Et si l’alimentation devenait un droit aussi fondamental que la santé ? C’est l’ambition portée par le Réseau Salariat, un mouvement d’éducation populaire inspiré des travaux de Bernard Friot. À travers la notion de "sécurité sociale de l’alimentation", le réseau propose de repenser en profondeur notre système alimentaire.
L’idée s’inspire directement du modèle de la Sécurité sociale créé en 1946 : une gestion collective, financée par la cotisation, permettant un accès universel. Mais ici, l’objectif va plus loin. Il ne s’agit pas seulement de garantir un droit à se nourrir, mais de donner aux citoyens le pouvoir de décider de ce qu’ils mangent, et comment cela est produit, transformé et distribué.
Concrètement, le projet repose sur une organisation démocratique à l’échelle locale, où habitants, producteurs et acteurs de la filière participent aux décisions. L’enjeu est aussi écologique et social : favoriser une agriculture durable, mieux rémunérer les producteurs et sortir d’un modèle industriel dominant.
Plutôt que de distribuer une aide financière individuelle, certaines pistes privilégient le développement de cantines collectives. Ces lieux deviendraient à la fois des espaces d’accès à une alimentation de qualité, mais aussi de lien social et d’éducation populaire.
Aujourd’hui, une cinquantaine d’expérimentations locales existent en France. Si elles restent limitées, elles témoignent d’un intérêt croissant pour ces alternatives.
Pour en parler, euradio a rencontré Alexandre, membre du Réseau Salariat.