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Accélérateur industriel européen : ce qui signifie le "Made in Europe"

© European Union 2026 - Source : EP Accélérateur industriel européen : ce qui signifie le "Made in Europe"
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Avec 14 % du PIB européen, contre plus de 20 % il y a quelques années, l'industrie recule, notamment face à la concurrence chinoise. L'accélérateur industriel veut inverser la tendance en donnant un accès prioritaire à la commande publique, qui pèse elle aussi 14 % du PIB, aux produits décarbonés et européens : acier, aluminium, automobile, ciment, plastiques biosourcés et technologies propres. "Un levier de plusieurs centaines de milliards d'euros", souligne Christophe Grudler, eurodéputé Renew, et  rapporteur du Parlement européen sur la loi européenne pour l'Accélération industrielle.

Il récuse toute dérive protectionniste. Il s'agit, dit-il, de garantir des règles du jeu égales face à des pays qui subventionnent leurs produits pour les vendre en dumping, avant d'imposer leurs prix une fois en situation de monopole.

Reste à définir l'Europe. Le texte retient les Vingt-Sept, avec la possibilité d'y ajouter quelques pays, comme le Royaume-Uni ou les membres de l'AELE, après contrôle de six critères, dont la réciprocité des marchés publics et le respect de l'accord de Paris. Pas question d'ouvrir à 80 pays : ce serait du "Made in Everywhere". Ce n'est pas la propriété de l'usine qui compte, mais le lieu de production : une entreprise américaine installée en Europe sera éligible.

Le dispositif reste progressif. Seuls les composants essentiels seront exigés, comme la turbine d'une éolienne ou les cellules et onduleurs d'un panneau solaire, avec cinq à dix ans pour diversifier les approvisionnements. Les PME pourront se contenter d'une autodéclaration.

Sur les lourdeurs administratives, l'élu renvoie la responsabilité aux États : la directive RED III, bouclée en 2022, n'est toujours pas transposée en France. Et les normes européennes ne sont pas un frein, plaide-t-il : un règlement évite vingt-sept règles nationales.

Quant à l'objectif de la Commission de porter l'industrie de 14 % à 20 % du PIB, il le juge "inatteignable" : conserver 14 %, voire gagner un ou deux points, serait déjà un succès.