Donc les spectateurs maintenant les ont inscrits dans la chronologie du cinéma en général, et du cinéma espagnol en particulier.

Le cinéma espagnol a donc conquis le cœur du public français. Un pari réussi pour le festival qui ne s’est pourtant pas construit en un jour. Quelles ont été les origines de cet événement qui fête cette année ses trente ans ?

PM-V : Ce festival est né d’un travail fait à l’Université de Nantes dans le cadre de nos enseignements sur l’histoire de l’Espagne. Nous voulions dès le départ montrer comment le cinéma espagnol illustrait, éclairait ce qui était en train de se passer dans le pays et qu’il nous était assez difficile à transmettre dans le cadre de nos enseignements, de conférences, de séminaires ou de colloques. Le cinéma avait ce pouvoir de rentrer dans les coulisses du pays, de parler de l’histoire du pays. Et nous nous sommes rendus compte – par l’organisation de ce qu’on appelait à l’époque des “ciné-clubs”, le week-end dans des salles de la fac pour des spectateurs qui venaient tout simplement par intérêt pour l’histoire du cinéma – comment ce cinéma pouvait vraiment faire le passeur entre un enseignement et ensuite la diffusion au grand public de ce cinéma. L’étape suivante a donc été le Cinématographe où nous avons commencé nos premiers cycles de cinéma et puis ensuite il y a eu la troisième étapes qui était le Katorza et l’opéra conjointement pour l’ouverture, la clôture et la diffusion des courts-métrages. Et puis évidemment en lien avec tout cela, la salle Cosmopolis où des expositions étaient accueillies tout comme des rencontres avec les spectateurs.

Et pour revivre ces trente ans de festival, des surprises anniversaires ont été pensées pour le public. De quoi s’agit-il ?

PM-V : Ça va être tout d’abord un livre qui retrace les trente ans du cinéma espagnol à Nantes. Un livre composé de 230 pages et de plus de 500 photos des photographes qui sont venus couvrir le festival mais essentiellement du photographe du festival Jorge Fuembuena. Et ce livre est non seulement illustré de ces images précieuses, mais c’est aussi un livre qui met en valeur les cycles qui ont parcouru notre festival pendant ces 30 ans : le cycle sur la guerre civile, des cycles sur la pluralité des cinémas, sur le cinéma féminin… C’est un ouvrage bilingue français/espagnol ce qui était très important aussi pour respecter la dualité et le côté bilatéral de la manifestation. Et puis dans ce livre il y a ce qu’on appelle “les florilèges”, c’est à dire tous les témoignages des invité.e.s de ces trente ans qui ont écrit sur ce que leur travail avec les spectateurs du festival et avec également la ville de Nantes, leur a apporté et ceux qu’ils et elles ont apporté au festival. Donc c’est un parcours sur l’histoire du cinéma espagnol, sur l’histoire du festival et mais aussi sur la ville et les spectateurs de ce festival. Accompagnant ce livre il n’y aura donc pas une exposition en ligne mais plutôt une mise en ligne de toutes les archives de ce festival, avec des capsules de certains entretiens qui ont été fait tout le long de ces années. Et ça sera sur le site du festival.

Beaucoup de souvenirs à retrouver en ligne et dans les librairies dès fin mars pour le livre. Quel est votre meilleur souvenir sur ces trente années de festival ?

PM-V : Je vais en choisir deux si vous permettez mais je pourrais en dire cent ! Un moment très très émouvant, c’est la première fois que le réalisateur Carlos Saura, qui est un réalisateur qui est vraiment la figure tutélaire du cinéma espagnol qui continue, à plus de 70 ans, de faire des films (un par an). Et ce cinéaste, qui est pétri de musique, qui a fait tellement de films musicaux, la première fois où il arrive à l’opéra pour montrer un film, Don Giovanni, a eu le plus grand applaudissement de sa vie, dans ce lieu magique pour lui, et je crois que ce moment reste un moment phare. Et puis je dirais 2019, l’année où Javier Bardem rencontre le public nantais à l’opéra et au Katorza pendant trois jours et demi. Cette rencontre avec le public pour parler de son métier, de l’Espagne, du monde, de la nécessite d’enlever toutes les barrières qui existent dans le monde, non seulement concernant l’immigration mais concernant aussi ces difficultés qu’on a à communiquer…

En effet, que de beaux souvenirs, sans doute encore dans la mémoire du public qui y a eu la chance d’y assisté. Un public qui est attendu cette année en distanciel pour cette trentième édition du festival qui se déroule actuellement et jusqu’au 4 avril. Vous pouvez découvrir tous les films et acheter vos places sur le site de l’événement. Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises puisque le festival joue les prolongations pour essayer de retrouver son public en présentiel.  Mme Martínez-Vasseur : qu’est ce qui nous attend ?

PM-V : Nous espérons retrouver le public au mois de mai et juin dans le cadre de trois week-ends de prolongation de cette édition et donc il y aura sans doute un autre moment très très fort que nous allons tous avoir en mémoire pour 2022, ce sera la venue de l’actrice Marisa Paredes les 12 et 13 juin à l’opéra et au Katorza pour présenter deux films de son choix et faire une master classe. Elle va aussi parler comme Bardem de qu’est-ce qu’être acteur, comment on défend une cinématographie et dans le cas de Marisa Paredes qu’est ce qu’être femme et actrice dans le monde des années 1980 jusqu’en 2021.


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