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Les migrations du plancton – Plongée dans les océans #16

Écrit par sur 14 février 2022

Nous retrouvons Sakina-Dorothée Ayata, maîtresse de conférences en écologie marine à Sorbonne Université pour sa chronique “Plongée dans les océans”.

Sakina, cette semaine vous allez nous parler des migrations verticales du plancton.

Oui, en effet. Si vous vous souvenez, le plancton regroupe l’ensemble des organismes qui flottent dans les océans et qui sont donc transportés au grès des courants. Mais certains organismes planctoniques sont capables de modifier leur flottabilité, et ainsi de se déplacer sur la verticale, de la surface vers le fond, et du fond vers la surface. Certains organismes zooplanctoniques sont en particulier connus pour faire des migrations verticales journalières.

Journalière, c’est à dire tous les jours ?

Oui. Chaque jour ! La journée, ces organismes vont migrer vers le fond. Et la nuit, ils vont migrer vers la surface. On appelle ces migrations des migrations nychtémérales, du grèc “nuktos” pour “nuit” et “hêmera” pour “jour”.

A quoi servent ces migrations jour/nuit ?

Et bien elles permettent aux organismes d’échapper à leurs prédateurs, car cette stratégie leur permet de ne pas être vus par les prédateurs visuels que sont les poissons ou les calamars. Le jour, les petits animaux planctoniques de quelques millimètres qui forment le zooplancton vont donc descendre vers les profondeurs pour aller se cacher, car entre 200 et 1000 mètres de fond, la lumière ne pénètre que très peu. On se trouve dans une zone crépusculaire où il fait très très sombre et où personne ne peut les voir, pas même leurs prédateurs !

Et la nuit alors ?

La nuit, des organismes zooplanctoniques vont remonter vers la surface pour se nourrir. Car en effet, dans la zone supérieure des océans, entre la surface et 200 mètres de fond, c’est là que se développe le phytoplancton, puisque ces microalgues ont besoin de lumière pour croitre, comme les plantes terrestres. Pour le zooplancton migrateur, c’est donc plutôt en surface que ce trouve sa nourriture. En remontant à la surface la nuit, ces organismes ne craignent rien (ou presque) car leurs prédateurs ne peuvent pas les voir.

Et il existe d’autres types de migrations verticales chez le zooplancton ?

Oui, il en existe même plusieurs. Par exemple parmi les copépodes, ces petits crustacés qui ressemblent à Mr Plancton dans Bob l’Eponge, et bien ceux qui vivent en arctique sont connus pour migrer vers le fond pour passer l’hiver, parceque pendant cette saison il n’y a quasiment rien à manger en surface, puisqu’il n’y a que très peu de lumière pour que le phytoplancton se développe. Ces copépodes vont donc faire des migrations verticales saisonnières. Ils vont se déplacer vers les profondeurs au début de l’hiver et entrer en diapause, phase pendant laquelle leur métabolisme fonctionne au ralenti. C’est une sorte d’hibernation si vous voulez. Puis quand la belle saison revient et que le phytoplancton se développe à nouveau en surface, ils vont se réveiller, regagner la surface et reprendre leur vie normale. Mais les larves planctoniques peuvent aussi migrer.

Les larves planctoniques ?

Oui, dans le plancton on trouve aussi les bébés d’organismes qui vivent sur le fond une fois adulte, comme les huitres, les moules, ou les crabes. Les larves de crabes sont elles-aussi connues pour leurs migrations jour/nuit afin d’éviter de se faire manger. Mais d’autres organismes ont des comportements de migrations qui leur permettent de rester plus près des côtes et donc plus près des habitats adultes. Mais je vous en parlerai une prochaine fois.

Sakina Ayata au micro de Cécile Dauguet

Photo :

Tous les épisodes de “Plongée dans les océans” sont à retrouver ici


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