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Les petits rorquals de Montréal – Plongée dans les océans #27

Écrit par sur 23 mai 2022

Nous retrouvons Sakina-Dorothée Ayata, maîtresse de conférences en écologie marine à Sorbonne Université pour sa chronique “Plongée dans les océans”.

Sakina, cette semaine vous allez nous parler de baleine.

Oui, et plus précisément du rorqual commun. Son nom latin est Balaenoptera physalus. Il fait partie de la famille des Balaenopteridés. Cette famille regroupe les cétacés à fanons, comme la baleine bleue, qui est le plus grand animal de la planète avec ses 25 à 27 mètres de long, ou encore la baleine de Minke, qui, elle, est la plus petite des Balaenopteridés, puisqu’elle mesure 7 à 10 mètres.

Et le rorqual commun, lui, il faut quelle taille ?

Et bien, après la baleine bleue, le rorqual commun est le deuxième plus grand animal de notre planète, puisqu’il mesure entre 20 et 24 mètres de long une fois adulte, pour un poids de 40 à 85 tonnes. Pour rappel, une tonne c’est mille kilogrammes, donc ça fait un poids de 40 mille à 85 mille kg !

Ha oui, ça fait beaucoup. Et à la naissance, ils sont déjà très grands alors ?

Oui, un bébé rorqual mesure environ 6 mètres pour 1 800 kilogrammes quand il nait. D’ailleurs, comme le rorqual est un mammifère marin, les petits, qu’on appelle des veaux, sont allaités, et ce jusqu’à environ 6 à 7 mois. Et à cet âge là, ils font déjà plus de 11 mètres de long.

Et à quoi il ressemble, ce rorqual commun ?

Le rorqual commun est une grande baleine de forme très allongée, de couleur gris foncé sur le dos, avec le ventre et le dessous des nageoires pectorales et de la nageoire caudale de couleur blanche. Son museau est étroit, en forme de V. Comme les autres baleines, il respire à la surface grâce à ses évents situés sur son dos, qui sont ses orifices de narines (ou ses trous de nez, quoi). Sur son dos, il possède une crête longitudinale médiane juste en avant des évents. Enfin, le rorqual commun a pour particularité de ne pas avoir la même couleur à gauche et à droite, on parle de coloration asymétrique. Sa mâchoire et ses fanons sont plus foncés du côté gauche, tandis que sa mâchoire inférieure droite est de couleur blanche.

Si il est commun, ça veut dire qu’on le trouve partout ?

Oui, on trouve le rorqual commun dans tous les océans du globe, y compris en Méditerranée. En 2018, on a estimé qu’il existait environ 100 000 individus de cette espèce sur toute la planète. En Méditerranée, c’est la baleine la plus commune, mais les populations méditerranéennes sont considérées comme “en danger d’extinction” par l’UICN, l’Union internationale pour la conservation de la nature, tandis qu’à l’échelle mondiale l’espèces est classée parmi les espèces “vulnérables”. Il est surtout menacé par les collisions avec les navires, mais aussi par la pollution sonore et par la pollution plastique.

Et il vit seul ?

Oui, ça lui arrive de vivre en solitaire, ou alors en groupe de 6 à 12 individus, il n’est donc pas rare d’en observer plusieurs à la fois. Par contre, il ne sort que très rarement sa queue hors de l’eau et ne fait pas tellement d’acrobaties, contrairement aux baleines à bosse. On l’observe souvent émerger plusieurs fois à la surface en quelques minutes pour respirer, avant de plonger pour une dizaine de minutes. Mais il peut passer jusqu’à 20 minutes sous l’eau sans respirer et plonger jusqu’à 600 mètres de profondeur. Il effectue aussi des migrations saisonnières, entre les zones plus froides de haute latitude pour se nourrir le printemps et l’été, et les zones tempérées plus chaudes pour se reproduire l’automne et l’hiver. D’ailleurs les femelles mettent bas tous les deux ou trois ans.

Et que mange-il ?

Le rorqual commun possède des fanons qui lui permettent de filtrer l’eau pour se nourrir. Les fanons ressemblent à de longues plaques souples qui font 76 cm de long pour 30 cm de large et qui sont faites de kératine, la même matière que nos ongles. Il ouvre sa bouche en nageant, puis il la referme et expulse l’eau à travers les fanons qui vont filtrer l’eau. Il capture ainsi des euphausiacés, ces petits crustacés planctoniques qui constituent le krill, mais aussi des petits calamars ou des petits poissons, comme les capelans, les lançons ou les jeunes harengs.

Et il peut vivre longtemps ?

Oui, on estime son espérance de vie de 75 à 100 ans. Un peu comme l’être humain.

Sakina, vous êtes actuellement à Montréal au Canada et il parait que deux petits rorquals y ont été observés, alors qu’ils sont à plus de 400 kilomètres de leur milieu naturel.

Oui. Un premier rorqual a été observé dans la ville de Montréal le dimanche 8 mai, puis un second a été vu 3 jours plus tard, le mercredi 11 mai. C’est vraiment exceptionnel car ils se situent, ici, dans les eaux douces du fleuve Saint-Laurent, et puis il y a de nombreux navires et les risques de collision sont donc importants. On ne sait pas ce qui les a poussé à venir jusqu’ici, si ils se sont perdus, si ils explorent, ou si ils ont suivi des proies. Depuis l’un d’eux a été observé plus en aval, ce qui pourrait dire qu’ils se dirigent vers l’eau salée du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent, une aire marine protégée au Nord de Québec et à l’embouchure du fleuve Saint-Laurent.

Sakina Ayata au micro de Laurence Aubron

Tous les épisodes de “Plongée dans les océans” sont à retrouver ici


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