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Le poisson-clown – Plongée dans les océans #23

Écrit par sur 11 avril 2022

Nous retrouvons Sakina-Dorothée Ayata, maîtresse de conférences en écologie marine à Sorbonne Université pour sa chronique “Plongée dans les océans”.

Cette semaine, Sakina, on reste sur le thème des poissons, puisque vous allez nous parler du poisson-clown.

Oui, en effet. Il existent environ 30 espèces de poissons-clowns. Mais aujoud’hui je vais surtout vous parler du poisson-clown ocelé, ou poisson-clown du pacifique, dont le nom latin est Amphiprion ocellaris. La plus part des personnes qui nous écoutent ont peut-être une vague idée de ce à quoi ressemble les poissons-clowns, surtout si elles ont vu le dessin animé “Le monde de Némo”, dont le héros est justement un poisson-clown ocelé.

Et pour les autres, pouvez-nous rappelé à quoi il ressemble ?

Et bien c’est un petit poisson d’environ 11 cm, de couleur orangée, avec sur le corps 3 bandes blanches verticales cerclées de noir. Ses nageoires sont arrondies et se terminent également par des bandes noires et blanches.

Et où le trouve-ton ce petit poisson coloré ?

Le poisson-clown ocellé vit dans les eaux tropicales de l’est de l’Océan Indien et de l’ouest de l’Océan Pacifique. On le trouve au niveau des récifs coralliens, où il vit entre 1 et 15 mètres de profondeur dans les lagons. On peut aussi le retrouver dans certaines zones côtières plus turbides.

Mais il ne vit pas tout seul si j’ai bien compris.

En effet. Le poisson-clown ocellé, comme les autres poissons-clowns, a la particularité de vive en association avec une anémone de mer urticante.

Mais si elle est urticante, ça ne le gène pas, lui ?

Non car il est immunisé ! Le poisson-clown s’immunise contre les cellules urticantes de son anémone en s’y frottant de manière progressive dès la fin de son stade larvaire. L’anémone et le poisson-clown cohabitent et se rendent services l’un et l’autre. On parle de relation mutualiste. L’anémone protège le poisson-clown des prédateurs, et le poisson-clown protège l’anémone de l’attaque d’autres poissons qui mangent les anémones.

Et qu’est-il mange ?

Le poisson-clown se nourrit de zooplancton et d’algues présentes à proximité de l’anémone, et il nettoie aussi son anémone en mangeant ses tentacules morts et la maintient ainsi en bonne santé. Quant à l’anémone, qui est carnivore, elle peut aussi profiter des restes de repas du poisson.

Et cette association bénéfique entre un poisson-clown et son anémone dure longtemps ?

Oui car le poisson-clown ocellé passe toute sa vie dans la même anémone. Et chaque anémone abrite en général une femelle, son partenaire mâle et plusieurs petits poissons encore immatures. On retrouve ainsi un couple ou un petit banc de quelques individus vivant au-dessus d’une même anémone.

Il y a donc des individus mâles et des individus femelles ?

Et bien en réalité, le poisson-clown change de sexe au cours de sa vie. A la naissance, il est mâle et il trouvera à s’installer dans une anémone habitant une femelle. Puis, si la femelle meurt, alors le mâle dominant va changer de sexe pour devenir femelle, et le plus grand individu immature deviendra à son tour le mâle dominant. Tous les poissons-clowns sont ainsi hermaphrodites protandres et monogames : hermaphrodites car ils changent de sexe, protandres car ils sont d’abord mâle avant d’être femelle, et monogames car les couples sont formés pour la vie.

Et les poissons-clowns pondent des œufs ?

Oui, on dit qu’ils sont ovipares. La femelle pond ses œufs au niveau de l’anémone ou à proximité du fond. Les œufs sont attachés par un filament et le mâle les féconde. Il va ensuite les protéger et les soigner jusqu’à leur éclosion. Ainsi, il les nettoie régulièrement et il les protège des éventuels prédateurs. Il va aussi les oxygéner en battant ses nageoires pectorales ou en soufflant par la bouche sur les œufs.

Et j’ai cru comprendre que certains poissons-clowns avaient aussi la particularité de faire du bruit, c’est ça ?

Oui, une dizaine d’espèces de poissons-clowns peuvent émettre des sons, mais pas le poisson-clown ocellé. Ils sont capables d’émettre une grande variété de sons, agressifs ou de soumission, soit lorsqu’ils sont attaqués, soit pour interagir avec leurs congénères, en particulier entre les individus dominants et les subalternes.

Sakina Ayata au micro de Cécile Dauguet

Tous les épisodes de “Plongée dans les océans” sont à retrouver ici


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