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Le thon rouge, une espèce menacée – Plongée dans les océans #25

Écrit par sur 25 avril 2022

Nous retrouvons Sakina-Dorothée Ayata, maîtresse de conférences en écologie marine à Sorbonne Université pour sa chronique “Plongée dans les océans”.

Sakina, cette semaine vous allez nous parler de la pêche au thon rouge.

Oui, je vous ai parlé de cette espèce emblématique la semaine passée, dont le nom vient de la couleur rouge de sa chaire, et qui est un met réputé, en particulier pour les sushi et les sashimis.

Le thon rouge est pêché depuis longtemps ?

Oui, car des fouilles archéologiques ont montré qu’on pêchait le thon rouge en Méditerranée depuis l’époque néolithique. Les phéniciens et les romains pêchaient le thon rouge soit à la ligne, soit à la senne de plage. C’est un grand filet déployé au large d’une plage et rabattu vers la place par tout un groupe de pêcheurs pour capturer les poissons.

Puis dès le 16ème siècle, ces pratiques traditionnelles ont été peu à peu remplacées par des engins fixes installés le long des côtes et que l’on appelle des madragues. On peut encore en voir du côté de Gibraltar. Et, à proximité de ces engins, étaient installés des manufactures dédiées au conditionnement du poisson capturé.

Et comment pêche-t-on le thon aujourd’hui ?

Depuis le milieu du 20ème siècle, les madragues ont été remplacées par la palangre et la senne tournante. La palangre est un engin de pêche composé d’une longue ligne fixe qui porte tout un tas d’avançons, qui sont les lignes en nylon qui se terminent par un hameçons. Quant à la senne tournante, c’est un grand filet qui va être utilisé pour encercler les bancs de poissons.

Sur les 20 dernières années, IFREMER, l’Institut France de Recherche pour l’Exploitation de la mer, estime que les principaux pays pêcheurs de thon rouge sont la France, l’Espagne, l’Italie et le Japon, avec plus de 60% des captures totales, mais il est pêché par de nombreux pays.

Et comment se portent les stocks de thon rouge ?

Cette espèce a énormément diminué ces dernières années, avec une perte d’environ 46% de la population totale depuis les années 60. Car aujourd’hui le thon rouge est devenu une ressource à haute valeur marchande, en particulier pour en faire des sushis et des sashimis. Depuis les années 80, les senneurs qui exploitaient jusqu’ici des zones côtières en Méditerranée, où se concentrent les jeunes thons rouges, se sont progressivement mis à exploiter les zone de frai, c’est-à-dire les zones de reproduction, de cette espèce. Et puis comme de nombreux pays sont impliqués, il a été difficile de mettre en place une juridiction internationale pour protéger cette espèce, qui était, en 2007, pêchée par 1300 bateaux, dont 200 à 300 bateaux de grande taille.

C’est donc une espèce en danger ?

Oui, le thon rouge est classé comme une espèce en danger par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. Depuis 1982, sa pêche est donc réglementée, en particulier par la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique ou CICTA. En effet, la surexploitation du thon rouge a été démontrée par le comité scientifique de la CICTA en 1996, puis à nouveau confirmée en 1998 et 2002.

Et en quoi consiste cette réglementation ?

Il existe des quotas de prises maximum par pays, en particulier en Atlantique Nord-Est et en Méditerranée occidentale. Et ses quotas ont été drastiquement réduits à partir de 2007 et 2008 dans le but de permettre au stock de se reconstituer. Et pour être pêché, un thon doit faire plus de 30 kg et mesurer plus d’un mètre 15 m.

Et alors, ça a marché ?

Oui, en partie car la situation des populations de thon rouge s’est améliorée depuis 2009. On peut en particulier faire des suivis aériens des stocks de thon rouge et c’est ce que fait l’IFREMER. Et ces suivis ont montré une forte augmentation des bancs de jeunes thons rouge en Méditerranée Nord-Occidentale, en particulier dans le Golfe du Lion. On pense que ceci est directement lié à la mise en place d’une taille limite à 30 kg en 2007. On peut donc resté optimiste, mais les futurs suivis nous dirons ce qu’il en ait car les quotas ont peu à peu été augmentés.

A suivre donc, merci Sakina. A la semaine prochaine.

Sakina Ayata au micro de Cécile Dauguet

Tous les épisodes de “Plongée dans les océans” sont à retrouver ici


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