Toutes les semaines, Stéphanie Taupin et Fabien Hée vous emmènent à la découverte de l'Europe... et plus si affinité ! Les cofondateurs de l'agence Les Éclaireurs Du Voyage ramènent de leurs repérages sur le terrain, souvenirs de rencontres, trouvailles insolites et conseils pour vos prochains voyages. Un regard parfois amusé, toujours sincère, sur ces destinations qui nous entourent et nous en font voir de toutes les couleurs.
Bonjour Fabien Hée
Bonjour Laurence
Vous êtes cofondateur de l'agence Les Éclaireurs du Voyage, et aujourd'hui vous nous emmenez sur les traces d'un voyage qui a littéralement changé le nom du monde !
Exactement Laurence. Direction les côtes de l'Amérique du Sud, pour revivre l'une des aventures les plus incroyables de l'histoire de l'exploration.
Quelle est donc cette aventure ?
Le 10 mai 1497, un navigateur florentin nommé Amerigo Vespucci appareille de Cadix avec quelques navires, convaincu que les terres entrevues par Christophe Colomb cinq ans plus tôt ne sont pas l'Asie mais quelque chose d'entièrement nouveau. Il avait raison. Et le monde lui en a été reconnaissant d'une façon qu'il n'imaginait sans doute pas : en portant son prénom pour l'éternité.
Qu'est-ce qui distingue Vespucci des autres grands navigateurs de son époque ?
Ce qui le rend fascinant, c'est son regard. Colomb est parti avec une certitude, atteindre les Indes et il est mort en la défendant, même face aux preuves contraires. Vespucci, lui, observe, remet en question, et comprend. Il est le premier à formuler clairement l'idée d'un Mundus Novus, un Nouveau Monde. Ce n'est pas un conquérant, c'est presque un philosophe du voyage. Et en 1507, le cartographe Waldseemüller grave sur un planisphère le mot America en hommage à Amerigo. Un prénom pour un continent entier. C'est assez unique dans l'histoire humaine.
Ce départ du 10 mai 1497, qu'est-ce qu'il représente symboliquement ?
Il représente le courage de douter. Vespucci ne part pas pour confirmer ce que l'on croit savoir il part précisément parce qu'il pense que quelque chose ne colle pas avec les cartes établies. C'est une leçon magnifique pour tout voyageur : les destinations les plus transformatrices ne sont pas toujours celles que l'on cherchait au départ. Les plus belles découvertes naissent souvent d'une carte que l'on accepte de jeter par-dessus bord.
Peut-on construire un itinéraire dans son sillage aujourd'hui ?
Absolument. L'aventure nous emmène sur les côtes du Brésil et du Venezuela les rivages qu'il a longés et décrits avec une précision stupéfiante pour l'époque. Envolons nous vers Salvador de Bahia, au Brésil, dont la côte correspond exactement aux descriptions de Vespucci. Et terminons vers Caracas et le parc national Mochima au Venezuela, face à cette mer des Caraïbes qu'il fut parmi les premiers Européens à cartographier.
Un endroit qui vous touche particulièrement sur ce parcours ?
Salvador de Bahia, sans hésitation. Quand on se promène dans le Pelourinho, ce centre historique classé à l'UNESCO, avec ses façades baroques aux couleurs vives et ses ruelles pavées qui surplombent la baie, on ressent physiquement le poids de l'histoire. C'est là que se sont entremêlées les civilisations, là que le Nouveau Monde a pris son visage métissé. Et quelque part, c'est Vespucci qui a ouvert cette porte-là.
Y a-t-il une saison idéale pour découvrir Salvador de Bahia ?
La période de juin à septembre est sans conteste la plus agréable. C'est l'hiver austral, ce qui peut sembler paradoxal sous ces latitudes mais les températures restent généreuses, autour de 25 degrés, avec beaucoup moins de pluie qu'entre novembre et mars. La luminosité est superbe, les plages sont belles sans être envahies, et la ville vit à un rythme magnifique.
Merci Fabien !
Merci Laurence, et à la semaine prochaine !
Un entretien réalisé par Laurence Aubron.