L'éco de Marc Tempelman

Impact des guerres


Photo de Tötös Ádám sur Unsplash Impact des guerres

Photo de Tötös Ádám sur Unsplash

Chaque semaine sur euradio, retrouvez Marc Tempelman, le cofondateur de l’application d’épargne gratuite Cashbee, qui traite les sujets et les actualités de la finance.

Nous accueillons Marc Tempelman, le cofondateur de la plateforme d’investissement Cashbee. Nous discutons toutes les semaines de finance. Bonjour Marc.

Le contexte actuel nous impose presque le sujet dont j’aimerais discuter avec vous : l’impact des guerres et des conflits sur les marchés boursiers. L’actualité est marquée par la guerre en Iran. Les marchés ont réagi avec nervosité. Est-ce une réaction typique en période de conflit ?


Oui, tout à fait. Lorsqu’un conflit éclate — que ce soit au Moyen-Orient, en Europe de l’Est ou ailleurs — les marchés détestent avant tout l’incertitude. Les investisseurs s’inquiètent de l’impact potentiel sur la croissance mondiale, sur les prix de l’énergie, sur l’inflation… Résultat : le réflexe immédiat est souvent de réduire le risque, ce qui conduit à des ventes d’actions et à une hausse des actifs refuges comme l’or ou le dollar. D’ailleurs, on pourrait presque s’étonner du calme relatif de la réaction à date. En termes de niveau, le S&P 500 est passé d’environ 6 850 à 6 500 points entre fin février et fin 2026, soit une baisse d’environ 5%, alors même qu’il reste en hausse d’environ 15% sur un an glissant.

Donc, à court terme, la guerre pèse sur les marchés ?



Exactement. Historiquement, les premiers jours ou semaines d’un conflit sont souvent synonymes de volatilité et de baisse. On l’a vu lors de la guerre du Golfe, après les attentats du 11 septembre ou au début du conflit en Ukraine. Mais si l’on prend un peu plus de recul, on se rend compte qu’une fois les incertitudes dissipées, les marchés ont tendance à reprendre leur trajectoire haussière.

Comment expliquer ce retour à la hausse ?

Parce que la Bourse reflète avant tout la capacité des entreprises à générer des profits sur le long terme. Tant que l’économie mondiale continue à croître et que les sociétés s’adaptent, les marchés finissent par intégrer le choc initial et regarder de nouveau vers l’avenir. Les entreprises innovent, se réorganisent, et la machine économique redémarre.

Est-ce que toutes les entreprises souffrent de la même façon pendant ces périodes ?

Non, et c’est là qu’il y a un point intéressant. Certains secteurs résistent mieux, voire profitent du contexte. Par exemple, les valeurs de l’énergie montent souvent quand les prix du pétrole s’envolent. TotalEnergies a profité de la hausse des prix du pétrole. L’action a grimpé d’environ 15% sur les quatre semaines suivant fin février 2026, touchant même de nouveaux plus hauts historiques autour de 77 euros. Les entreprises de défense, de cybersécurité ou encore certaines valeurs liées aux matières premières peuvent également surperformer.

À l’inverse, les secteurs très dépendants de la consommation ou de la stabilité géopolitique, comme le tourisme ou le luxe, peuvent être plus durement touchés. Ainsi, sur la même période, Air France‑KLM a subi des pressions fortes : hausse des coûts de carburant, incertitudes sur la demande et la perception du risque pays. Le titre a reculé d’environ 30% sur un mois, malgré une tendance plus positive sur 12 mois.

Donc en résumé, la guerre provoque une réaction émotionnelle immédiate sur les marchés, mais elle ne remet pas forcément en cause la tendance de fond ?

Exactement. Ce qu’il faut retenir, c’est que les marchés détestent les incertitudes, pas les mauvaises nouvelles en soi. Une fois qu’ils peuvent évaluer les conséquences concrètes d’un événement, ils se rééquilibrent.

Ensuite, la diversification sectorielle paie. Les baisses dans le luxe et le secteur touristique sont en partie compensées par les hausses dans l’énergie et la défense.

Et enfin, statistiquement, sur le long terme, malgré les crises et les conflits, la trajectoire des marchés actions reste globalement haussière.

Message rassurant donc pour les investisseurs qui auraient tendance à paniquer trop vite. Merci beaucoup Marc Tempelman pour cet éclairage.

Un entretien réalisé par Laurence Aubron.