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La théorie du Y – Les 1001 héroïnes de Eléonore Stevenin #18

Écrit par sur 22 février 2022

Bonjour et bienvenue dans cet épisode de 1001 héroïnes, une chronique qui vous fait découvrir chaque semaine des héroïnes européennes de livres ou de films ! 

Je n’ai pas toujours été lesbienne. Avant d’avoir une amoureuse, j’ai longtemps été en couple avec un garçon… comme la plupart des femmes lesbiennes, d’ailleurs ! C’est ce qu’explique Natacha Chetcuti dans son essai Se dire lesbienne : elle décrit les “parcours progressifs”, dans lequels les femmes lesbiennes ont d’abord eu des relations amoureuses avec des hommes, comme largement majoritaires. Et pour cause : le poids de l’hétérosexualité est fort. On peut même parler d’une pression, d’une injonction à l’hétérosexualité. Enfants, nous sommes baigné.e.s dans un monde de princesses qui attendent leur prince charmant. Ados et jeunes adultes, nous nous jetons sur des séries et longs métrages romantiques 100% hétéro. Dans la rue, à la télé, pour la St Valentin ou le reste de l’année, il n’y a que des pubs avec des couples hétéro et des familles hétéroparentales. Dans tout ça, je ne me souviens pas avoir regardé un dessin animé, une série ou un film avec des couples d’hommes ou de femmes quand j’étais plus jeune. Et s’il n’y a pas de représentation, ça n’existe pas… et il n’y a pas de projection possible. 

Ces dernières années, on observe quand même quelques changements, non ? 

Oui, c’est indéniable. Aujourd’hui, c’est devenu impensable de proposer une série pour ado avec 100% de personnages blancs et hétéro par exemple. La diversité a fait son entrée dans la pop culture, et c’est tant mieux ! 

Et aujourd’hui, je veux justement vous parler d’une websérie belge qui met en lumière la bisexualité, trop souvent oubliée elle aussi. Cette websérie, c’est La théorie du Y. Le pitch de départ ? Anna s’ennuie dans son couple avec Matteo… Pendant une soirée, elle se découvre une attirance pour Claire, ce qui va l’entraîner dans une quête d’identité… La théorie du Y a d’abord été une pièce de théâtre ; puis, à la suite d’un appel à projets lancé par la RTBF et d’un vote du public, la websérie est née en 2017… et je l’adore ! Elle a été créée et réalisée par Caroline Taillet et Martin Landmeters. Les épisodes sont courts : 7 min pour les 11 épisodes de la saison 1, 10 min pour les 10 épisodes de la saison 2. Une 3ème saison est aussi prévue pour 2022. 

Et où peut-on regarder La théorie du Y ? 

Facile : on la trouve sur YouTube, gratuitement ! La première saison nous embarque dans la tête d’Anna, jouée par Léone François. Forcément, elle s’interroge, elle essaie de comprendre : alors qu’elle s’est toujours considérée comme hétérosexuelle, elle est attirée par une femme… qu’est-ce qui lui arrive ? Et cette découverte progressive d’elle-même s’accompagne de son lot de clichés… La série déconstruit justement ces clichés qui entourent la bisexualité : non, ce n’est pas de l’indécision, non, ce n’est pas “juste une phase”. Les bi ne sont pas non plus “incapables d’être fidèles”. 

Dans la saison 2, Anna s’affirme. On a aussi aimé qu’un deuxième personnage soit davantage développé dans cette saison : il s’agit de Malik, qu’Anna rencontre en saison 1 et avec qui elle sera de plus en plus liée. Il est en proie à ses propres difficultés : le fait d’être un homme gay racisé, qui n’a pas fait son coming out auprès de sa famille. On suit aussi Lucy, hétéro mais alliée, qui vit ses propres galères. Facile de s’identifier donc, peu importe son orientation sexuelle ! Et puis ce que j’ai adoré dans cette saison, c’est la découverte de la communauté lesbienne bruxelloise ! Car Anna s’y investit pleinement ! Afin de lever les préjugés sur la sexualité des femmes lesbiennes, elle décide même de réaliser une exposition sur la sexualité des lesbiennes, à base de beaux portraits photos et de témoignages ! Ce qui donne un aspect presque documentaire à cette deuxième saison, et j’ai trouvé ça plutôt très chouette. D’ailleurs, cette expo nommée “Inverties” a même été réalisée “en vrai” et exposée dans plusieurs villes de Belgique, grâce à la photographe Ophélie Longuépée. 

Bref, La théorie du Y est une websérie qui se bingewatche, gratuitement en plus ! On a hâte que la saison 3 sorte ! 
Et pour découvrir d’autres webséries, mais aussi des longs métrages, des romans ou des BD, rendez-vous sur le site 1001heroines.fr : 750 œuvres y sont référencées ! Bonnes découvertes et à la semaine prochaine !


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