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Les 1001 héroïnes de Eléonore Stevenin – I may destroy you #4

Écrit par sur 26 octobre 2021

Bonjour et bienvenue dans cet épisode de 1001 héroïnes, une chronique qui vous fait découvrir chaque semaine des héroïnes européennes de livres ou de films ! 

[Attention, la chronique d’aujourd’hui va parler de violences sexuelles, de viol. Si vous le souhaitez, vous pouvez couper le son, vous déconnecter. Si vous avez besoin d’en parler, vous pouvez aussi contacter le Collectif féministe contre le viol, qui accompagne les victimes, les témoins, les proches, les professionnel.le.s, au 0800 05 95 95, 0800 05 95 95.]

Je m’appelle Eléonore, je suis militante féministe et j’ai cofondé le site 1001 héroïnes.fr. Pourquoi ? Parce que, souvent, je ne me sentais pas représentée au cinéma et dans la littérature. Mais aussi parce que j’en avais marre que certains films et séries utilisent les violences sexuelles comme moteur à l’intrigue, comme un ressort narratif utile pour construire une romance entre 2 personnages. Que certaines oeuvres banalisent le viol conjugal et renforcent le flou sur la notion de consentement en nous faisant croire que “parfois non, ça veut dire oui”. Bref, alimentent ce qu’on appelle la culture du viol. Pourtant, heureusement, on trouve aujourd’hui des réalisatrices qui utilisent leur talent pour dénoncer tout ça. 

C’est le cas de Michaela Coel, actrice, réalisatrice et productrice britannique, créatrice à 33 ans de la série I may destroy you. Cette série hors-norme en 12 épisodes de 30 minutes, est sortie en 2020. Elle a d’abord été diffusée sur BBC One et HBO, et est aujourd’hui disponible en vidéo à la demande sur My Canal et OCS. 

Le pitch de départ ? Arabella, jouée par Michaela Coel elle-même, est une jeune adulte, écrivaine à succès, voix de sa génération et… elle est en panne d’inspiration pour sa nouvelle œuvre. Un soir dans un bar, elle est droguée et violée. Le lendemain, elle ne se souvient plus de rien. Pourtant, elle a des flashs, de plus en plus fréquents, qu’elle va tenter de comprendre pour retrouver l’homme qui l’a violée.

La grande force de cette série, c’est de montrer ce qui n’est jamais (ou rarement) montré au cinéma ou dans des séries, comme le traumatisme de l’héroïne après son viol : comment il se manifeste, comment la victime vit avec et tente de se reconstruire, comment son entourage le perçoit et essaie de faire avec, aussi. Elle-même victime de viol dans des circonstances similaires à celles de son héroïne, Michaela Coel filme l’état de sidération et ce qu’on appelle “mémoire traumatique”. C’est d’ailleurs une vaste réflexion sur le consentement que la réalisatrice engage, à travers les expériences variées d’Arabella et de ses meilleurs amis. Alors c’est vrai, il faut avoir le cœur accroché pour certaines scènes très explicites, notamment une scène de viol d’un homme sur un autre, intégralement montrée de manière assez insoutenable. La série est d’ailleurs déconseillée au moins de 16 ans. 

Moins traumatique, mais tout aussi peu montré au cinéma : Michaela Coel filme un rapport sexuel pendant les règles, cassant ainsi des préjugés qui voudraient que le sang des règles soit sale.

Par ailleurs, la série montre, et c’est si rare, des personnages quasiment tous noirs, sans être pour autant des stéréotypes, comme c’est trop souvent le cas. Evidemment, les représentations changent radicalement quand les créateurices écrivent sur ce qui les concerne directement. Servie par un excellent jeu d’acteurs, I May Destroy You et son style unique ne laisse en tous cas pas indifférente.

Et puis pour découvrir d’autres héroïnes inspirantes de séries, de romans, de BD ou de films, on vous donne rendez-vous sur le site 1001heroines.fr1001heroines.fr.

A la semaine prochaine !


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